05 juillet 2009

Marvel Max : War is Hell

Un titre prometteur, dans la collection Max, tente de nous plonger dans le conflit aérien de la première guerre mondiale. Heu... parachute obligatoire !

Normalement, ici, je commence par un résumé de l'histoire. Et si je déroge à la règle, ce n'est pas vraiment bon signe. Si l'on se réfère à la quatrième de couverture de War is Hell, nous sommes en présence d'une palpitante saga s'inscrivant dans les combats aériens de la première guerre mondiale. En fait, pour être plus précis, un jeune pilote tente de cacher son passé afin d'en découdre avec les fritz... il est un peu foufou, il va apprendre son métier sur le tas et à la dure, il va respecter les types qu'il n'aimait pas et comprendre que la guerre c'est pas de la chevalerie, même dans les cieux, mais bien du malheur...
Et puis il y a aussi les généraux, qui s'en foutent bien des pauvres types qu'ils envoient à la mort. Mais bon, heureusement, les pilotes dignes de ce nom finissent toujours par en réchapper ou laisser un héritage limpide et chatouilleux, du genre à vous laisser les poils hérissés un peu partout, au garde-à-vous et sans morpions !

Alors, première grande surprise, le scénario est de Garth Ennis (Punisher, Preacher, The Boys, La Pro). Pour ceux qui connaissent le type, va falloir un peu digérer la nouvelle tant, ici, il est en dessous de tout. C'est bien simple, il n'y a rien. Les persos : zéro. Les combats aériens : zéro. Le conflit en général, avec ses éléments historiques : zéro. Bien entendu, l'on peut retrouver quelques tics ultra-violents qui font la signature de l'auteur, comme un officier trébuchant (assez mal d'ailleurs) pour se foutre la gueule la première dans une putain d'hélice. Mais même la scène la plus efficace est assez mal rendue visuellement.
Le message de l'auteur ? Difficile à trouver dans un fourre-tout désagréable qui ne permet que rarement de se faire une idée, souvent stéréotypée, des pilotes en présence. En comparaison, même un Top Gun des années 80 finit par avoir son charme. Ennis, lui, pond cette série en 2008...

Ok, ça arrive de n'être pas tout à fait au top. Sauf que là, au dessin, c'est Howard Chaykin (cf ses saloperies ici).
Pfff, par où commencer ? Y'a pire hein, en fait, je pense que Kuhn était pire que ce mec, sauf que Kuhn, il n'a jamais été vraiment très utilisé. Chaykin, bizarrement, il se place partout. Bon, l'on peut reconnaître qu'il ne se débrouille pas trop mal avec les avions et que, au niveau des postures des persos dans cette série (étant donné que ce sont des gens normaux et non des super-héros), il parvient à rendre une impression un peu plus réaliste que d'habitude. Par contre, niveau tronches, c'est toujours aussi moche et toujours aussi semblable. Machin, Wolvie, le Punisher, no problemo, tous égaux !
C'est vraiment laid mais, en fait, ce sont ici les plus belles planches de ce... "stagiaire". Et peut-être même qu'un jour, il apprendra à ne plus frisotter les sourcils. En attendant, merci tonton Joey pour ce boulot d'été qui s'éternise ! ;o)

Il se trouve que, pour une fois, il y a une tentative de bonus avec une page censée donner quelques infos sur les forces en présence. Et, forcément, c'est la foire à la connerie dès le début. On nous dit par exemple que le RFC (Royal Flying Corps) a adopté les couleurs françaises inversées parce que, à l'origine, la Croix de Saint Georges se confondait avec la croix... gammée allemande ! Evidemment, les appareils de la Luftstreitkräfte arboraient tous la Croix de Fer, symbole encore actuel des avions ou des chars de la Bundeswehr, et non le svastika dextrogyre aux relents bien plus sulfureux mais à la présence totalement incongrue à cette époque.
Je ne sais si la faute revient au bonus original, mais force est de constater que la traductrice française, au minimum, n'a pu la corriger. Tant pis pour l'Histoire, les plus jeunes et les habitués des usines à news... au final, le lecteur aura autant de mal à s'instruire qu'à vibrer pour des pilotes en manque flagrant de charisme.

Une histoire qui s'essouffle en bout de piste avant même de décoller. Les approximations historiques et le dessin peu engageant n'incitent pas à monter à bord, même lorsque l'on est un amoureux du Ciel.

"Encore merci et bonne chance, nous sommes avec vous !"
Y a-t-il un pilote dans l'avion ? sous la direction de David Zucker, Jerry Zucker, Jim Abrahams