19 mars 2012

Preview : Ghostopolis

Coup d'oeil aujourd'hui sur Ghostopolis qui sort en librairie dans quelques jours.

Frank Gallows est un chasseur de fantômes. Il travaille pour un service contrôlant l'immigration surnaturelle et est donc chargé de renvoyer les spectres dans l'au-delà. Un jour, il commet une terrible erreur. Il expédie au royaume des morts un petit garçon, Garth, qui n'a rien à y faire.
Viré suite à cette méprise, Frank va tout de même tenter de rejoindre l'au-delà par ses propres moyens afin de réparer la faute qui a bouleversé le destin d'un enfant innocent.
Pendant ce temps, Garth découvre les vastes étendues de l'au-delà mais aussi ses peuples, ses dirigeants, ses conflits...
Les spectres, les faes, les gobelins, zombies et autres squelettes sont dirigés par Vaugner, un vivant ayant pris le pouvoir en manipulant et intriguant. C'est cet homme que Garth va devoir affronter afin de transformer son infortune en quête initiatique.

Ghostopolis arrive en France précédée d'une bonne réputation. L'oeuvre, écrite et dessinée par Doug Tennapel, a notamment été nominée aux Eisner Awards dans la catégorie "meilleure BD pour adolescents". Malgré le public visé, le récit, empreint d'une poésie naïve, convient néanmoins aussi à un public adulte.
D'une certaine manière, l'histoire peut se comparer avec l'excellent Trois Ombres de Pedrosa, peut-être en plus enfantin et moins abouti. Le sujet abordé (la mort, et spécifiquement la mort la plus injuste, celle d'un enfant), un univers original, une touche de fantastique ; les similitudes sont nombreuses et vont jusqu'au nombre de pages (ici 266).
Graphiquement, le style de Tennapel ne manque pas de charme et la colorisation, soignée, permet d'habiller des planches qui, sans cela, pourraient parfois paraître quelque peu dépouillées.

L'auteur a visiblement voulu éviter de tomber dans le mélodramatique, avec une approche très soft et résolument optimiste. L'univers dépeint ne manque pas d'intérêt et d'humour mais aurait pu être plus développé, le lecteur restant à la surface d'un monde que l'on devine bien plus riche que ce qu'il lui est donné d'en voir.
Le méchant de l'histoire souffre également sans doute d'une carence de charisme et d'envergure. Globalement, l'on passe certes un bon moment, bercé par un conte doux, agréable, mais auquel il manque peut-être quelques aspérités pour être pleinement réussi.

Un comic présentant la mort, et le folklore s'y rapportant, de la manière la plus romancée et idéalisée qui soit.
Tout public.
Sortie : 23 mars 2012.