15 mars 2012

Wolverine & Black Cat : les griffes sont émoussées

Sortie hier de Coups de Griffes, un 100% Marvel réunissant Wolverine & Black Cat. Le duo est inattendu mais est-il efficace ?

Ce comic réunit en réalité deux mini-séries (Claws 1 et 2) publiées aux Etats-Unis en 2006 et 2011. Dans la première, Logan et Felicia sont enlevés et abandonnés sur une île où ils seront la proie de chasseurs et de quelques saloperies constituant la faune locale. Dans la seconde, ils vont faire un bond dans le temps (tiens, c'est original !) et découvrir un futur dominé par des extraterrestres chassant les êtres humains pour en faire des esclaves. Les deux récits sont en fait liés à une machination de Arcade et sa compagne, Lapin Blanc, ainsi qu'à leur vengeance après un premier échec.
Ce sont Jimmy Palmiotti et Justin Gray qui se chargent du scénario (les deux compères se sont déjà associés pour un résultat allant du médiocre, cf Vendredi 13, au franchement bon, cf Daughters of the Dragon), les dessins sont assurés par Joseph Michael Linsner.

Graphiquement, le résultat est plutôt honnête malgré quelques défauts et une colorisation manquant parfois de nuances sur certains épisodes. Au niveau de l'histoire, par contre, difficile de trouver de quoi se réjouir.  Ça partait pourtant bien, avec une intro assez sympa dans laquelle Spider-Man joue les guests. Et entre le glouton, au caractère bien trempé, et la jolie féline, il y avait de quoi imaginer quelques scènes savoureuses. Malheureusement, à part quelques vannes de temps en temps, tout est terriblement insipide et convenu.
Les situations sont prévisibles au possible, les combats d'une platitude affolante, sans parler des "méchants" de carnaval. Bien entendu, le but était sans doute ici de donner dans le divertissement pur et la légèreté, mais ces domaines nécessitent tout de même un minimum de vraisemblance et d'investissement pour fonctionner. Et puis surtout, il aurait fallu faire un choix clair dès le départ, car ici l'on ne sait pas si l'on est presque dans la parodie (auquel cas elle est ratée) ou dans une aventure un peu exotique (pas plus réussie).

A la limite, ces six épisodes pourraient convenir à de jeunes enfants, mais Panini a affublé l'ouvrage d'un "pour lecteurs avertis". Etonnant, à moins de considérer qu'un truc comme Super Picsou Géant soit déjà à la limite de l'obscénité.
Autre bourde sur la quatrième de couverture, le résumé place Killraven, un guerrier du futur, dans le camp des ennemis que le tandem aura à affronter. Ah, pas de bol, si les vendeurs d'autocollants avaient lu ce qu'ils publient, ils se seraient rendu compte qu'il s'agit en fait d'un allié. On ne peut cependant pas vraiment leur en vouloir, même moi j'ai eu du mal à aller jusqu'au bout.
Plus sérieusement, l'on peut se demander pourquoi de telles séries arrivent en librairie, aux côtés de productions bien plus solides (de Deadpool Corps pour le côté déjanté, à la réédition de House of M, pour prendre un exemple plus sérieux). Un peu de sélectivité et de vision ne feraient pas de mal, d'autant que ce sont des principes censés être au coeur du travail éditorial. Et avoir un Wolverine en couverture ne fait pas tout.

Une belle affiche pour un résultat calamiteux et sans ambition.
A éviter.