16 mai 2012

Lancement de Ultimate Universe

Les mutants, les Vengeurs et le nouveau Spider-Man de l'univers 1610 sont réunis au sein d'une nouvelle revue Panini : Ultimate Universe #1.

L'univers Ultimate (un univers Marvel parallèle au monde classique) n'a qu'une dizaine d'années d'existence mais il connait déjà sa troisième époque, avec le lancement de nouveaux titres affichant un supposé alléchant numéro #1 sur leur couverture.
Panini a décidé, pour l'occasion, de totalement modifier la manière de publier ces séries en France. Au lieu d'avoir des revues, peu épaisses (deux épisodes seulement), concentrées sur un seul personnage ou une seule équipe, tout sera maintenant regroupé au sein d'un même bimestriel comportant six épisodes.
L'on a donc droit ici aux deux premiers numéros de Ultimate Comics : Spider-Man, Ultimate Comics : X-Men et Ultimate Comics : Ultimates. Pour 5,70 euros, il s'agit plutôt d'une bonne affaire si vous aviez l'habitude auparavant d'acheter toutes les publications Ultimate. Dans le cas contraire, pour ceux qui ne souhaitaient suivre que Spider-Man par exemple, les voilà obligés d'acheter le lot ou de se tourner vers la VO.

C'est Spider-Man justement qui ouvre le bal, avec au scénario l'indéboulonnable Brian Michael Bendis et Sara Pichelli au dessin. Probablement le titre le plus attendu puisque nous en étions tout de même restés sur la fin tragique de Peter Parker (cf ce prologue ainsi que les première et deuxième parties de Death of Spider-Man).
Ce ne sera pas franchement spoiler que de révéler que le nouveau porteur du masque du Tisseur est Miles Morales, un jeune garçon qui a attiré l'attention des media, même en France, sous prétexte qu'il est métis (son père est afro-américain et sa mère est portoricaine). On a donc pu apprendre très tôt la nouvelle, dans Le Monde, L'Express, Le Parisien (excellentes revues spécialisées dans les comics) et même sur le blog de... Jean-Marc Morandini (je viens de m'en rendre compte après une petite recherche), c'est dire si l'info et son pseudo parfum de scandale ont pu faire frétiller jusqu'au moindre petit fouille-merde arriviste.
Bien entendu, ce qui nous intéresse ici n'est pas tant la couleur de Spidey que la qualité de ses nouvelles aventures. Et justement, ces deux premiers chapitres sont vraiment réussis, tant graphiquement (Pichelli s'en sort bien mieux que Lafuente) qu'au niveau du récit. L'on découvre Miles et son entourage avec d'autant plus de plaisir qu'ils sont assez éloignés de l'univers du regretté Peter. Tant qu'à changer, autant ne pas se taper un clone, ça rappelle de trop mauvais souvenirs à certains. Non seulement la famille de Miles possède des failles qu'étaient loin d'avoir les Parker/Reilly, mais les pouvoirs acquis par le jeune homme sont quelque peu différents de ceux auxquels l'on était habitué. Reste à voir si la suite sera aussi attrayante que cette sympathique introduction et si, bien sûr, les lecteurs se feront à la disparition de Peter.

On poursuit avec les X-Men. Le scénario est de Nick Spencer, les dessins sont l'oeuvre de Paco Medina.
Rappelons que depuis les évènements de Ultimatum, les mutants sont hors-la-loi et parqués dans des camps par un gouvernement soutenu par une population terrorisée. La nouvelle série se déroule donc dans ce contexte et débute d'une manière magistrale, avec d'emblée une scène coup de poing qui donne clairement le ton.
L'on suit en fait le petit groupe des anciens proches de Peter, composé de Kitty Pryde, Iceberg et la Torche. Eux aussi sont obligés de se cacher, mais leur tranquillité sera de courte durée puisqu'ils ne pourront résister à l'envie de secourir une Malicia en bien mauvaise posture.
Avec Stryker ou les sentinelles, l'on est en terrain connu (voire trop connu), mais l'ambiance sombre et le charisme des protagonistes permettent de passer un bon moment.

Enfin, l'on termine par Ultimates, avec à l'affiche, sans surprise, Thor, Iron Man ou encore Nick Fury. Le scénario est de Jonathan Hickman, les dessins sont de Esad Ribic. Un travail très soigné visuellement, comme les précédents titres, mais une histoire un peu moins enthousiasmante.
Tout d'abord, la gestion de crises multiples (trois crises majeures tout de même) n'aide pas à clarifier l'action. Une action si intense et continue qu'elle-même ne permet guère de poser les personnages. Pour un début, voire un premier contact avec les Ultimates (après tout, ce relaunch est censé être destiné à de nouveaux lecteurs), l'on aurait pu s'attendre à mieux. Surtout que, contrairement à ce qu'annonce Grasse dans son édito, il ne s'agit pas du tout ici de renouer avec l'ambiance des débuts, puisque l'aspect réaliste et très politique voulu par Millar est occulté par des éléments SF ou fantastiques (les dieux asgardiens au complet, le Dôme et ses "enfants") qui se rapprochent du genre cosmique ou des aventures des FF par exemple.
Bref, sans doute le titre le moins intéressant pour le moment.

Une revue qui a l'avantage de regrouper les différentes séries Ultimate et qui est portée par le vent de fraicheur apporté par le nouveau Spidey et des X-Men très bien écrits.
A suivre...