22 mars 2014

No comment

Comme certains ont pu s'en rendre compte, il n'est plus possible depuis quelque temps de poster des commentaires sur ce blog. Cette décision me trottait dans la tête depuis de nombreuses années, j'en avais d’ailleurs déjà parlé à plusieurs reprises.
Je me suis décidé à volontairement me couper des échanges (parfois intéressants, d'autres fois moins, parfois musclés, souvent cordiaux) avec les internautes pour plusieurs raisons personnelles. Je ne juge donc pas ce qui se passe ailleurs, j'explique simplement ma démarche, libre à d'autres de suivre des convictions différentes.

Tout d'abord, c'est le travail d'analyse et d'écriture (fourni par les autres rédacteurs comme, je l'espère, par moi-même) que je souhaite mettre en avant. Le reste, les discussions, qu'elles soient ou non pertinentes ou agréables, me semblent plus à leur place sur un forum, pour ceux qui apprécient ce genre de lieu, ou autour d'un verre, entre amis.
Ensuite, j'ai à ce sujet une approche assez radicale : j'ai déjà dit tout ce que je pensais, pour les revues comics, des pages de "courrier des lecteurs", de la même manière, en tant qu'auteur (d'articles ou de fictions), je suis attaché à la publication de textes travaillés, réfléchis, si possible même didactiques dans une certaine mesure. C’est cela que j’ai envie de rendre public : un travail, et non des échanges qui, finalement, n’ont d’intérêt que pour les personnes concernées.
Alors, les « personnes concernées », plus ou moins, car il m’était revenu aux oreilles, à une époque, une discussion « de forum » assez nauséabonde dans laquelle un intervenant – que je ne connaissais évidemment pas – proclamait que je me « révélais » dans les commentaires de mon blog.
Sous-entendu, évidemment, quand je m’énervais.

Faut-il être abruti pour proférer des âneries pareilles…
Je ne vois pas en quoi quelqu’un serait plus « vrai » quand il est énervé que lorsqu’il est calme. Quand je serre la main ou souris à quelqu’un, je le fais de bon cœur. Et quand je mets ma main dans la gueule d’un imbécile, c’est de bon cœur aussi. Ceci dit, dans le domaine qui nous intéresse, construire un propos ne l’a jamais rendu plus fade ou hypocrite. Juste plus efficace, donc plus représentatif (si je dois juger un auteur, pour ma part, je préfère lire ses livres qu’écouter son téléphone ou ce qu’il a pu déblatérer à l’anniversaire de son meilleur pote, mais bon, à chacun ses pratiques).  
Seulement, je ne cherche de toute façon pas à être « vrai ». Je ne suis pas le participant d’une télé-réalité, ou d’une « net-réalité ». Je cherche à produire un travail, motivé par une passion. Ce travail, comme tout article de magazine ou de journal, comme tout roman, comme tout travail finalement, peut être critiqué, c’est même franchement salutaire, mais il me semble plus sain que cette critique se fasse sans la participation de l’auteur de ce travail. Cela évite d’une part les éventuels dérapages liés à une possible flagornerie, mais aussi bien sûr les dérives liées à l’absurdité d’une « critique d’une critique ». Et puis, il faut bien le dire, je ne suis pas fait, du tout, pour la diplomatie ou la gestion de « communautés ».

Enfin, dernier point, me lancer dans de longues joutes verbales était relativement chronophage. Surtout à un moment où j'ai de moins en moins de temps pour rédiger des articles (j’espère à ce sujet vous annoncer l’arrivée d’un ou plusieurs nouveaux rédacteurs d’ici quelque temps, on travaille sur des trucs assez sympa a priori, mais bon, rien n’est encore totalement décidé).
Voilà, je me doute que cette suppression de la possibilité de commenter (que j’ai toujours voulue de toute façon dissuasive, notamment grâce à la modération et à l’obligation de s’enregistrer) ne concerne que peu d’entre vous (peu de gens commentaient par rapport au nombre de visites), néanmoins, je voulais clarifier les choses et remercier tous les intervenants, en particulier les habitués, pour leurs avis, leurs infos, leur présence amicale et même parfois leurs coups de pied au cul. ;o)

Le net est un outil très efficace si l’on s’en sert bien. Dans des tas de domaines. Il apporte néanmoins une illusion de proximité qui, je le pense, nuit aux rapports tout autant que l’illusion d’anonymat (le véritable anonymat, pas celui qui consiste à conserver et assumer un pseudo) permet de graves dérives. J’ai testé un grand nombre de lieux d’échanges (notamment l’IRC il y a très longtemps), et j’ai toujours fait le même constat : il s’agit de discussions. Parfois sympa, d’autres fois houleuses, mais il ne s’agit que de ça. Ai-je envie de m’enregistrer et de publier mes échanges avec des proches ? Non. Pourquoi alors le ferais-je avec des inconnus ? 
J’ai mis très longtemps à me rendre compte de l’inutilité, voire de l’obscénité de la chose. Sans doute aussi que je souhaitais me conformer aux « habitudes » du net. Toute chose publiée sur le net se devant d’accepter les réactions immédiates, même lorsque l'on s'éloigne franchement du sujet.
Eh bien, non, ici, on va faire différemment.

Et pour ceux qui n’avaient même pas remarqué le fait, rassurez-vous, une vraie chronique arrive dans très peu de temps. Sur une série publiée par Delcourt.

« Il y a peu de différence entre un homme et un autre, mais c’est cette différence qui fait tout. »
William James

ps : si vous trouvez que la photo d'illustration n'a rien à voir avec ce post... heu... c'est sans doute vrai. Bon, on savait déjà que j'appréciais les tartes aux pommes et les flingues, je me "dévoile" encore plus ici que dans les commentaires en avouant ma passion pour les lunettes de soleil. Ben si, qu'on vienne pas me raconter de salades, quand c'est bien porté, ça fait son petit effet.