08 mars 2014

Superior Foes of Spider-Man (collector !!)

Attention, Panini nous offre un numéro collector à l'occasion de la sortie du Spider-Man (v.4) #9. Du jamais vu. Exceptionnel on vous dit.

Bon, tenez-vous bien, la nouvelle va en renverser plus d'un : Panini s'est fendu d'une page de rédactionnel dans ce numéro...
Ah ben j'avais prévenu, ça me l'a fait aussi. Reprenez votre calme, respirez profondément, relisez calmement le début de cet article. Je vous attends ici.
C'est bon ? 
Alors, explications.
La revue accueille ce mois une nouvelle série (très bonne d'ailleurs, nous verrons cela plus loin) intitulée Superior Foes of Spider-Man. Elle regroupe des vilains de seconde zone. Jusqu'ici, rien de bien affolant, sauf que Panini a ajouté une page d'explications pour présenter les fameux personnages !
Oui, ça veut dire que quelqu'un s'est intéressé à ce qui était publié et même que quelqu'un a... bossé. Chez Panini.
J'en ai les larmes aux yeux putain.

Je comprends maintenant ce que ressentaient ces orpailleurs venus affronter l'hostilité des lointaines terres du Klondike ou du Dakota lorsque, harassés de fatigue, les yeux brillants, ils découvraient ce petit scintillement au fond d'un tamis tenu par des mains tremblantes et crevassées. Tout à leur joie, ils en oubliaient les brûlures du froid ou l'âpre baiser du soleil, ils n'entendaient plus leurs muscles, fourbus, hurler sous une peau fragile et parsemée de stries sanglantes, andrinoples souvenirs laissés par quelque rocher à la caresse acide. Fous de ce bonheur qui n'appartient qu'à ceux qui ont durement cherché, une vie durant, un Graal inaccessible qu'ils saisissent enfin, ils cédaient, fiévreux mais ravis, à l'appel du métal jaune qui tourne les têtes et remplit les portefeuilles. 
Eh bien nous sommes un peu dans ce cas, avec un numéro collector qui, jusqu'à présent, est unique dans la pourtant nombreuse production paninienne : un signe de travail a été décelé chez cet éditeur. 
Ouais, il y a de quoi être sur le fion ma bonne dame. On a vu des foules de mécréants se convertir pour moins que ça. 

Du coup, on oubliera les maladresses de traduction, on ne citera même pas cet édifiant extrait, "cinq petits mots, Phil : je ne suis pas le super-bouffon", qui est symptomatique d'un laisser-aller évident (la traductrice est en mode automatique et ne se rend pas compte que la phrase compte un mot de plus en français, l'éventuel correcteur qui passe derrière s'en tape royalement aussi), on fera l'impasse sur les genres hasardeux ("une deal"), et il n'est pas question que j'ergote sur le manque de fluidité de certaines répliques ("Je sais. Et aussi que tu utilises une armée de robots géants."), encore moins en prétendant qu'il existait au moins deux manières différentes de rendre cette simple phrase plus agréable à lire, faisons fi pour une fois de ces littéraires considérations pour nous plonger dans le recueillement et la célébration : alléluia et tutti quanti !
Oui noble lecteur, tu n'étais peut-être pas là lors de la découverte de la pénicilline, tu n'étais pas témoin de l'invention de l'imprimerie, mais tu pourras te vanter d'avoir vu le géant paninien sortir de son pesant sommeil en bougeant un orteil.  

Passons rapidement sur Superior Spider-Man et Scarlet Spider, dont les épisodes sont plutôt sympa (avec en prime le retour de Miguel O'Hara, de l'univers 2099) et dans la droite ligne des derniers numéros, pour nous concentrer sur Superior Foes of Spider-Man
Il était légitime d'éprouver une certaine appréhension étant donné le niveau de certaines séries secondaires récemment publiées (l'inutile et indigente Avenging Spider-Man par exemple), aussi la surprise n'en est que plus grande à la lecture de ces deux premiers chapitres. Le scénario est de Nick Spencer (Ultimate X-Men, Morning Glory Academy), les dessins de Steve Lieber.
En gros, l'on suit les tribulations des nouveaux Sinister Six, composés de vilains relativement ringards. Graphiquement, on a déjà vu bien plus joli, mais le style de Lieber est efficace et comprend même quelques idées fort bien trouvées. L'histoire est aussi drôle qu'originale, avec une ambiance comparable à celle de certains films de Guy Ritchie (ses bons films, comme Snatch ou Arnaques, crimes et botanique). Pas de Tisseur dans ces intrigues, mais une excellente et innovante virée dans le milieu interlope des seconds couteaux.
Tout simplement la meilleure série du mensuel et ce que l'on a pu lire de mieux chez Marvel depuis un sacré moment. 

Une série très bien écrite, Panini qui présente les personnages et le contexte, c'est la fête !

+ Panini at work !!
+ un Spencer très inspiré
+ humour et originalité
+ une rencontre bien amenée entre le Tisseur supérieur et le Monte-en-l'air de 2099
- VF toujours très largement perfectible mais bon, de la bonne volonté quand même