27 avril 2014

Runaways : Rock Zombies

Les derniers épisodes de la troisième série des Runaways sont parus ce mois en France. Gros plan sur cet ultime album intitulé Rock Zombies.

Comme l'on avait déjà pu le souligner, le parcours éditorial des Runaways (ou Fugitifs) aura été particulièrement chaotique en France. Entre les Mini-Monsters, les Deluxe, les 100% Marvel et les revues kiosque à l'occasion de divers ties-in, les choix de Panini semblent destinés à tester la patience du lectorat face à son improbable jeu de piste.
Si cette troisième saison accuse le coup au niveau de la qualité sur sa fin, elle recèle tout de même quelques moments intenses et se termine sur un cliffhanger qui laisse supposer une éventuelle suite.
Voyons en détail les huit épisodes de cet épais comic.

On commence par l'arc le plus faible, intitulé Rock Zombies. Il est pourtant écrit par le talentueux Terry Moore (excellent sur Strangers in Paradise ou Echo) mais souffre d'une intrigue sans grand intérêt, à base de simili morts-vivants, zombifiés à l'aide d'un titre de rap électronique dans lequel est inclus un élément magique qui transforme les auditeurs pour peu... qu'ils aient auparavant subi une intervention de chirurgie esthétique. Même si l'on peut comprendre que le rap puisse donner la nausée, l'on admettra volontiers que ce n'est pas le concept du siècle. Reste les dessins, mignons et joliment colorisés, de Takeshi Miyazawa

Un épisode de transition, scénarisé par Chris Yost, relève le niveau en emmenant Molly Hayes, la benjamine du groupe, visiter les locaux des X-Men. Cyclope la confie aux bons soins de Wolverine, qui ne se réjouit pas de la tâche à accomplir. Molly aurait d'ailleurs également préféré un autre guide puisqu'elle n'aime pas beaucoup l'odeur de bière du Griffu. 
Visite complète (salle des dangers, Blackbird, salle de cours, de réunion, Cérébro, cuisine...) plutôt sympa et drôle. Dommage que cela se termine sur un affrontement superflu contre un vilain tout naze.

Enfin, le tandem Kathryn Immonen (scénario) et Sara Pichelli (dessin) reprend les commandes pour un arc final de quatre épisodes.
Là encore, on est loin de la qualité de l'époque Vaughan. La narration est embrouillée, les dialogues parfois difficiles à suivre (peut-être est-ce accentué par la transposition en VF), et les transitions manquent de fluidité. Malgré tout, certains moments intimistes parviennent à sauver la conclusion du naufrage, tout comme deux scènes plutôt chargées en émotion mais relativement mal exploitées en comparaison de leur potentiel.

Le bilan est donc globalement décevant, surtout pour un volume censé conclure un cycle. Les scènes d'action sont pratiquement toutes aussi mauvaises qu'ennuyeuses et les parties, plus intéressantes, centrées sur la vie du groupe et les relations entre les personnages sont mal servies par une écriture manquant d'ambition et de maîtrise. 
Il faut ajouter à cela le peu d'accessibilité de la série, qui restera pratiquement opaque à toute personne qui tenterait de la prendre en cours de route. L'effet est encore accentué par le manque d'implication et de travail éditorial de Panini : le nombre de personnages et la complexité (et l'importance) de leurs relations nécessitaient absolument une ou deux pages rédactionnelles consacrées à leur présentation.

Même si l'on est un fan absolu du groupe d'adolescents, les nombreux défauts - tant scénaristiques qu'éditoriaux - de ce dernier tome risquent d'occulter les rares moments drôles ou dramatiques.
Quel dommage.

+ les Runaways !
+ l'aspect visuel
+ l'humour (pour la partie X-Men)
+ un évènement, certes mal exploité, mais marquant
- de l'action soporifique
- dialogues manquant d'inspiration
- scènes parfois confuses
- aucun travail éditorial de la part de Panini pour faciliter l'accès à la série