27 avril 2014

Infirmiers, patients et divertissement

Il est des boulots, comme ça, que l’on sait « nobles » mais que l’on ne comprend pas tout à fait tant que l’on n’y est pas personnellement confronté. Infirmier est l’un d’eux.

J’avoue que, comme tout le monde, j’avais une vision très imparfaite et caricaturale des infirmières et infirmiers. Oh, bien sûr, j’en avais déjà rencontrés, dans des circonstances heureuses, dans des maternités notamment, et cela ne m’avait donc pas marqué.
Car, bizarrement, la gentillesse est superflue quand tout va bien. On la remarque à peine.
Lorsque l’on est confronté à une situation douloureuse, lorsque par exemple un proche hurle de douleur devant vous, là, c’est autre chose.
Là on rentre dans une autre dimension.

Les médecins, s’ils sont essentiels et subissent des rythmes ahurissants, sont parfois un peu… « rudes » dans leur manière d’annoncer les choses. Ils n’ont pas le temps de prendre des gants, pas ceux-là en tout cas.
Les infirmières et infirmiers n’ont guère plus de temps libre, mais ils ont toujours, pour la plupart, un geste, un mot rassurant.
Leur dévouement, leur gentillesse, leur présence changent tout.
Ils m’ont fait réviser mon jugement sur les gens en général, car oui, parfois, des inconnus peuvent, de manière désintéressée, vous apporter aide et réconfort.

Cela va au-delà de leur travail, je ne parle pas de leur professionnalisme, qui est évident, je parle de ces moments, nombreux, où un sourire, un geste, un mot peuvent faire la différence.
Pour cela, ils ne seront jamais assez payés.
Ce n’est tout bonnement pas quantifiable.

Au-delà d’un hommage mérité, je voulais vous proposer de les aider, un peu, dans leur tâche. Par le biais du divertissement.
La télévision coûte relativement chère (sur le long terme) en milieu hospitalier et tous les patients n’ont pas forcément la possibilité de lire. Par contre, il existe parfois des trucs tout simples qui permettent d’améliorer un peu les conditions d’hospitalisation.
Par exemple, l’Hôpital Bel Air de Thionville, grâce à diverses initiatives, a pu acheter des lecteurs DVD et quelques films que les patients peuvent voir, gratuitement (les œuvres sont achetées, mais pas par eux). Il est donc possible, pour aider, de faire don de quelques DVD. Bon, peut-être pas du Godard, on ne va pas leur filer une dépression en prime aux mecs, mais des comédies, de l’action, de la SF, bref, un peu d’évasion.

Je vous encourage donc, si vous le souhaitez, à avoir un geste bienveillant.
Renseignez-vous auparavant, certains hôpitaux n’ont peut-être pas les mêmes équipements, mais il est certainement possible d’aider, un peu, chacun à sa manière, selon ses possibilités.
Ne passez pas par l’administration des hôpitaux, c’est là un autre monde, adressez-vous aux infirmières et infirmiers. Ne ramenez pas non plus des stocks, ils ne sauraient sans doute pas quoi en faire, tâtez le terrain, voyez si certains services ont des besoins spécifiques (la réanimation, contrairement à ce que l’on croit, nécessite parfois plusieurs jours de présence, même avec des patients conscients, et les films sont parfois alors un passe-temps précieux, surtout avec des règles de visites plus strictes).

Je ne crois pas aux « grands » mouvements, à la lourdeur de la masse, mais les initiatives individuelles peuvent parfois changer la donne.   

Si certains souhaitent faire part d’idées (ou de besoins) qui vont dans ce sens (peu importe la région), je relaierai l’information à la suite de ce texte et sur les réseaux sociaux.  


Nous sommes démunis devant la souffrance, c’est là l’affaire des médecins, mais nous pouvons peut-être combler l’ennui. 
Des lecteurs ont bien lancé un mouvement consistant à abandonner un livre sur un banc, d'autres ont amorcé une pratique visant à payer un café supplémentaire ou un sandwich dans un bistrot, pour une personne moins chanceuse, peut-être pouvons-nous, parfois, nous payer un film et le ramener dans un hôpital. 
Il ne s'agit pas de "voler" une œuvre, mais bien de l'acheter pour que d'autres en profitent.