19 octobre 2014

Clip Studio Paint Pro

De très nombreux logiciels de création graphique sont disponibles sur le marché. Parmi les plus connus, il y a Photoshop, Painter, Paint Tool Sai, Gimp [1]… et depuis peu, Clip Studio Paint Pro.

Programme tout-en-un édité par Celsys, Clip Studio Paint Pro est l’autre nom de Manga Studio 5, un soft populaire chez les artistes professionnels et amateurs. La différence entre ces deux dénominations est très simple : contrairement à Manga Studio, CSP est un logiciel vendu sans support physique (pas de boite, ni DVD). Il est donc moins cher [2]. Ce programme est disponible en anglais, mais il existe une version bêta en français pour les allergiques à la langue de Shakespeare.

Pour ne pas avoir à réapprendre toute une interface, ce logiciel possède plusieurs points communs avec ses concurrents : les raccourcis claviers, les outils et les calques sont pour la plupart similaires. Il apparait complémentaire à Illustrator grâce aux fichiers vectoriels, à After Effects avec les .tga… et à tous les autres avec les .psd.


Malgré une interface chargée avec de très nombreuses fenêtres, ce couteau suisse de la création regorge d'outils faciles à personnaliser : crayon, stylo, marker, plumes diverses (G-pen…), pinceau, aérographe, gomme, peinture à l’huile, aquarelle, tampon de duplication, etc. Vous pourrez également réaliser des BD de A à Z avec des cadres, des bulles, des trames, des onomatopées, donner l'impression de vitesse et surtout, utiliser l’incroyable outil Figure qui regroupe une pléthore de règles permettant de tracer à main levée des perspectives en suivant des points de fuite établis. Ce logiciel contient aussi des filtres (flou, mosaïque, zigzag, fish-eye…) et des textures.
Dès la création d’un nouveau fichier, CSP vous offre le choix entre un document vierge ou une page de BD margée (les marges sont réglables). CSP gère les calques en modes raster et vectoriel [3]. Vous pourrez employer la très grande majorité des outils pour le second. Certains, plus spécifiques, autorisent les corrections de points, le lissage...


Les scripts n'ont pas été oubliés. Vous pourrez en programmer selon vos besoins ou vous servir de ceux déjà prêts : préparer la feuille pour le rough, convertir l'image en trames… Vous pouvez adapter très simplement l’affichage de votre travail grâce aux fonctions zoom, rotation et symétrie, pour détecter vos erreurs et les corriger de façon rapide et fluide.


Le soft propose une aide appréciable avec des mannequins, des objets et des décors en 3D que l’on peut insérer dans un calque afin de les redessiner sous toutes les coutures. Les mannequins sont suffisamment malléables pour être modifiés selon les besoins au niveau de la corpulence, de l’orientation de leurs membres, et on peut même jouer sur les points de vue pour obtenir des effets dynamiques et déformés. Des poses prédéfinies sont disponibles. Des objets en 3D (.obj...) que vous aurez créés à l’aide de programmes tels que Blender, Maya ou 3DSMax sont importables dans CSP.
Les images que vous aurez réalisées peuvent être exportées soit avec les calques séparés (.psd, .lip…) soit sur un seul claque (.jpg, .bmp, .tga, .png, .tif…). Vous pourrez choisir entre le RVB et le CMJN. Par contre, il ne faut pas oublier que CSP n’est pas un logiciel de photomontage contrairement à Photoshop. Les outils de transformation sont moins poussés : exit les torsions, déformations…

Clip Studio Paint Pro ne dispense pas de posséder un minimum de notions en dessin (proportions, perspectives, lumières…) et en narration[4]. Les quantités de trames symbolisant des objets, des lieux, les personnages en 3D customisables déjà habillés, les bulles préformatées, les décors prêts à l’emploi peuvent faire craindre une baisse de qualité dans le développement de l’univers graphique d’un auteur. Le risque est grand de proposer un travail standardisé, dans une course au flux et à la productivité. Ces outils pratiques doivent être adaptés à votre œuvre. Vous ne devez pas vous adapter à eux. Gardez votre singularité.

Si vous trouvez que Photoshop présente assez peu de fonctionnalités dédiées à l’illustration et à la bande dessinée, si vous regrettiez que Paint Tool Sai ne soit pas plus performant, que Painter reste trop lourd malgré tous ces outils, Clip Studio Paint Pro demeure une solution alternative moins onéreuse et des plus complètes.

Clip Studio Paint Pro, disponible 32 et 64 bits, PC et Mac.


[1] Mais aussi Illustrator, Flash, Inkscape, ArtRage Studio Pro, My paint, Krita...
[2] Lorsque vous achetez CSP, vous recevez une clé confidentielle par mail. Attention, vous ne pouvez régler, pour le moment, qu’avec Paypal. Cette clé donne accès au logiciel en anglais et à la version bêta en français qu’il faudra télécharger.
[3] Il existe deux grandes catégories d’images :
- les images raster (ou bitmap – rien à voir avec le format d’image .bmp) : ce sont des images pixelisées, c'est-à-dire composées d’un ensemble de points (pixels) qui possèdent une ou plusieurs valeurs décrivant sa couleur.
- les images vectorielles : elles représentent des formes géométriques simples à partir de formules mathématiques : un cercle - défini par son centre et son rayon -, un segment, un rectangle, etc.
Différence entre ces deux grandes catégories : Les transformations sont facilement applicables sans perte de qualité avec les images vectorielles (tout est affaire de proportions sur des formules mathématiques). Par contre, une image raster ne pourra subir de telles transformations qu’avec perte d'information (étant donné que les points sont fixes).
L'apparition de pixels dans une image s’appelle le crénelage (aliasing, en anglais).
Parce qu’une image vectorielle représente des formes simples, il est très difficile d’obtenir une photo réaliste. De plus, sur le web, les images qui sont affichées sont des images raster. Ce n’est qu’avec un plug-in que l'on peut voir les images vectorielles.