08 avril 2007

Sentry, le plus puissant héros Marvel ?

La création de Sentry part d'une idée originale : faire comme si ce personnage avait été inventé par Stan Lee dans les années 60 et laissé inexploité depuis tout ce temps. En réalité, ce héros est né très récemment de l'imagination fertile de Paul Jenkins, son véritable "pôpa". Par contre, certaines planches très "rétro" étant intégrées parfois dans les comics contant les aventures du héros doré, certains fans en sont encore à croire qu'il s'agit d'un perso datant de... 1961 ! ;o)

Au niveau des ouvrages VF étant consacrés au personnage, l'on peut citer les deux tomes parus en 100% Marvel (regroupant 10 épisodes) et les Marvel Mega Hors Série #26 & #27 (regroupant 8 épisodes). Tous ont pour scénariste m'sieur Jenkins, le gredin en profitant pour installer son personnage et, déjà presque, radoter sur les (la ?) rares saloperies qui le menacent.
Car, voilà le problème numéro un d'un tel perso : sa trop grande puissance. Le type dispose d'une force si phénoménale qu'aucun vilain ne peut réellement se mesurer à lui. On le voit lors de l'évasion massive du Raft où Sentry prend Carnage sous le coude et va le... déchirer (littéralement) dans l'espace, comme si c'était un simple post-it ou un putain de burger ! Robert Reynolds a donc généré son propre ennemi, un autre lui-même : Void. L'on peut y voir bien des choses, la dualité Bien/Mal, Dieu/Satan par exemple, ou autrement dit, un élément si puissant qu'il ne peut être détruit mais engendre forcément son exact contraire. Cela explique pourquoi le gars ne va que très peu intervenir au sein des New Avengers, dont il fait pourtant (plus ou moins officiellement) partie.

Dieu peut-il avoir des problèmes existentiels ? La réponse n'est pas évidente, mais en tout cas, pour Sentry, y'a intérêt à lui créer un maximum de spleen vu que les adversaires à sa hauteur ne vont pas courir les rues. Sans sa femme et son côté sombre, il ressemblerait assez étrangement à un Dr Manhattan, totalement, de par sa nature même, détaché du moindre sentiment humain. Lorsque ce vieux Bob se bat, c'est avant tout contre lui-même et une schizophrénie dévorante. Cela finit par nous plonger, même si ce n'est pas assez, dans les méandres de la psyché et pourquoi pas dans ceux de l'hallucination négative * ?

Nous n'en sommes encore pas là et Sentry reste un "Superman" que les scénaristes peuvent sortir quand bon leur semble, ou plus exactement, qu'ils sont bien en peine d'employer. ;o)

* Les schizophrènes ont une profonde altération du "Moi", ils sont "dans" le monde, fondus en lui, et éprouvent les pires difficultés à avoir une réelle représentation de l'extérieur. Ainsi, beaucoup ont du mal à utiliser un miroir par exemple, et se coupent en se rasant ou se cognent en l'approchant.
Bien plus intéressant encore, certains ne se voient pas du tout dans les miroirs. L'on appelle alors cela une hallucination négative. Psychologiquement, l'on peut l'expliquer par le fait que sans un Moi structuré, il n'y a pas de reconnaissance possible. Re-co-naissance, trois fois la naissance dans le même mot. Le processus du miroir se déroule également en trois étapes :
- de l'individu au miroir
- du miroir à l'individu
- puis, enfin, un processus interne psychologique qui fait que l'esprit de l'individu analyse son reflet comme étant une représentation extérieure de lui-même, une sorte de nouvelle naissance du "moi", une re-co-naisssance donc.
Ces hallucinations négatives, où une personne ne peut plus voir son propre reflet dans un miroir, sont probablement à l'origine d'un des mythes fondateurs du "vampire" : l'absence de reflet.