21 octobre 2009

Wolverine vs Hulk : la bête et la brute

La mini-série Ultimate Wolverine vs Hulk est maintenant disponible en VF dans le Ultimates hors série #9, paru ce jour. Au menu, jolies surprises et aberrations paniniennes.

Bruce Banner est vivant. Le scientifique qui se transformait en un colosse vert avait pourtant été condamné à la peine capitale après avoir causé la mort de plus de 800 personnes dans une crise de rage. Et le SHIELD avait mis le paquet puisque c'est avec une bombe d'une mégatonne que la sentence avait été exécutée. Mais Hulk a la peau dure et reste une menace.
Voilà pourquoi Nick Fury va s'adresser à Wolverine pour traquer et éliminer ce monstre. Logan est un chasseur né et le challenge d'affronter un tel adversaire est plutôt de nature à l'exciter.
Mais tout n'est pas si simple et les deux hommes qui vont s'affronter au Tibet vont devoir faire face à bien des tourments. Un ancien amour, une blessure qui ne se referme pas, une colère infinie... les deux brutes ont plus de points communs qu'il n'y paraît. Et parfois, pour arrêter de penser aux choses qui font souffrir, le plus simple est de cogner. Fort.

Au départ, une saga regroupant Wolverine et Hulk peut inspirer la crainte de se retrouver devant une longue et grosse séance de baston sans envergure. D'autant que le scénariste, Damon Lindelof, est plus réputé pour ses séries TV que pour sa connaissance de l'univers Marvel. Eh bien voilà une crainte clairement infondée puisque l'on obtient au final six excellents épisodes fort bien écrits.
Nous avons droit, bien sûr, à quelques scènes spectaculaires dessinées par Leinil Francis Yu mais, surtout, nous avons une vraie histoire, bien dialoguée, rythmée et ménageant quelques petites surprises. C'est également l'occasion d'introduire la version Ultimate de She-Hulk. Tant que l'on en est aux guests, signalons également l'apparition de Captain America et Iron Man.
L'on peut trouver dans cette mini-série quelques références à d'anciens évènements, mais ceux-ci restent finalement peu nombreux et souvent bien expliqués, ce qui permet de rendre le tout accessible même à des lecteurs peu habitués à l'univers 1610.

Et justement, même les acharnés du 616 classique devraient jeter un oeil à ce récit tant il se révèle maîtrisé et efficace. En plus de répliques bien senties voire cultes, l'auteur aborde des thèmes qui conviennent parfaitement aux deux protagonistes principaux. La colère, la maîtrise de soi, la dualité de l'être sont évoquées de manière non sentencieuse et même souvent drôle. Parler de choses graves en conservant un ton léger et une forme accessible, voilà une politesse envers le lecteur dont nombre d'écrivains pourraient s'inspirer.
Bon à la rigueur, l'on peut s'étonner de la capacité - poussée à l'extrême tout de même - de Wolvie à survivre dans des conditions très... étonnantes, mais après tout, lorsque l'on est pris au sérieux par un auteur, la moindre des choses, en tant qu'honnête lecteur avide de belles histoires, c'est de lui faciliter la tâche et de fermer les yeux sur certains détails mineurs. Bref, dans l'ensemble c'est bien. Mais, il y a Panini...

Et les vendeurs d'autocollants nous font un petit festival sur ce coup là.
On a les fautes de frappe ("magasines" au lieu de "magazines"), les expressions à la limite de la compréhension et écrites avec les pieds ("j'essayais de redresser ma taille", ah ben oui, c'est dur à redresser une taille !) et une petite nouveauté puisque l'on apprend que l'animal totem de Wolverine est... le blaireau ! On ne sait pas s'il faut rire ou pleurer, ça fait des années que tous les lecteurs savent qu'un wolverine est un glouton et pas un blaireau. Les deux sont certes relativement proches mais le glouton, contrairement au blaireau, a la particularité de vivre en Amérique du Nord lui. Et puis c'est tout de même moins péjoratif en français.
Canada, Wolverine, glouton, y'a moyen de faire le rapprochement sans se péter les synapses quand même. Ah on se demande qui sont les blaireaux hein ! J'attends avec impatience le jour où un traducteur va nous pondre que l'animal totem de Spider-Man est le faucheur.
Et tant que j'en suis à râler, qu'est-ce que c'est que cette manie d'essayer de camoufler les mots grossiers à coup d'astérisques ou d'esperluettes ? A quoi ça sert de mettre un "pour lecteurs avertis" sur la couverture si c'est pour nous saouler avec une pudeur mal placée ? Alors, un exemple magnifique : "je ne sais pas s'ils se battaient ou s'ils b*%saient". Mais, ils croient quoi ? Que si un gamin de 12 ans lit cette phrase, il ne saura pas la compléter ?? Mais il ne manque que deux lettres !!! Il faudrait être un canari pour ne pas comprendre ! Je les imagine au lettrage : "on va enlever le a et le i les gars, comme ça ils seront bien dans la merde..."
Bande de tr*us du c&l !

Une très bonne série qui permet à Panini de se mettre en valeur une fois de plus.

"Ecoute, non seulement je vais te gratter le nez mais je vais remettre ta tête sur ton corps."
Nick Fury, sous la plume de Damon Lindelof
(pas la meilleure réplique mais vous avouerez que l'on a rarement l'occasion de dire ça à quelqu'un)