02 février 2012

Tony Chu, 3ème service

Le troisième tome de Tony Chu - Détective Cannibale vient de sortir chez Delcourt. Jetons un oeil sur le plat du jour.

Tony continue de traquer la volaille de contrebande, les poulets et autres dindes ayant été interdits depuis une épouvantable pandémie. Son équipier a même réussi, en payant de sa personne, à ce que leur chef ne s'en prenne plus aussi ouvertement à lui. Et comme en plus tout va pour le mieux du côté sentimental grâce à la jolie Amelia Mintz, l'on pourrait croire que les ennuis ne sont qu'un lointain souvenir pour le cibopathe.
Pourtant, la vie de Tony n'a rien de simple. Entre le retour de Savoy, une ex hystérique qui sème ses orteils partout, un dîner à base de mammouth et une réunion de famille houleuse, les repas sont loin de se dérouler dans le calme absolu...

Après un excellent premier tome puis une suite en légère baisse de régime, Tony Chu revient en grande forme dans ce troisième opus.
Le scénario est de John Layman, les dessins de Rob Guillory.
Le fameux agent de la Food and Drug Administration se partage ici entre ses enquêtes et une vie privée, fort riche, dont on découvre des pans entiers (qui se révèlent plutôt surprenants). L'humour est toujours présent, dans les situations, les répliques, mais même parfois au sein d'une simple affiche dans un recoin du décor. Certaines affaires sont rapidement résolues alors que l'intrigue de fond, développée depuis le début de la série, continue de progresser.

Le dernier épisode (le quinzième) de ce tome est sans doute l'un des plus réussis et permet une immersion inattendue dans la vaste famille Chu. Non seulement ce repas de thanksgiving est drôle, mais il apporte un grand nombre de surprises et de révélations sur le passé de Tony.
C'est bien simple, l'on tourne la dernière page en étant désespéré de ne pouvoir se jeter sur la suite immédiatement. Non seulement le potentiel déjà perceptible dans les premiers épisodes s'exprime pleinement ici, mais cet univers, aussi original qu'incisif, commence à prendre une réelle épaisseur.
Quant au style de Guillory, il reste toujours aussi efficace et séduisant.

Ce volume se termine sur un petit mot du dessinateur justement, qui évoque l'importance de l'épisode #15 et l'idée de faire figurer tous les personnages importants sur une couverture formant un poster en trois parties et représentant un banquet inspiré de la Cène.
L'on a droit également à une variant cover en bonus (parodiant Reservoir Dogs). Il en existe une autre, absente de l'ouvrage, qui parodie, elle, Pulp Fiction (vous pouvez la découvrir ci-contre). D'une manière générale, les références cinématographiques sont d'ailleurs constantes dans la série, même dans le texte.

Voilà une recette qui fonctionne et permet au lecteur de sortir de cette lecture repu et sans lourdeur sur l'estomac ou l'esprit.
Digne d'un trois étoiles.