20 novembre 2014

10ème saison UMAC : premières infos sur le concours (et Ligne Editoriale)

Quelques infos sur le concours qui sera bientôt organisé à l'occasion du lancement de la dixième saison de UMAC.

Pour marquer le coup (le lancement d'une dixième saison de chroniques, ça se fête !) et remercier nos lecteurs, nous allons nous transformer en Pôpas et Miss Noël dans très peu de temps.

En effet, nous allons organiser un concours, très simple, qui se déroulera du 20 décembre 2014 au 20 janvier 2015.
Ce concours comportera des lots d'une valeur totale de 450 euros.
Et je peux vous assurer que nos partenaires, Urban Comics et Hisler BD Bis, n'ont pas fait les fonds de tiroir !

En effet, chaque lot thématique (il y en aura quatre en tout) sera basé sur un auteur mais aussi sur des œuvres qui ont reçu un bon accueil critique sur UMAC.
Nous vous proposerons donc de remporter des comics qui nous ont touchés et correspondent à la ligne éditoriale de ce blog [1].

Alors, on va garder des éléments de surprise pour le lancement officiel du concours, dans un mois, mais je ne résiste pas au plaisir de vous dévoiler le premier de ces quatre lots, basé sur Brian K. Vaughan.
Au menu du lot n°1 :
- l'intégrale de Y, le Dernier Homme, soit cinq Deluxe
- les trois premiers tomes de Saga
- et l'excellent Les Seigneurs de Bagdad, coup de cœur UMAC en mars 2012

Ce n'est qu'une très petite partie de ce que nous allons vous dévoiler très bientôt mais j'espère que cela vous donne déjà envie ! ;o)

Guns & Apple Pie !


[1] Ligne éditoriale que nous résumerons rapidement par ce sympathique aphorisme, "des neurones, des couilles et zéro pub", mais que je vais aussi tenter d'expliciter plus longuement pour ceux que cela intéressent.
L'aspect "neurones" ne signifie nullement que nous nous prétendons plus intelligents que les autres (encore que... ;o)) mais que les chroniques sont basées, autant que faire se peut, sur des arguments concrets, et donc une analyse de l'œuvre, et non un "j'aime/j'aime pas" ou une vague inclination personnelle.
L'aspect "couilles" provient du fait qu'il faut un certain courage, je le pense, pour critiquer honnêtement les travaux de gens que l'on est parfois amené à côtoyer, voire à apprécier. C'est facile de recopier une quatrième de couverture et de dire "c'est génial, super, allez-y, achetez-le !". C'est facile mais cela ne sert personne à long terme. Ni le lecteur, floué, ni l'éditeur, encouragé dans une démarche malsaine, ni l'artiste, recouvert de fausses louanges, ni même l'auteur de la "critique", trop fade pour être honnête.
Parfois, cette exigence qui est la mienne fait qu'il m'arrive sans doute de blesser des gens. Ce n'est pourtant pas le but, et ce n'est heureusement pas la réaction de la majorité des auteurs ou éditeurs avec qui j'ai pu deviser. D'autres, moins sages, moins compétents aussi peut-être, trépignent dans leur coin et usent de l'invective et de la médisance pour panser des plaies pourtant liées à leurs lacunes, pour ne pas dire pour certains à leur impéritie.
Enfin, l'aspect "zéro pub" s'explique un peu de lui-même. Pas de fenêtres qui s'affichent et autres machins intempestifs, pas non plus de système de commission pour des ouvrages chroniqués (il existe des systèmes de rétribution pour les sites qui vous "guident" vers certains liens commerciaux), pas non plus de "news" brutes, sans savoir de quoi l'on parle et avoir lu les ouvrages chroniqués.
Tout cela exige un certain investissement personnel, en temps, en énergie. Une certaine abnégation parfois aussi, lorsqu'ils faut passer outre les injures et jugements de poltrons bien planqués derrière des écrans qui leur donnent un courage virtuel inversement proportionnel à celui dont ils font montre dans la vraie vie, lorsqu'ils rasent les murs et baissent le regard.
Mais tout cela donne lieu aussi à de belles rencontres, de bons moments. Et cela engendre aussi parfois cette satisfaction, subtile mais nécessaire, qui survient lorsque l'on est persuadé, au bout d'un texte, qui a parfois nécessité un long travail, d'avoir dit non "LA" vérité, mais quelque chose de sensé, honnête et bien souvent vérifiable.
Cette quête, cette "intégrité" dont même certains journalistes se gaussent, en fera peut-être rire certains. Pour moi, en tant que lecteur et auteur, elle est essentielle.
Le Papier m'a trop donné pour que je puisse le considérer à la légère. Les pages, que je les noircisse ou que je les tourne, sont mon domaine, mon Camaaloth. Je ne défends pas ces terres avec l'aveuglement du prêtre, ni même avec l'habileté ou la hargne du soldat, mais avec la reconnaissance émue du paysan, du pur redneck, dont l'existence est parfois transcendée par cet art, si ancien et si vital, qui consiste à conter.
Oh, il y a des métiers plus nobles que celui de Conteur. Médecin par exemple. Mais il n'y en a pas de plus anciens (non, même pas celui auquel vous pensez). Car les hommes ont, de tout temps, éprouvé le besoin de raconter et écouter des récits. Pour calmer leurs angoisses, leurs peines. Pour partager leur joie. Pour dénoncer des injustices. Pour déclarer leur amour. Et aussi pour expérimenter. Pour vivre par procuration des milliers de vie. Et ainsi savourer la vengeance d'un Hamlet, admirer le sens du devoir d'une Bérénice, trembler pour un Winston Smith découvrant l'amour, mais aussi trépigner de joie quand un Neo vient à bout des Agents de la Matrice, s'arracher les cheveux quand un Parker sacrifie Mary Jane devant un Méphisto hilare, ou frissonner de plaisir devant la maestria d'un Lupin, sous la plume de Leblanc.
Que de magie essentielle nous avons là !
Un peu d'encre, quelques symboles sur du papier, et nous voilà fascinés, modifiés à jamais.
Mais, comme dans tout domaine, nous avons les artisans véritables de la magie et les viandards.
Préférer Parker à Bérénice, c'est une question de goût, d'inclination personnelle. Cela, jamais je ne le jugerai. L'on a forcément "raison" d'aimer ce que l'on aime, puisqu'il s'agit d'une émotion éprouvée et non d'un choix logique. Mais l'encre a aussi sa technique, ses impératifs, ses codes. Et même si ces derniers peuvent être parfois contournés pour une raison précise, ils ne peuvent être mis de côté par ignorance ou négligence.
Tout n'est pas question de goût. Avoir des roues carrées, c'est idiot si l'on veut qu'un véhicule soit performant. Cela peut encore s'admettre si un jour un constructeur/auteur veut explorer le sujet, et délirer sur le thème des roues carrées, mais il y a une grande différence entre se fixer soi-même des contraintes (comme Perec dans La Disparition : une performance technique énorme) et se retrouver avec des roues carrées tout simplement parce que l'on est incapable de les faire rondes.
Combien d'amateurs (ou de professionnels parfois) crient et se vantent, sur le net ou les quatrièmes de couverture, d'une performance énorme, de records de vitesse, alors qu'ils se présentent au final, dans les rayons des librairies, avec des roues carrées ?
Si vous faites aussi cette distinction, entre Perec et un trou du cul, alors nous risquons de nous entendre. Car c'est tout le but de ce lieu.
Nous n'applaudissons pas avec les élites, pas plus que nous ne hurlons avec les hyènes lorsqu'une cible est désignée à la plèbe. Cette Pop Culture que nous défendons, qui nous passionne, nous n'hésitons pas aussi à en dénoncer les dérives. Parce que le talent, tout comme la médiocrité, n'ont ni âge, ni caste, ni medium de prédilection. Ils se faufilent partout. Et voilà peut-être la seule frontière artistique admise sur UMAC : celle qui sépare ce qui est travaillé de ce qui a été chié à la va-vite, sur un coin de table.
C'était un peu long pour expliquer une ligne éditoriale ? Certes, mais je ne le fais que tous les 10 ans. ;o)