02 décembre 2009

Marvel Monster : Exilés mais pas assez

Sortie hier du Marvel Monster contenant les derniers épisodes de la série Exiles. Les arpenteurs d'univers s'offrent-ils un final digne de ce nom ?
Pour ceux qui n'auraient jamais entendu parler des Exilés, tentons d'abord un petit résumé de la situation. Le multivers est en danger, certaines réalités risquent de disparaître si elles ne sont pas "réparées". Pour cela, le Courtier du Temps réunit un groupe de héros issus d'univers différents. Le groupe, pour le moins hétéroclite, va ainsi voyager dans divers mondes afin d'en modifier le destin. Les missions sont parfois limpides et radicales, du genre liquider un type, mais elles peuvent parfois être plus étranges, l'acte effectué étant en tout cas censé rétablir le cours normal des choses.
Au bout de quelque temps, l'équipe (qui évolue, les héros ayant passé l'arme à gauche étant remplacés par d'autres membres) se rend compte que le fameux Courtier n'est qu'une façade. Depuis toujours, les Exilés bossent pour des extraterrestres qui ont malencontreusement endommagés différentes dimensions et tentent de réparer les dégâts en se reposant sur eux. Les Exilés finissent par prendre le contrôle de la base des extraterrestres, le Panoptichron, qui se révèle être en fait un lieu, en dehors du temps et de l'espace, qui permet de surveiller les différentes réalités...

Voilà, donc pour ceux qui n'aiment pas le trip univers parallèles, Exiles ce n'est que ça. La série, publiée jusqu'ici dans le mensuel Astonishing X-Men, s'est souvent révélée pour le moins répétitive. Le schéma reste en gros toujours le même : une menace est identifiée, les Exilés débarquent sur le monde en danger, ils se frittent avec les vilains locaux et repartent le coeur léger et le bagage forcément mince puisqu'il contient le scénario. Bon, je dresse un tableau qui n'est pas très engageant, mais à part une petite visite dans les univers bien connus du Marvelverse (New Universe, Heroes Reborn, House of M...) on ne peut pas dire que l'on retire grand-chose de tout cela.
Mais revenons au contenu de ce Monster. Il abrite les épisodes #90 à #100 de l'on-going, plus Exiles : Days of Then and Now. Chris Claremont et Mike Raicht au scénario, une ribambelle d'artistes aux dessins mais essentiellement tout de même Paul Pelletier, Clayton Henry, Steve Scott, Ronan Cliquet et Tom Grummett.
- Alors Tom, du boulot en ce moment ?
- Non rien.
- Mince, ça doit pas être évident financièrement, si ?
- Bah, je touche quand même l'allocation Marvel là, tu sais, les Exilés.
- Ah merde, c'est à ce point... pauv' vieux...

Oui, oh, ça va, je plaisante. Il faut bien que je me change un peu les idées après ce long rush final.
Niveau personnages, on retrouve Blink, Sabretooth, Morph, Spider-Man 2099 ou encore Psylocke. Pour ce qui est de l'histoire, l'équipe affronte dans un premier temps une Sue Storm qui n'est autre que la Madame Hydra d'un univers parallèle. J'avoue qu'elle a du potentiel en méchante m'dame Richards. ;o)
Ils enchaînent ensuite avec un autre monde sur lequel c'est Fatalis qui a fondé le "Quatuor Fantastique". Toutes ces petites variations sont plutôt sympathiques, malheureusement, après le premier effet de surprise, la suite s'éternise souvent en d'interminables combats que même Morph ne parvient pas à tirer du marasme malgré ses pourtant réjouissantes pitreries.
La fin est du même acabit. Lourdingue, sans intérêt, sans le moindre début d'émotion. Car c'est bien là que le bât blesse. Les relations entre les personnages sont si pauvres, si mal décrites, qu'il est tout bonnement impossible de s'enflammer pour eux. Même lorsqu'ils évoquent leurs pertes passées ou se séparent, rares sont les émotions qui se dégagent péniblement des scènes.
Peut-être suis-je finalement trop hermétique au concept malgré mes efforts, mais je continue de penser que sans dynamique de groupe (que l'on trouve chez les Vengeurs, les Runaways ou encore les Thunderbolts), il est bien difficile de créer de l'intérêt chez le lecteur. Comme quoi, sans le côté humain, un multivers peut très vite devenir aussi chiant qu'un grille-pain (alors, la dernière fois un abruti est venu me gonfler parce que j'avais associé le boulot de comptable avec l'ennui, donc si vous fabriquez des grille-pains, ou que vous en vendez, ou que, d'une manière ou d'une autre, c'est quelque chose qui compte énormément pour vous, épargnez-moi votre argumentation, je m'excuse à l'avance d'être aussi insensible à l'attrait indéniable de cette magnifique machine).

En conclusion, ben c'est les Exilés. Donc vous voilà prévenu. En plus c'est cher et le papier est pourri.
L'encre sent bon par contre. A 27 euros, faut aimer les plaisirs olfactifs quoi.