12 décembre 2009

18ème mois de détention pour le vrai Spider-Man

Il se sera fait attendre mais le Spider-Man #119 de décembre est enfin arrivé. Et ce n'est pas spécialement un très beau cadeau de Noël.

Il y a déjà un an et demi que Brand New Day commençait en France et que Marvel substituait au seul et vrai Tisseur le pâle ersatz que l'on connaît. Je ne vais pas refaire la liste de toutes les incohérences et mauvaises décisions, les épisodes du mois sont suffisamment éloquents.
On commence par un petit arc en deux parties dans lequel Peter accompagne Harry Osborn voir son ex femme et son (malheureusement toujours actuel) mioche. Dan Slott en profite pour tenter de nous expliquer pourquoi Harry est revenu d'entre les morts. Théorie vaseuse à base de sérum de Bouffon et de tour de passe-passe orchestré par Norman et Mystério. Mais c'est surtout l'explication sur la reconstruction de la maison des Parker qui vaut le coup. Ah oui parce que, si vous ne le saviez pas, les maisons aussi ressuscitent maintenant. D'ailleurs, le mois prochain, Slott et Quesada expliqueront comment la dinde du repas de Noël des Parker a finalement réussi à s'en tirer l'année dernière. Tant qu'à faire n'importe quoi, autant aller jusqu'au bout.
Ah, et on nous reparle un peu du tueur aux tracers, vous savez, cette intrigue qui rendrait même un Derrick palpitant.
Les dessins sont de Mike McKone. On ne peut pas lui en vouloir de participer à ça, il faut bien manger.

On continue dans la douleur avec un épisode centré cette fois sur Betty Brant. Elle est d'ailleurs qualifiée par Grasse de "membre légendaire du mythe de Spider-Man". Oui parce que Mary Jane, on s'en cogne, qu'elle dégage, mais l'autre greluche fadasse, c'est une putain de légende. Mieux vaut lire ça que de s'arracher les yeux, m'enfin, l'envie est là. Mark Waid au scénario et Barry Kitson au dessin.
Là attention, y'a quelques trucs magnifiques à savourer. Parker qui fait du speed dating par exemple. A un moment, une fille appelée Boobs, heu non, Babs, avec un énorme décolleté et des yeux qui crient "braguette", lui fait un signe de la main. Et lui il fait quoi ? Il fait signe et il se barre. Il a mieux à faire, il va retrouver sa tantine ! Qu'il appelle "jolie dame" (ça devient vraiment malsain quand même). Ce n'est pas tout, Betty Brant, qui trouve que May Parker est géniale, espère qu'elle... trouvera quelqu'un de bien !!! Là, je relis une deuxième fois, je pigeais pas de quoi elle parlait (ou plutôt j'avais peur de comprendre). Mais si, apparemment, la tantine est prête pour démarrer une nouvelle vie amoureuse. D'ailleurs Brant lui a déjà trouvé un prétendant.
Déjà qu'elle s'était tapé Jarvis quand elle habitait la tour des Vengeurs... elle a finalement une vie sexuelle plus intense que celle de son neveu.
Il y a tout de même quelques moments sympathiques qui surnagent, comme le final, plutôt émouvant finalement (et bien amené). Seulement le problème c'est qu'il est très difficile de faire abstraction de la bouse qu'est devenu ce titre pour pouvoir les apprécier. Surtout si l'on compte les éternels poncifs improbables, comme le coup des proches toujours trop débiles pour ne pas faire le rapprochement entre Peter et Spidey alors qu'il se barre systématiquement lorsque son alter ego intervient. Même quand ils sont dans le New Jersey, où Spider-Man n'a rien à faire, ça ne choque personne.
Dans l'ensemble c'est tout de même plus lisible que le mois dernier. On se console comme on peut.

Et l'apothéose, le clou du spectacle, deux merdes issues du King-Size Spider-Man Summer Special. Déjà, un summer special en décembre, c'est bien trouvé. C'est tout Panini ça, toujours le sens de l'à-propos. Comme si il n'existait pas des épisodes de Noël qui traînent. Enfin, on n'en est plus là.
Dans la première partie, MJ et diverses super-héroïnes vont devoir affronter un shampooing (ben quoi ?). Je suppose que ça se veut parodique. Y'a une ou deux vannes où on sourit, m'enfin, pas de risque de se faire un claquage facial non plus. Ensuite il y a deux pages sur Spider-Man et Modok qui vont acheter un siège chez Ikea (le pire c'est que je ne déconne pas). Franchement, les mots me manquent... en tout cas j'ai déjà vu des trucs amateurs (et gratuits) bien plus drôles que ça.

Nous sommes en décembre 2009 et il n'y a toujours pas de Spider-Man dans Spider-Man.
A réserver aux amateurs de gérontologie ou aux nostalgiques hardcore et (très) peu exigeants.
(ah, j'allais oublier, Panini vous offre une revue en cadeau, perso j'ai eu le Spider-Man HS #16, je l'avais déjà mais on dit que c'est le geste qui compte non ?)