04 février 2008

VO contre VF : avantages et inconvénients

Pour le nouveau lecteur fraîchement débarqué dans le Marvelverse, le dilemme du choix entre VO et VF reste posé. Mais outre la barrière de la langue, quelles sont les différences notables entre ces deux versions d'un même travail ?

La Terre Sainte des Puristes
La VO possède un pouvoir attractif indéniable. Aucun intermédiaire (ou presque) entre auteurs et lecteurs, c'est un luxe dont beaucoup répugnent à se priver, souvent avec raison. Bien évidemment, l'import a un coût. Il peut cependant être limité par bien des manières (achats groupés, vendeurs acceptant certaines remises pour les clients réguliers, taux de l'euro, etc.).
De toute évidence, lorsque l'on décide d'opter pour la VO, le coût d'expédition doit être l'un des obstacles à contourner au plus vite. C'est très possible, même sur des sites bien connus, à partir du moment où vous parvenez à vous mettre d'accord avec un commerçant sérieux (si vous commandez un comic dans l'année, il est évident qu'il n'y a rien à négocier, si vous êtes un acheteur régulier, les frais de port peuvent être fortement diminués voire...annulés).
La VO, c'est aussi une musique particulière, c'est évident. Les mots raisonnent différemment, l'ambiance change de manière subtile, les répliques ont une autre saveur, bref, le charme existe et est indéniable à moins d'éprouver vraiment une peur bleue à la simple évocation de la langue de Bendis. Enfin, Shakespeare plutôt (c'est le Stan Lee d'une autre époque pour ceux qui ont du mal à suivre ;o)).

De l'autre côté de l'Atlantique
Eh bien oui, Spidey, Wolvie, Cap et Tony parlent français. Ou, enfin, essaient, suivant le talent des traducteurs. Le charme opère-t-il toujours ? Bah, pas forcément, mais il y a de réels avantages à cette transposition.
Le prix tout d'abord. Eh oui, tout naturellement, une BD déjà exploitée et rentabilisée est moins coûteuse lorsqu'elle arrive chez nous. Ainsi, alors que nos amis américains déboursent 3 $ pour un épisode de 22 planches, nous allons avoir notre ration de 88 pages pour moins de 5 €.
Le budget nécessaire n'est pas la seule bonne raison en faveur de la VF. La pub, notamment, joue un rôle non négligeable. Alors que la VO (kiosque) est véritablement gangrenée et qu'une page sur deux ou trois est une incitation commerciale, la VF échappe à cette dérive. Sur le fond, évidemment, ce n'est pas grave car l'on n'est privé de rien, mais sur la forme, la VO ressemble parfois à un vague prospectus publicitaire. Ce n'est pas très joli quoi.
Bon, la VF est meilleure marché, sans pubs, mince alors, il n'y a que des avantages ?
Heu...non.
L'un des plus grands inconvénients qui existent, pour les passionnés que nous sommes, c'est le temps. La VF, pour des raisons fort compréhensibles, a un temps de retard sur la VO. Il est, de nos jours, très raisonnable (quelques mois, moins d'un an en général) mais peut inciter les plus passionnés à franchir le pas.

Et si l'on jonglait entre les deux ?
A mon avis, c'est une bonne idée. ;o)
Pour des raisons pratiques et financières, il est intéressant de puiser très largement dans une VF qui, si elle n'est pas parfaite, peut s'enorgueillir de comics kiosque de grande qualité, notamment en ce qui concerne le papier. Si les parutions librairie n'ont pas à rougir de leur support (sauf exceptions, les Monster par exemple), l'intérêt, en comparaison de la VO, est déjà moindre.
Si il existe très certainement un juste milieu, il se doit avant tout de répondre aux attentes de chaque lecteur.
Lorsque certaines séries, ou certains ouvrages, sont exclusivement disponibles en VO, le problème ne se pose pas, par contre, lorsque des parutions sont "saucissonnées" dans une revue VF qui ne vous intéresse pas plus que ça, il est alors peut-être mieux, tant au niveau esthétique que pécunier, de prendre directement le TPB original qui rassemble l'arc que vous voulez lire absolument.

Et je fais quoi dans tout ça, hein ?
Ce que tu veux ami lecteur ! Ton choix sera forcément bon puisqu'il répondra à tes souhaits. Si l'on résume, la VF offre donc des comics kiosque à bas prix (et sans le foisonnement de pubs US), et les TPB en VO, eux, permettent d'éviter une traduction parfois approximative et une attente désagréable.
Dans tous les cas, l'éditeur joue un rôle essentiel. Ainsi, Delcourt, par exemple, me semble être une maison habituée à une certaine rigueur. En comparaison, Panini n'a pas que des défauts, forcément, mais semble être vouée à un public plus large et moins exigeant. Dans tous les cas, être en position de quasi monopole (avec tous les droits mainstream et une partie de la production marginale) n'est pas une bonne chose, ni pour le lecteur lambda, ni pour le type passionné qui bosse dans une maison un peu trop sûre d'elle et qui a opté depuis longtemps pour la quantité.
En même temps, à l'évidence, VO et VF restent les deux facettes d'une même passion. Ce sont néanmoins des moteurs, et il est légitime de s'intéresser à la mécanique, surtout lorsque l'on aime les pilotes, car, si l'on est habitué aux sorties de route, voire aux tonneaux, il est beaucoup moins agréable de se retrouver en panne sèche et hors course par la faute d'une équipe trop peu aguerrie ou...motivée.

Et vous ? Qu'en pensez-vous ?
Plutôt qu'un sondage avec les traditionnels "oui", "non", "je ne sais pas", je suis curieux de savoir ce que vous pensez de la traduction en général et de la situation actuelle en particulier.