18 novembre 2008

Quand Peter Parker était Catcheur

Le 100% Marvel Spider-Man #8 accueille la mini-série With Great Power dont l'histoire se déroule aux tout débuts du Monte-en-l'air. Un ticket pour la machine à remonter le temps ?

Lorsque le jeune Peter Parker se fait piquer par une araignée radioactive et qu'il acquiert d'incroyables pouvoirs, il ne lui vient pas à l'idée d'être un héros. Lui dont tout le monde se moquait, qui était le souffre-douleur de ses camarades, qui n'intéressait pas les filles, le voilà capable de tenir tête aux pires brutes, de gagner facilement de l'argent... d'être cool !
Lorsque l'on est encore un adolescent, il est rare d'avoir déjà le sens des responsabilités. La règle vaut aussi pour Peter qui va se laisser étourdir par sa nouvelle vie et la revanche qu'il prend sur les années noires. Il va connaître la célébrité, l'adulation des foules, l'amour de filles dont il n'aurait osé rêver et, au final, une décision, une seule erreur précipitera son destin. Pour qu'un gamin malmené et banal devienne un héros, il suffit parfois d'un peu d'égoïsme.

Revenons tout d'abord un peu sur les 100% Marvel consacrés au Tisseur. Les trois premiers numéros, totalement dispensables, abritaient des arcs de la série Peter Parker : Spider-Man. Les intrigues en cours ne sont même pas bouclées lorsque la collection prend un virage radical avec le fort beau Spider-Man : Blue. A partir de là, le ton (et surtout l'utilité de la collection) est trouvé ; chaque volume dévoilera une mini-série un peu à part permettant de creuser un personnage (avec Toxin par exemple, dans le tome #6, bientôt réédité), de s'éloigner de la continuité (comme dans Spider-Man : Reign) ou d'approfondir des moments particuliers de la vie de notre brave Spidey.
David Lapham (scénario) et Tony Harris (dessin) nous content ici les débuts de Spider-Man. J'en vois déjà certains défaillir en hurlant "encore ?!". Rassurez-vous, ces cinq épisodes sont centrés sur une période peu connue de la vie de Parker : son activité de catcheur. Dans la série originelle, ce bref épisode sportif était bâclé - dans la tradition narrative de l'époque - en quelques cases, ici les auteurs développent en détails la vie de Peter entre le moment où il se fait piquer par la première bestiole qui traîne et la mort de son oncle Ben.

Graphiquement, pas de surprise, les dessins sont honnêtes, sans plus. L'oncle Ben surtout à un aspect assez différent du look habituel. L'histoire en elle-même est plutôt sympathique, même si elle nécessite certains ajustements (mais ce ne seront pas les premiers) avec la continuité. La conclusion est habilement construite (avec un joli piège pour les anciens qui connaissent le déroulement des évènements) mais l'ensemble manque sans doute d'un peu de lyrisme ou de tension dramatique pour rester vraiment gravé dans les mémoires, d'autant que dans le genre "problème d'ados", les Runaways sont, depuis, passés par là en relevant le niveau.

Un essai original mais à l'impact émotionnel mineur.
Il ne m'a pas semblé que la traduction, de Jérôme Wicky, avait à souffrir de défauts, ce qui est suffisamment rare pour être souligné. Petite bizarrerie éditoriale tout de même : ce tome #8 ne comporte pas de numérotation sur la tranche.
Disponible dès le 27 novembre.