02 décembre 2008

Premières Neiges et Messe Maya

Voyons tout de suite ce que nous réserve le Spider-Man #107, disponible dès aujourd'hui, pour clôturer l'année 2008 du Tisseur.

Les deux épisodes de Amazing Spider-Man se déroulent sous la neige et collent donc parfaitement avec l'ambiance du moment. Pourtant la vague de froid qui touche New York n'est pas un simple caprice de la météo mais a une origine mystique, aussitôt décelée par notre bon vieux Doc Strange (devenu, pour l'occasion, l'équivalent marvellien d'Evelyne Dheliat). Spidey et Wolvie vont vite se voir confirmer la chose lorsqu'ils vont tomber sur des guerriers mayas peu loquaces mais très agressifs.
C'est Zeb Wells qui débarque cette fois au scénario, secondé par Chris Bachalo au dessin. Les deux épisodes sont sans doute un peu classiques mais fort bien écrits, avec beaucoup de vannes et un réel enracinement dans la continuité (notamment en rappelant l'implication de Parker avec les Secret Avengers). Le thème maya est plutôt original. A un moment, il est fait référence à un texte sacré appelé "Popul Voh". Pour l'anecdote, sachez que ce livre maya existe réellement, vous pouvez en lire une traduction anglaise ici. Par contre, en général, on l'écrit Popul Vuh, mais bon, les traducteurs ont déjà du mal en général avec le français, on ne va pas les obliger à apprendre le quiché. Hum ? Non, moi non plus je ne connais pas cette langue mais rien que le nom, ça fait son petit effet dans les dîners. Essayez, vous verrez (ça dépend avec qui on dîne aussi hein). ;o)

L'épisode tiré de Spider-Man Family est moins nul que d'habitude, même si le public visé reste très enfantin. On y retrouve Spider-Man et Iron Man affrontant un Arsenal piraté par des gamins croyant s'éclater sur un jeu-vidéo. Mouais. Quand même bizarre ces choix, d'autant que le Spider-Man Family en VO est loin de proposer du matériel bas de gamme, l'on pouvait notamment y retrouver C.B. Cebulski et Skottie Young dans Elemental Evil, une histoire liée au fameux Clan de l'Araignée du Mangaverse. Et c'était quand même bien mieux torché que les one-shots actuels. Et encore ! Panini nous précise qu'ils ont sauté des épisodes volontairement car "les dessins s'adressaient vraiment trop à des enfants". Et donc, quand le scénario s'adresse à des moins de huit ans, ça n'est pas gênant ? Enfin, bref, on a échappé au pire apparemment. Bravo Panini ! Et comme dit dans le courrier des lecteurs de ce numéro : "continuez comme ça !"
Quand tout est parfait, on va pas s'emmerder à changer des trucs non ? ;o)

On termine avec le grand, le génial Warren Ellis (Fell, Nextwave, New Universal) et le tout aussi somptueux Mike Deodato Jr. Je radote parce que je ne peux que vanter les mérites, mois après mois, de leur Thunderbolts, mais c'est plutôt un radotage positif du coup. On a droit cette fois, entre autres, à un monologue de Norman Osborn qui vaut presque à lui seul le détour. Et toujours un habile dosage entre action spectaculaire et dialogues fins, drôles et intelligents (il faut parfois connaître un peu le passé de certains persos pour pleinement les savourer mais bon, rien de trop dur à comprendre). Visuellement, c'est tout simplement beau, peut-être ce qui se fait de mieux à l'heure actuelle dans le genre moderne/réaliste. Les couleurs sont de Rain Beredo qui mérite amplement d'être cité lui aussi tant son travail est à la fois puissant et subtil. Et l'on sait pourtant comme il est difficile d'embellir un dessin en le colorisant (sans doute moins de nos jours que par le passé, mais tout de même).
Bref, nous servir les Thunderbolts au rythme d'un épisode par mois, c'est presque de la cruauté envers le lectorat...

L'année finit en beauté avec la neige de circonstance, les traditionnelles bastons et l'humour qui va bien. Et en plus vous venez de bénéficier d'une introduction à la culture maya. Y'a pas à dire, ça mène à tout les comics !