14 octobre 2007

L'instant blanc

La série New Universal est enfin adaptée en VF dans un 100% Marvel regroupant les 6 premiers épisodes. Un univers de plus au déjà bien bordélique multivers Marvel me direz-vous, certes, mais quand on obtient un comic de cette qualité, on aurait bien tort de s'en plaindre.

Dans le monde entier, le ciel s'illumine. C'est l'instant blanc. Un phénomène céleste inexpliqué en apparence sans conséquence. Mais en apparence seulement, car une révolution conceptuelle est en marche et quatre humains sont maintenant dotés de pouvoirs pour y prendre part. L'univers a envoyé une Justice pour maintenir l'ordre, un Décrypteur pour le bond technologique, une Etoile pour la défense et un Masque Noir pour la révolution spirituelle. Deux hommes et deux femmes portent maintenant la marque et sont devenus... des super-humains.

Le scénario est signé Warren Ellis (l'auteur notamment, dans un tout autre genre, de Nextwave) et le dessin est de Salvador Larroca. Le graphisme est d'ailleurs ce qui frappe le plus dès les premières pages. C'est tout simplement somptueux (la colorisation est de Jason Keith) et on s'en prend plein les yeux. Les personnages ont le visage d'acteurs hollywoodiens, les décors sont magnifiques (ceux dans le "superflux" sont d'une poésie et d'une beauté incroyables), les cadrages variés, bref, impressionnant, rien de moins.

Mais attention, l'histoire n'est pas en reste, nous ne sommes pas ici sur une déclinaison supplémentaire de l'apparition de surhumains sur une terre parallèle avec les conséquences politiques qui en découlent (du genre de Supreme Power ou The Authority). Ici, bien que forcément les responsables politiques ou l'armée soient présents, l'accent est mis sur l'aspect métaphysique de l'évolution. Les sources d'inspiration d'Ellis sont nombreuses : informatique, archéologie, chamanisme, manga et sans doute un bon paquet de films... des visions d'un "Wicasa Wakan" (docteur du mystère) indien, provoquées par la drogue, aux matrices informatiques (à la Matrix), en passant par les ruines d'une cité oubliée qui existait à une époque de monstres et de magie, des éléments bien disparates et étranges se mélangent pour au final créer une intrigue passionnante dans laquelle on plonge avec un plaisir intense.
Néanmoins, pour ceux par exemple qui ont été traumatisés à vie par le monologue de l'Architecte dans Matrix, ne vous inquiétez pas, ce n'est pas aussi abscons et les explications sont fournies à petites doses. ;o)

La mauvaise nouvelle c'est que la série en est restée là pour l'instant. La bonne c'est qu'une suite est prévue pour 2008 (d'ici la VF, cela va donc faire un fort long moment d'attente). Un mot aussi sur le "pour lecteurs avertis" présent sur la couverture. Cela semble un peu exagéré, le texte étant très correct et la violence se limitant à une seule scène un peu gore. Pas de quoi donc se priver d'un tel plaisir de lecture, même pour les plus jeunes.

A mi-chemin entre science-fiction et réflexion philosophique, une oeuvre riche et visuellement sublime que l'on peut considérer comme totalement incontournable (d'autant que hors continuité et donc accessible même aux novices).

Le trailer du site Marvel

ps : le trailer ne rendant pas vraiment justice à Larroca, je vous conseille plutôt de feuilleter le comic en librairie afin de vous faire une idée de l'aspect graphique.