Echo, la nouvelle série de Terry Moore
Conspiration, arme secrète et désert californien sont au menu de Echo, une série dont le premier tome sort en VF aujourd'hui.Julie Martin se trouve au mauvais endroit au mauvais moment. Alors qu'elle prend des photos dans un endroit désertique de Californie, une immense explosion survient. Ses effets se font sentir à des dizaines de kilomètres à la ronde. Bientôt, la jeune femme est recouverte par les retombées. De mystérieuses bulles de métal liquide s'accrochent à elle et recouvrent une partie de son corps.
Pour Julie commence alors les ennuis. Son mari, dont elle est séparée, ne veut rien savoir d'elle. Le médecin qu'elle contacte pour la débarrasser de son étrange plastron métallique croit à une mauvaise blague. Et surtout, l'armée et une employée du NSB particulièrement efficace sont maintenant sur ses traces. Car, évidemment, l'explosion cache une arme qui doit rester secrète mais aussi un meurtre... et peut-être pire encore.
Dans cette course à la vérité, Julie ne pourra compter que sur un Park Ranger, une bande de motards et les pensées d'une jeune pilote d'essai décédée pendant ce qu'il est convenu d'appeler l'incident de Moon Lake.
Après l'excellent Strangers in Paradise, difficile de ne pas succomber à l'attraction d'une nouvelle
histoire écrite par Terry Moore. L'artiste, qui signe ici scénario et dessins, publie là sa deuxième série indépendante mais il a également officié chez Marvel sur Runaways et Spider-Man loves Mary Jane, des titres peu connus du grand public mais au fort potentiel.
histoire écrite par Terry Moore. L'artiste, qui signe ici scénario et dessins, publie là sa deuxième série indépendante mais il a également officié chez Marvel sur Runaways et Spider-Man loves Mary Jane, des titres peu connus du grand public mais au fort potentiel.Ce premier volume de Echo, intitulé "L'incident", contient les cinq premiers épisodes et permet de planter le décor et de se familiariser avec les personnages principaux. Les amateurs de SiP ne seront pas étonnés de retrouver quelques éléments de prédilection chers à Moore, notamment l'archétype de la femme à la fois forte et fragile, un peu abîmée par la vie. Le fait que la "proie" et le chasseur soient tous les deux des personnages féminins n'est évidemment pas un hasard, les hommes étant ici relégués presque exclusivement au rang de faire-valoir. L'auteur ne leur épargne d'ailleurs pas grand-chose : ils sont têtus, plein de préjugés ou encore incapables de comprendre ce qu'ils ont sous les yeux. Bref, Moore aime les filles, ça tombe bien, nous aussi. ;o)
La grande force du récit repose essentiellement sur les protagonistes et l'émotion qui s'en dégage. Même si l'on est dans une sorte de complot aux relents militaro-technologiques, Echo s'inscrit avant tout
dans une réalité dépeinte avec subtilité et douceur. Vie de couple chaotique, moments poignants en compagnie d'une soeur psychologiquement traumatisée, petites galères quotidiennes et gros coups durs, tout cela rend l'héroïne à la fois crédible et profondément touchante. Presque une marque de fabrique maintenant de la part de Terry Moore. Les dessins, eux, sont en noir et blanc et plutôt de bonne facture. Rien de transcendant non plus.
dans une réalité dépeinte avec subtilité et douceur. Vie de couple chaotique, moments poignants en compagnie d'une soeur psychologiquement traumatisée, petites galères quotidiennes et gros coups durs, tout cela rend l'héroïne à la fois crédible et profondément touchante. Presque une marque de fabrique maintenant de la part de Terry Moore. Les dessins, eux, sont en noir et blanc et plutôt de bonne facture. Rien de transcendant non plus.Ce premier tome est édité par Delcourt. Bonne traduction à part l'expression "gent féminine" que l'on retrouve écrite sous la traditionnelle forme incorrecte "gente" (qui est un adjectif et non un nom et qui, en plus, n'a aucun rapport au niveau du sens avec "gent"). Agaçant.
Niveau bonus, l'on bénéficie des covers (mais en noir et blanc) ainsi que d'un petit sketchbook de trois pages. Signalons enfin l'élégance de l'éditeur qui n'hésite pas à citer les éditions Kymera dans le petit topo sur les ouvrages du même auteur.
Une série plutôt bien partie et bénéficiant du style, fluide et efficace, de Moore.



7 commentaires:
Très bon ce petit Echo, je le recommande également et attend la suite avec impatience.
Tu sembles le seul à t'être intéressé à cette petite série. ;o)
non non...
pas le seul!
je l ai feuilleuté cette semaine et il a l air pas mal.
j avoue que j attendai de voir ce que tu penserais des dessins apres tes prises de position anti noir et blanc ( que tu as quelques peu revues d ailleurs sans trop oser le proclamer haut et fort lors de ta presentation de l encyclopedie,le mois dernier, et dont le nom m echappe) et anti independant style (je sais, je caricature, reste calme!):
en effet, j ai ete assez surpris de ce dessin tres inde, en ligne claire, pas du tout comics et donc en opposition avec le sujet de base qui lui avait l air de faire tres comics, justement...
je pense donc que je l essaierai des la fin de la vague de parution des series habituelles mi juin pour en avoir le coeur net.
Si tu as un avis sur ce point là, je suis curieux de le lire!
a+ et desole mais j aime vraiment pas les accents sur le clavier (ca a failli etre mon pseudo: sans accent!
"tes prises de position anti noir et blanc"
--> C'est un peu trop dire. Je n'aime pas le N&B mais je ne suis pas "anti" pour autant. C'est plus une histoire de goput là. D'ailleurs, paradoxalement, The Walking Dead, probablement ma série préférée, est en N&B. Comme quoi, le talent peut tout faire passer.
"que tu as quelques peu revues d ailleurs sans trop oser le proclamer haut et fort lors de ta presentation de l encyclopedie"
--> J'ai présenté une encyclopédie le mois dernier ? Je ne vois pas du tout de quoi tu parles là.
"anti independant style"
--> Je ne suis pas du tout non plus anti "indépendant", en voilà une idée ! ;o)
Je me moque plutôt souvent de l'underground (ce qui est différent déjà) à cause d'un manque de soin, parfois, dans la forme.
Le dessin à la Spiegelman, j'avoue, j'ai du mal.
"en effet, j ai ete assez surpris de ce dessin tres inde, en ligne claire, pas du tout comics"
--> Mais c'est quoi un dessin "comics" ? Je suppose que tu fais référence à Marvel et DC, mais même chez les deux géants, il existe des styles très différents. Quand tu vois du David Mack, du Michael Gaydos ou du Alex Maleev, on est quand même loin de l'idée que se font en général les gens du style "comics".
Le comic, c'est simplement le tuyau, pas ce que l'on fait passer dedans. Templesmith aussi fait du comic, mais il est très loin de respecter d'éventuels codes imaginaires.
;o)
ce que j appelais encyclopedie, c etait "understanding comics"; il s agit peut etre plus en fait d un manuel ou... je ne sais pas, tiens!
je faisais donc reference a la phrase ci dessous:
"Personnellement, ce livre m'a permis de remettre en cause des idées bien arrêtées que je pouvais avoir sur le noir & blanc, le minimalisme ou l'abstrait. Je ne dis pas que ce que je n'aimais pas avant me plaît mieux aujourd'hui, juste que je comprends mieux."
"C'est un peu trop dire. Je n'aime pas le N&B mais je ne suis pas "anti" pour autant"
je t avais bien dit que je forcait le trait!
par dessin "comics", j entendait bien cela (style sup heros marvel/dc pour le diffencier du style bd plus generaliste et europeen, par exemple), mais meme chez tout ces dessinateurs que tu as enumere, l on retrouve quand meme des points commun dans le style souvent noir/realiste ou dans l apologie de la masse musculaire (ou mammaire, d ailleurs aussi) de nos chers heros.
Là, de ce que je m en souviens, le style se referait plus directement au style independant ( j entends par la le style intello new yorkais, par exemple, ou meme parisien) et est meme assez feminin, je trouve, dans la maniere de montrer les expressions des visages et les postures des personnages.
si tu me demande ce que j entends par feminin, j aurais bien du mal à le definir, c est une impression, quoi...
sans accent.
Ah ok, Understanding Comics c'est un essai en fait.
"mais meme chez tout ces dessinateurs que tu as enumere, l on retrouve quand meme des points commun dans le style souvent noir/realiste ou dans l apologie de la masse musculaire (ou mammaire, d ailleurs aussi)"
--> Dans les Alias de Gaydos, Jessica Jones est tout sauf musclée ou disproportionnée au niveau mammaire. ;o)
" meme assez feminin, je trouve, dans la maniere de montrer les expressions des visages et les postures des personnages."
--> Dans Echo je pense que c'est lié à Terry Moore. C'est d'ailleurs encore plus flagrant dans SiP. Le type a une sensibilité particulière et une manière très intéressante de traiter ses persos féminins.
C'est un peu ce que j'appelais dans l'article sa "marque de fabrique".
oui, il faudra que je me penche sur SiP, je n ai jamais oser attaquer à cause de ce style "feminin", bien que plus colore: j avais peur que le cote pastel et un peu trop joli des dessins ne reflete trop un scenario trop gentil lui aussi, mais d apres tous les commentaires sur ton site, ces dessins agiraient peut etre plus en contre point ou au moins en complement d un scenar plus noir.
pour les alias de gaydos, je suis tout a fait d accord avec toi, mais tu reconnaitra que cette serie etait vraiment a part dans l univers marvel et qu elle visait peut etre plus un public indé entre guillemet (d ou son integration en ligne max et non marvel classique); milieu duquel au moins bendis est issu, ce qui se sent dans ses dialogues, d ailleurs.
gaydos est d ailleurs plus a l aise dans un style polar classique et chronique sociale que dans le style super heroique, l apparition de cap dans alias n etant pas particulierement impressionnante graphiquement parlant.
cette remarque sur son alias est d ailleurs tout a fait valable a mon sens sur le daredevil de bendis; par maleev si ma memoire est bonne.
c est d ailleurs cette serie qui m a reconcilie avec les comics et ce n est pas un hasard: un rejeton du polar inde aux dialogues et à la realisation (j utilise le terme a dessein tant les decoupage et meme la lumiere sont cinematographiques)ultra realistes m ont fait renouer avec ce style mazzucchelli/ miller; mais son style opere neanmoins beaucoup moins bien dans les scenes d action pure que dans les scenes de climat.
le successeur de maleev dans les arcs brubaker, je ne me souviens plus de son nom, reprend son style mais de maniere plus dynamique et convaincante dans les scenes superheroiques.
bref je digresse et j ai un peu perdu le fil, moi.
on va rentrer la viande au torchon, maintenant.
bin bien.
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