26 octobre 2007

Retour des Runaways !

Les Runaways reviennent en VF dans un format Deluxe avec une saison 2 qui était encore inédite dans nos contrées. Joie et bonheur dans ta chaumière ô fan des fugitifs qui vient ici traîner fugacement tes guêtres !

Il s'en est passé du temps depuis les premiers épisodes en Mini Monster... il y avait eu bien sûr une petite apparition pendant Civil War, avec un tie-in partagé avec les Young Avengers, mais plus de publication spécialement dédiée à nos jeunes amis californiens depuis des lustres. Voilà une lacune fraîchement comblée avec ces épisodes, sortis hier, et couvrant tout un pan de l'histoire qui nous manquait pour comprendre les changements intervenus au sein de l'équipe.
Nous assistons donc ici à l'arrivée de Xavin et Victor, des persos que l'on avait découvert dans le tie-in cité plus haut sans que l'on sache bien, à l'époque, d'où ils débarquaient.

Pour ce qui est des péripéties, notre petite équipe n'en manque pas. Les Runaways vont d'abord se retrouver pourchassés par un groupe d'ados cherchant à "décrocher" de l'héroïsme (ils ont un club style alcooliques anonymes). Tiens bah, Phil Urich en fait partie, vous savez, le type dont parle Christian Grasse, tout au long de ses éditos dans Civil War Extra, en le confondant avec Ben Urich. Bon, y'a juste quelque chose comme 30 ans d'écart entre les deux, l'erreur est donc toute excusée. ;o)
Outre les apprentis héros en sevrage, Nico et sa bande vont devoir démêler une sombre affaire dans laquelle la Cape est impliquée, ce dernier étant accusé d'avoir violemment agressée sa collègue et compagne, la douce et noble Epée. On rajoute à ça les Démolisseurs, le rejeton d'Ultron, un super-skrull et les New Avengers au complet et on aura fait le tour des guests.

Autant le dire tout de suite, c'est toujours aussi bon. Toujours Brian K. Vaughan au scénario. Pour les dessins, l'on retrouve aussi Adrian Alphona qui passe ensuite le relais à Takeshi Miyazawa (le type qui officiait sur Spider-Man loves Mary Jane). Le graphisme est donc typique des deux artistes, doux, presque enfantin, mais particulièrement beau.
Les personnages restent toutefois la grande force de la saga. Là où des Young Avengers cherchent à singer leurs aînés, les Runaways, eux, se méfient des adultes. Livrés à eux-mêmes, ils conservent une certaine innocence, une fragilité touchante que les jeunes Vengeurs n'ont pas. Ils ne sont pas pressés de grandir, le vrai monde les a déjà trop déçus. Sans ce rattachement au monde adulte et ses contraintes, ils deviennent ainsi presque l'incarnation de cet espoir naïf, éprouvés par bien de jeunes enfants, qui consiste à croire que l'on peut échapper au pire en y croyant suffisamment fort ou en étant soudés ou en inventant je ne sais quelle supercherie pour tenter d'arrêter le temps. Mais nous, hélas, savons que ce combat est perdu d'avance. Les adultes gagnent toujours à la fin. Cette lutte est la plus inégale et pathétique qui soit car, quoi que vous fassiez, vous êtes condamnés à rejoindre l'autre camp. Et tôt ou tard, que l'on soit un fugitif ou que l'on attende bien tranquillement le moment funeste, un jour le reflet dans le miroir vous sourit et, avec une voix cassée et un regard dur, l'adulte que vous êtes devenu murmure à l'enfant que vous étiez "je t'ai eu... j'ai pris ta place. Pour toujours."

Heu, hum, j'en reste là de mes digressions sur l'enfance. Ah ben j'en vois certains pousser des soupirs de soulagement et se dire "ah, mais alors, c'est quand qu'il râle sur Panini ?". Ben oui, j'y viens. Un peu de patience tout de même ! ;o)
Alors, les bonus. Ahlala, les sacrés bonus ! On fait vite le tour en général mais alors là, ça va être du super rapide, accrochez-vous. Les covers et 7 planches de croquis. Pas lourd donc mais, pour une fois, je suis moins sévère car il s'agit d'épisodes inédits. Enfin, on peut noter tout de même que l'éditeur nous annonce sur le replis de la jaquette (ah, bien sûr, toujours une cover noire, sans dessin, seule la fragile jaquette bénéficie d'une illustration) que "les covers originales, des croquis et d'autres surprises complètent le programme". Les covers et les croquis, je les ai trouvés. Les autres surprises, je cherche encore. Y'a des bonus cachés ? Faut gratter le nez d'un perso pour faire apparaître un truc ? Si c'est ça, c'est bien fichu. Si c'est pas ça, ça serait-y pas qu'ils racontent n'importe quoi ? Hmm ?
La traduction est relativement correcte si ce n'est une petite nouveauté dans la série "je malmène la langue pour faire branchouille", l'apparition du "ç'a", comme dans "j'ai placé les royalties de mon bouquin et ç'a fini par rapporter". Ce n'est même pas une erreur d'inattention car cette étrange abréviation est utilisée deux fois dans ce recueil. Les contractions en anglais, je veux bien, mais trouver le moyen d'écrire "ç'a fini" à la place de "ça a fini", c'est chaud quand même niveau "j'fais c'que j'veux avec mes phrases" (tiens, là je contracte, ça devient familier, mais ça reste correct, contrairement au "ç'a").

Pour conclure, n'hésitez pas à vous procurer cet excellent comic au prix un peu élevé mais tout à fait justifié par la qualité du contenu qu'une adaptation... disons... "souple" ne parvient pas à dégrader. Evidemment, mieux vaut vous procurer le début de l'histoire, dans le cas contraire, un petit rappel sur les différents persos ne sera peut-être pas inutile.

ps : ajout de Captain Marvel dans les Figurines.