16 mai 2014

X-Factor : La Fin

Le long run de Peter David sur X-Factor s'achève ce mois dans un Marvel Monster, fraîchement sorti en librairie.

X-Factor, laissée aux bons soins du scénariste Peter David, aura su s'imposer durablement comme une série mutante de qualité, peut-être même la mieux écrite et la plus agréable à suivre. L'auteur officie sur le titre depuis plusieurs années et a mis en place une galerie de personnages des plus attachants, d'abord avec la série Madrox, puis sa suite directe dont on découvre ici la conclusion.
X-Factor a été à l'origine publiée dans différentes revues kiosque, comme Astonishing X-Men ou X-Men Universe. Un Monster avait cependant déjà été consacré à l'équipe en 2011. Une publication loin d'être homogène donc, mais qui a le mérite d'être complète (et il faut dire que d'autres titres, comme les Runaways, ont été bien plus maltraités chez Panini).

Ce n'est pas moins de 16 épisodes qui sont réunis ici. Au dessin, l'on retrouve Leonard Kirk, Paul Davidson, Neil Edwards et Carmen Carnero. Rien à dire de ce côté-là, c'est plutôt sympathique sans être à tomber par terre. 
Niveau intrigue, autant le dire tout de suite, si vous n'avez pas suivi la série, vous ne comprendrez absolument rien. Panini évidemment se garde bien de présenter les personnages et se contente d'un petit édito pour résumer la situation. C'est tellement mal fait et succinct qu'on dirait une parodie. Je vais le reprendre, mot pour mot, histoire de se marrer un peu : "Pip a été tué par une belle inconnue clamant que Facteur-X allait tomber. Havok a quitté l'équipe en laissant derrière lui Polaris, qui venait de découvrir la vérité sur la mort de sa mère. Rictor et Shatterstar sont de retour après avoir aidé Rahne à sauver son fils, Tier, même si Darwin rôde encore. Theresa est devenue une déesse et Guido, qui n'a plus d'âme, s'en est allé en compagnie d'un mystérieux individu. Monet ne montre plus sa poitrine. Longshot est toujours dans les parages. Et une certaine Jézabel trame dans l'ombre... Quant à Madrox et Layla, ils sont partis se marier !"
Voilà, le résumé "paninien".
Tout est tout de suite plus clair, non ? ;o)

Pas moins de quinze personnages différents sont cités dans la simple "piqûre de rappel" de l'éditeur. Autant vous dire que l'équipe s'est étoffée depuis ses débuts (cf. cette présentation de quelques personnages). Quant à Layla Miller, la "petite fille qui sait tout", apparue pendant House of M, elle a bien grandi. Heureusement d'ailleurs puisque, comme elle l'avait prédit, elle a fini par épouser Madrox. Le premier épisode commence d'ailleurs après leur nuit de noces, à Vegas. 
On enchaîne ensuite sur un arc assez long où l'on voit les différents aspirants au titre de Seigneur des Enfers s'affronter. Pour cela, ils doivent buter le sept milliardième être sur Terre, qui se trouve être le fameux Tier, fils de Rahne, que Darwin souhaite trucider avant tout le monde (mais ça part d'un beau geste, il veut éviter l'apocalypse). 
Le dernier arc, lui aussi assez long, fait le point alternativement sur tous les membres de l'équipe, qui ont été séparés après le dénouement de l'affrontement précédent.

Il est sans doute un peu dommage que l'ambiance très polar et réaliste des débuts ait peu à peu cédé le pas à quelque chose de plus fantastique et traditionnel (traditionnel pour le marvelverse), avec voyages dans le temps et autres dimensions parallèles. Néanmoins, l'on retrouve tout ce qui fait la qualité de l'écriture de Peter David, notamment l'humour constant et les répliques bien senties (cf. quelques anciens extraits dans les scènes #38, #45 et #52 du bêtisier).
Les personnages conservent également une dimension tragique, notamment dans leurs vies personnelles, souvent bousculées par de nombreux drames (on se souvient par exemple de la scène choc, détaillée dans cet article, où Madrox "absorbait" involontairement le bébé de Theresa). La belle Monet connaît ainsi elle aussi de sérieux soucis, tout comme Guido, dont les actes, violents et surprenants, reposent sur des motivations bien humaines auxquelles le lecteur ne peut qu'être sensible.

Bref, ça fonctionne, même si ça part un peu dans tous les sens, Madrox et son équipe sont maintenant trop familiers pour que l'on reste de marbre devant les péripéties qu'ils rencontrent. Des dialogues fins, des personnages profonds, un humour subtil et des drames inattendus ont permis à la série d'atteindre une rare qualité. Si ce long run ne se termine pas en apothéose, il offre toutefois une fin honnête, douce-amère, qui sera bien évidemment le début d'une nouvelle série. Mais c'est une autre histoire...
Niveau bonus, il n'y a rien (le Monster est déjà bien rempli, donc ça se comprend), mais même les covers sont balancées en petites versions pour les entasser à deux ou trois par page. Un peu mesquin tout de même, surtout à ce prix-là.

Un petit pincement au cœur pour le final d'une excellente série.
A réserver cependant aux initiés, les autres risquant d'être totalement perdus.

+ un excellent run de Peter David
+ personnages travaillés, aux relations complexes 
+ humour
- menaces démesurées qui nuisent au charme de la série
- totalement abscons si l'on n'a pas suivi depuis le début