19 septembre 2009

La lesbienne, la citrouille et le calibre

Derrière ce magnifique titre d'inspiration La Fontainèsque se cache le dernier volume en date du Punisher dans la collection Max : "La résurrection de Ma Gnucci".

La lesbienne c'est le lieutenant Von Richtofen, une dure à cuir qui n'aime pas trop que l'on s'approche de sa petite amie. La citrouille est la meilleure amie de Charlie Schitti, un pauvre bougre qui bossait pour la famille Alceno et qui a été condamné à mort parce que le fils du boss, à qui il servait de garde du corps, s'est fait arracher dans un zoo... un truc auquel les mecs tiennent particulièrement. Quant au calibre, il accompagne bien sûr le vieux Frank, toujours sur le coup.
Ces trois là vont être mêlés de près au retour de Ma Gnucci, pourtant liquidée autrefois par le Punisher. La vieille carne, privée de ses bras et de ses jambes, a encore de la ressource puisqu'elle parvient à unifier tous les clans mafieux autour d'une croisade contre celui qui les traque depuis si longtemps.
Le carnage peut commencer, les flics seront là pour ramasser les morceaux.

L'on retrouve ici au scénario le bien connu Garth Ennis (Preacher, The Boys, La Pro, Just a Pilgrim), celui-ci a bien terminé son run sur la série Punisher (cf ce tome) mais nous avons droit à un peu de rab puisqu'il s'agit ici d'une mini-série issue de Punisher War Zone, v. II. A ses côtés, Steve Dillon qui fait du Dillon, mais avouons qu'il est tout de même plus à l'aise ici que sur du Wolverine.
Quand on connaît Ennis, on se doute un peu du ton général de cette histoire. Il renoue d'ailleurs ici avec le côté un peu barré et ironique de ses Punisher publiés en 100% Marvel. En plus des tueries, nous aurons donc droit à quelques situations bien scabreuses, parfois à la limite du grotesque. Heureusement, Ennis est très habile à ce petit jeu et il parvient toujours à dépasser les bornes sans pour autant devenir répétitif ou simplement trash. Bien des situations, en dehors de leur aspect violent voire risible, cachent une véritable vision, cynique mais juste, des relations sociales ou de la détresse humaine. On n'atteint pas le niveau d'un Preacher (dont le sixième tome, énorme, vient de paraître) mais le parfum est dans l'air.

Pour ce qui est du récit en lui-même, on retrouve les ingrédients indispensables : du flic, du porte-flingue italien, de l'ordure de base et une nana au caractère bien trempé, histoire de ne pas paraître trop fade face à Castle. Le tout livré avec quelques caisses de munitions et d'explosifs.
Un polar long en bouche, avec une pointe d'amertume derrière l'utra-violence et l'humour. Parfait pour accompagner un bon steak. Saignant de préférence.