Punisher : une dans la chambre
Ils sont huit. Huit généraux particulièrement gênés par le Punisher, surtout depuis l'opération Barbarossa. Ils ont bien essayé de mettre un tueur psychopathe à ses trousses, mais même Barracuda s'est révélé inefficace devant Castle. Les généraux corrompus vont alors avoir l'idée d'opposer au justicier les seuls types qu'il ne pourra pas descendre : des soldats américains.
Le colonel Howe et ses hommes de la Delta Force ont donc pour mission de traquer Castle et surtout de récupérer une précieuse cassette vidéo qui pourrait mettre en péril la paisible retraite dorée que se sont préparée les fameux généraux qui oeuvrent dans l'ombre et tirent les ficelles depuis si longtemps.
Huit généraux.
Et sept balles dans le chargeur. Plus une dans la chambre.
Il est des noms qui resteront longtemps associés à une série tant le passage d'un auteur aura été marquant. C'est le cas de Bendis sur Daredevil, de Vaughan sur Runaways et c'est évidemment le cas de Garth Ennis sur la série Punisher qu'il quitte ici de bien belle façon. Graphiquement, c'est Goran Parlov qui rempile pour l'intégralité des six épisodes regroupés ici, ce qui nous permet d'éviter les approximations d'un Chaykin. Pas plus mal. Notons que Parlov fait ressembler l'un des personnages à l'acteur Morgan Freeman qui "campe" son rôle, plein de sagesse et de contenu, à merveille ! Même dessiné, il joue bien. ;o)
Donc, cette dernière saga d'Ennis met un terme à une sorte de complot dont nous avions eu vent depuis de nombreux tomes et qui avait mené Castle jusqu'en Russie. Le final apporte une réelle conclusion et se fait, parallèlement, sur fond de guerre du Vietnam, les planches étant entrecoupées par des extraits d'un livre (imaginaire) traitant de cette guerre et du Punisher. Evidemment, il faut voir là un parallèle avec des conflits plus actuels, et notamment une condamnation du complexe militaro-industriel et de certaines sociétés (Halliburton étant même citée ouvertement).
Et là, je suis obligé d'émettre une réserve. L'idéologie défendue par Ennis me semble bien trop simpliste (et surtout elle est tellement répandue que l'on ne voit pas la nécessité, pour l'artiste, d'enfoncer le clou). Oh, bien sûr, dans l'absolu, je suis d'accord sur l'essentiel. La paix est
préférable à la guerre. Il vaut mieux qu'un type passe une belle vie au calme, devienne père et grand-père, plutôt que de se faire descendre à 20 ans dans un désert ou une jungle. Et c'est mieux quand il fait beau plutôt que lorsqu'il pleut. Seulement, dans le monde réel, le soleil finit toujours, un jour ou l'autre, par se cacher derrière d'épais nuages et la pluie par tomber.
préférable à la guerre. Il vaut mieux qu'un type passe une belle vie au calme, devienne père et grand-père, plutôt que de se faire descendre à 20 ans dans un désert ou une jungle. Et c'est mieux quand il fait beau plutôt que lorsqu'il pleut. Seulement, dans le monde réel, le soleil finit toujours, un jour ou l'autre, par se cacher derrière d'épais nuages et la pluie par tomber.C'est dans l'ordre des choses. Et l'on ne fait pas plus la guerre pour le pétrole ou la vente de munitions que l'on ne se bat, à l'échelle individuelle, pour de basses raisons économiques. L'homme est, par essence, un prédateur. Nerveux et brutal. Parfois très intelligent, d'autres fois très con, mais il est ainsi fait qu'il est génétiquement programmé pour fuir ou attaquer lorsqu'il se sent menacé. Et l'on ne peut pas tout le temps fuir, sauf peut-être lorsque l'on raisonne dans l'absolu, à l'abri d'un confortable salon parisien où le cuir des épais fauteuils n'a pas le temps de refroidir, chauffé qu'il est par les fesses grasses et larges d'intellectuels pleins de bons sentiments et pressés de condamner les égarements du bas peuple.
Mais revenons à notre propos. A un moment, Ennis, par l'intermédiaire de l'un de ses personnages, compare le Vietnam à la deuxième guerre mondiale et se désespère de ne pas trouver, pour le premier conflit, la noblesse qu'il accorde au second. Il y aurait donc des guerres propres, ou justifiables, et d'autres
non. La deuxième guerre mondiale, avec une industrialisation de l'assassinat d'un côté et le massacre de civils par des bombardements massifs de l'autre, ne me semble pourtant guère plus enviable que le Vietnam. 14-18, avec ses pratiques monstrueuses, semble assez peu auréolée de bonnes intentions également, à moins de considérer le chlore, l'arsine, le phosgène, l'ypérite ou la chloropicrine comme de gentils gaz hilarants. Et même en remontant plus loin, la guerre civile américaine, qui déchira le pays de 1861 à 1865, me paraît assez peu engageante tant il est difficile de prendre en exemple le conflit où le plus grand nombre d'américains trouva la mort.
non. La deuxième guerre mondiale, avec une industrialisation de l'assassinat d'un côté et le massacre de civils par des bombardements massifs de l'autre, ne me semble pourtant guère plus enviable que le Vietnam. 14-18, avec ses pratiques monstrueuses, semble assez peu auréolée de bonnes intentions également, à moins de considérer le chlore, l'arsine, le phosgène, l'ypérite ou la chloropicrine comme de gentils gaz hilarants. Et même en remontant plus loin, la guerre civile américaine, qui déchira le pays de 1861 à 1865, me paraît assez peu engageante tant il est difficile de prendre en exemple le conflit où le plus grand nombre d'américains trouva la mort.Je crois donc qu'Ennis se trompe. Il pense qu'il y a des guerres qui sont propres et que les sales sont évitables, je suis persuadé qu'elles sont toutes dégueulasses et parfaitement inéluctables. Pas à cause du pognon comme on veut nous le faire croire afin de vite nous donner bonne conscience (en nous donnant à ronger les os de bons gros méchants), mais à cause de la nature profonde de l'être humain.
Et au milieu de toutes ces réflexions, Castle surnage. Il s'en tape, il a abandonné le questionnement et a choisi son camp. Il est la plénitude, la Justice dans ce qu'elle a de plus orgasmique. Il a choisi de protéger les innocents plutôt que de trouver des excuses aux criminels. Et en tuant, il sauve des vies. C'est un monstre. Mais un monstre avec une éthique, un code de l'honneur, une morale. Un homme, un vrai. Et c'est tellement rare... même dans les comics.
Quant aux auteurs qui condamnent facilement et dans le sens du vent, c'est leur droit. Mais quoi qu'ils disent, rien ne changera l'homme. Car l'art n'est qu'une parenthèse.
Une courte et jolie parenthèse en attendant la pluie.
Un final manichéen et bien-pensant qui ne convient pas vraiment au vieux Frank. Ceci dit, le talent de conteur d'Ennis est tel que cela s'avale sans que l'on s'en rende compte. Et puis Morgan Freeman joue dedans. ;o)
"[...] c'est ça qui me tue, car quand je suis parti, j'étais un patriote, et ils ont fait de moi un cynique."
Bill Torrance, sous la plume de Garth Ennis.
Les dernières chroniques consacrées au Punisher d'Ennis :
Tome #12 : Long Cold Dark
Tome #11 : Les Veuves se rebiffent
Tome #10 : Quand Barracuda remplace le Punisher
Tome #9 : Mélodie Afghane
Tome #7 : Le Mal par le Mal




23 commentaires:
Décidément dans la série Punisher on aime faire des clins d’œil à certaines stars du cinéma. Déjà dans le Tome 2 : Au commencement : Lewis LaRosa nous avait gratifié d’un Castle aux allures de Clint Eastwood.
Oui pis tant qu'à faire dans la ressemblance, autant se payer les meilleurs. ;o)
Une courte et jolie parenthèse en attendant la pluie. J'aime bien ça meme si c'est assez noir et fataliste.
C'est sombre mais ce n'est pas "fataliste", c'est réaliste plutôt.
Dans le fatalisme, il y a une sorte d'abandon, de "je baisse les bras", que je n'aime pas. Le réalisme, au contraire, permet d'agir au mieux puisque l'on ne nie pas la réalité et que l'on peut donc s'y opposer dans la mesure du possible ou, au moins, limiter ses effets les plus violents.
Il me semble qu'il y a un truc que je ne saisi pas bien dans ta pensée. J'arriverais peut-être à m'en faire une meilleure idée si tu acceptais de répondre aux questions suivantes, si tu veux biens:
1. peux-tu envisager la possibilité d'un conflit auquel tu t'opposerais?
2. si oui, quelles justifications peux-tu imaginer pour ce faire? où tracerais-tu la ligne entre un conflit, non pas moral ou non puisque tu rejettes cette manière de voir, mais acceptable ou non?
Houla. Tes questions sont intéressantes Aigo mais elles mériteraient presque une réponse plus longue que l'article lol.
Bon...
1 : oui
2 : Là, c'est plus long.
Un conflit, c'est tout de même l'acte le plus violent qui soit. C'est autoriser des gens à en tuer d'autres mais, aussi, en envoyer certains (de son propre camp) à la mort. Dans l'absolu, il n'est pas possible de justifier cela. Voilà pourquoi certains, qui ne raisonnent que dans ce mode, ont jeu si facile de condamner et en viennent à un discours simpliste.
Dans la réalité, tout est une question de conflit.
Le pire conflit c'est évidemment la guerre d'état à état où des moyens énormes sont engagés, mais l'on retrouve le conflit ou la menace de conflit à d'autres niveaux, dont le niveau individuel.
Si les hommes se font moins agresser que les femmes, ou si les hommes seuls se font plus agresser que les groupes, c'est une question de conflit. Et si moi je mets ma colère de côté en ne butant pas n'importe quel connard qui me fait une queue de poisson, c'est parce que je sais que cela entraînerait un conflit avec la police et que je ne peux en sortir gagnant. Si je pensais pouvoir gagner le conflit contre la police, je ne respecterais pas la loi lorsque cela m'arrange.
En fait, la plupart de nos réactions (je parle des réactions, pas de la réflexion) sont basées sur le conflit éventuel et non sur la morale.
L'on retrouve cette notion d'évitement et de peur à l'échelle des nations. Lorsque la France et la Grande-Bretagne reculent à Munich devant Hitler et le Duce, c'est parce qu'elles prennent en compte le conflit. C'est une erreur stratégique majeure d'ailleurs, mais c'est une reculade (peut-être la première de l'Histoire) qui est influencée par l'opinion (Daladier, à l'époque, est considéré comme un héros à son retour).
Je ne vois pas de raisons, autres que légitimement humanistes et morales, à l'heure actuelle, de s'opposer aux conflits en cours. Je pense même que c'est une grave erreur de ne pas s'occuper de pays comme l'Iran.
Et, on l'a vu, la morale n'intervient pas dans le conflit, seules la peur et l'évitement sont prises en compte (dans les deux camps souvent d'ailleurs, l'on peut même prendre un camp unique comme dans le cas d'une guerre civile).
Alors, qu'est-ce qui est acceptable ? Je pense qu'il est acceptable de se défendre tant que le camp opposé est une menace flagrante et que l'on ne devient pas des soldats sans honneur (on ne tue pas les enfants ni les femmes si elles ne participent pas aux combats).
Tout le reste, c'est de la soupe pour alimenter des branlettes intellectuelles sans fin.
Attention cependant à bien comprendre ce que je dis, je ne soutiens pas que la morale est absurde ou ne doit pas se discuter, je pense simplement qu'elle est un luxe que peu peuvent se permettre.
Je ne sais pas si ça répond à ta question, mais bon, je n'ai pas forcément toutes les réponses non plus, je ne dispose pas d'un kit idéologique qui me permet de faire face à toutes les situations. Je change même parfois d'avis contrairement à ce que pensent certains. ;o)
Pour donner un exemple concret, je crois que la guerre civile américaine ne pouvait, en rien, se justifier et qu'Abraham Lincoln est le pire imposteur et criminel qui soit. Il a brisé le Sud pour des raisons politiciennes et n'a commencé à mettre l'émancipation dans la balance que pour éviter le soutien européen à la Confédération, ce qui aurait entraîné la chute de l'Union.
Ce type est un monstre, mais sans morale. A l'inverse du Punisher. ;o)
En fait, je vois plus de guerres avortées sans raison que de conflits réellement condamnables. Je parle bien entendu des conflits auxquels nous avons participé, nous occidentaux.
Ah si, je pense que l'agression OTAN contre la Serbie est l'acte le plus épouvantable de ces dernières années. La traque des dirigeants serbes est également une honte. Mais bon, qui se préoccupe de ce vieil allié de la France ? Pas nos dirigeants en tout cas...
Mais en quoi par exemple l'agression contre la Serbie est condamnable alors que celle contre l'Irak, non ?
La Serbie ne nous menaçait en rien, alors que l'on peut trouver 1000 raisons de liquider l'Irak et l'Iran.
Si l'on se met à péter la gueule à nos alliés, ça risque de devenir compliqué. En face, ils sont pas si cons. ;o)
(en plus, les exactions, prisent comme justifications, étaient présentes des deux côtés et même largement plus violentes et répandues chez l'ennemi)
Je ne suis pas certain que Garth Ennis épouse aussi bien que tu le penses les certitudes que tu lui prête. Il écrit une série dont l'essence est manichéenne, il met en scène des discours et des opinions manichéennes largement relayées par les médias de masse, il est logique qu'un personnage bas du front comme Castle raisonne pleinement avec ces cartes et reste dans ces jalons même si sa façon d'agir est extrème, sa façon de penser ne l'est pas.
Ennis travaille à écrire un comics Marvel et n'a pas la latitude de faire un post scriptum à "par delà le bien et le mal" se serait certainement indigeste et contreproductif de s'enliser dans une approche philosophique de la faiblesse et de la force.
Franck Castle est un faible qui use des moyens des forts pour dicter sa volonté qui n'est rien d'autre que celle des faibles: la justice.
Casser ce paradigme c'est comme rendre Batman pauvre, le personnage n'a plus aucun intérêt au sens comics du terme et devient une entité inconnue qui ne réponds plus à l'attente de tous (chief editor, lectorat, autres scenaristes).
Là ou tu penses qu'Ennis s'abandonne a de la pensée prédigérée je crois qu'il prend juste acte des limites de son personnage et de son impact sur l'univers, à mon sens il navigue avec le plus de talent possible dans une marge de manoeuvre beaucoup plus ténue que le postulat de la ligne Max ne le laisse supposer.
Je pense que Garth Ennis est certainement quelqu'un qui doit avoir une réfléxion sur la violence sous toutes ses formes mûrement réfléchie et sans doute très documentée et qu'il serait dommage de tirer des conclusions sur sa réflexion personnelle à partir de son seul travail sur Punisher ou pour Marvel en général.
Si on veut faire parler son oeuvre pour lui, il sera sans doute plus intéressant de décrypter son Preacher ou même ses épisodes d'Authority ayant pour héros Kevin.
Je dis pas qu'on y trouvera une pensée forcement révolutionnaire mais en tout cas des tenants et des aboutissants qu'il aura maîtrisé de A à Z. Et peut être aussi des indices qu'il n'est pas nécessairement prisonnier de la pensée molle et de la morale prise au premier degrès.
Oui, ça répond en grande partie à mes questions. Reste quelques zones d'ombre mais il y en a chez tout le monde.
Si je récapitule, et tu pourras me corriger si je t'interprète mal, en cas de conflits entre États, tu discuteras:
1. de l'existence ou non d'un danger. Si quelqu'un s'oppose à la guerre en Irak en disant que ce pays ne représente pas un réel danger pour nous, tu trouveras le raisonnement logique (pas de danger - non à la guerre), mais tu contesteras le postulat (que l'Irak ne représente pas un danger). En revanche si quelqu'un reconnaît l'existence d'un danger potentiel mais dit que ce n'est pas une raison pour attaquer l'Irak, tu trouveras qu'il s'agit d'un raisonnement pervers.
2. Des moyens employés: si au lieu d'envahir l'Irak les américains avaient balancé une ogive nucléaire sur Bagdad, ça ne t'aurais pas paru légitime (ce qui m'amène à me questionner sur ta position concernant Hiroshima et Nagasaki).
3. De nos solidarités. Une attaque contre un allié est une attaque contre nous, même si l'attaquant pouvait donner des garantis qu'il ne nous menace pas (en supposant que ce soit possible). En revanche, une attaque contre un peuple qui nous est indifférent ne devrait pas nous faire intervenir (du moins pas militairement). Par exemple, les exactions contre les Coptes d'Égypte ne devrait pas nous inciter à attaquer l'Égypte (à moins que tu ne joues de la solidarité chrétienne?).
4. Si les trois points ci-dessus reflètent fidèlement ta pensée, la seule question qui me resterait, ce serait de savoir comment tu envisagerais un conflit contre une grande puissance dotée d'un arsenal nucléaire, par exemple la Chine. (je suis conscient qu'une telle question est purement hypothétique et que ta position pourrais varier selon les circonstances).
Mais là, tu condamne Ennis pour les pensées d'un de ses personnages... Qu'est-ce qui te fait croire que les personnages dont il tire les ficelles sont à son effigie ? Ne penses-tu pas que, ironniquement, il ait voulu dire le contraire de ce que pense ce personnage ?
Je viens de rentrer, je n'ai lu vos interventions qu'en diagonale, j'y répondrai certainement demain.
Me revoilà.
Alors,
Karibou :
"Franck Castle est un faible qui use des moyens des forts pour dicter sa volonté qui n'est rien d'autre que celle des faibles: la justice."
--> La justice, la volonté des faibles ? Heu, pige pas là.
Je ne pense pas non plus que Castle soit faible, il est sans espoir, cynique, jusqu'auboutiste, mais pas faible. En fait, le Punisher est plutôt une force débarrassée des contraintes de la morale absolue (par opposition à une morale réaliste qu'il suit d'ailleurs très strictement).
"qu'il serait dommage de tirer des conclusions sur sa réflexion personnelle à partir de son seul travail sur Punisher"
--> Ah mais dans cet article je parle uniquement du dernier arc du Punisher, pas du travail d'Ennis de manière générale.
Aigo :
Je dirais que c'est à peu près ça.
;o)
Pour les bombes A utilisées sur le Japon, il faut les remettre dans le contexte, à l'époque je suppose que les responsables politiques US n'avaient pas une idée très précise de cette saloperie et de ses effets.
loulou :
"Qu'est-ce qui te fait croire que les personnages dont il tire les ficelles sont à son effigie ? Ne penses-tu pas que, ironniquement, il ait voulu dire le contraire de ce que pense ce personnage"
--> Je le condamne, c'est beaucoup dire, je l'aime bien Ennis, je trouve juste cette fin un peu faiblarde sur le fond.
Il se dégage tout de même de l'histoire un fort sentiment "pacifiste" (ou du moins anti-vietnam), si Ennis voulait, ironiquement, dire l'inverse, il s'y est assez mal pris. ;o)
Je pense que l'effet est totalement voulu et assumé par lui.
Ah oui, j'ajoute qu'Ennis ne condamne pas bêtement les soldats qui ont fait la guerre du Vietnam mais plutôt les politiques, qu'il suppose à la solde des commerçants, eux-mêmes accusés de vivre de la guerre et donc de l'encourager (c'est tellement fin, on dirait du Moore (le gros ou le barbu, c'est les mêmes trous du cul)).
Seulement, si les marchands d'armes s'enrichissent en temps de guerre, c'est un effet de la guerre, pas sa cause. Les médecins ont plus de travail pendant les épidémies, mais ils n'en sont pas à l'origine.
Je n'arrive pas à trouver une image de Morgan Freeman dans la série!
Je vais farfouiller en librairie la prochaine fois,je suis curieux de voir ça. ^^
Voilà une petite planche. ;o)
Merci !
c'(est vrai qu'il y a quelque chose.
Moi je pense qu’un bon auteur, quelque soit son œuvre, essaye toujours, même inconsciemment de faire passer des idées, des perceptions via ses personnages. Et si ce n’était pas le cas, personnellement je m’ennuierais a mourir en lisant un comics.
Franchement, le simpliste combat manichéen du bien contre le mal, Un côté blanc, un côté noir. Le bien gagne sur le mal. Tout va bien, le chaos est évité. Il peut y avoir quelque chose plus de plus profond tout de même.
Ennis, en bon auteur, n’échappe pas à la règle, il fait passer des idées et en effet certaines références ne sont pas anodines.
Après, tout n’est qu’une question d’interprétation du lecteur ex :
@l0ul0u : "Qu'est-ce qui te fait croire que les personnages dont il tire les ficelles sont à son effigie ? Ne penses-tu pas que, ironniquement, il ait voulu dire le contraire de ce que pense ce personnage"
@Neault : Il se dégage tout de même de l'histoire un fort sentiment "pacifiste" (ou du moins anti-vietnam), si Ennis voulait, ironiquement, dire l'inverse, il s'y est assez mal pris.
Ennis a en tout cas réussi à nous faire débattre sur un sujet grave et sérieux dans lequel je ne m’aventurerais pas. L’histoire nous a souvent montré l’inverse de ce que l’on pouvait penser ou espérer.
La phrase un peu bizarre que tu n'as pas comprise est à lire en pensant au precepte métaphysique de Nietzsche "L'essence la plus intime de l'être est la volonté de puissance." ou "être, c'est devenir plus" ainsi qu'a sa pensée sur la dualité de la morale: La morale des forts et celle des faibles.
C'est par là que j'entendais que Castle était un faible ou plutôt le champion des faibles et ceci pas necessairement dans son acception physique mais morale (vu pas Nietzsche), il se comporte comme un fort (domination physique) pour appliquer un principe issu de la morale des faibles (toujours selon Nietzsche): la justice.
Je réalise maintenant que tout ça n'allait vraiment pas de soi, excuse moi de ne pas m'être mieux expliqué, si tu n'es pas familier avec les quelques bribes de pensée de Nietzsche que j'évoque consulte sa page wiki c'est simple et intéressant.
D'autant plus que tu as l'air de te questionner sur des notions assez proches au vu de ta reflexion géopolitique.
Ah oui d'accord, je n'avais effectivement pas compris ça du tout.
Effectivement, le concept de violence du faible semble coller sur certains points : la cruauté, la vengeance, par contre il (le Punisher) ne va pas jusqu'à vouloir abattre tout ce qui est différent, même lorsque les gens ont une morale très éloignée de la sienne (il admire notamment Captain America).
Ceci dit, la conception de Nietzsche de la justice n'est pas si évidente que cela à appréhender. En gros, serait-ce juste de dire qu'il considère qu'elle ne peut pas être un idéal parce qu'elle est basée sur des notions subjectives ?
Parce que si c'est ça, je serais tenté de dire que l'on peut tout de même trouver des exemples de justice objective. Par exemple si un paysan cultive un lopin de terre, il est juste que ce soit lui qui bénéficie des fruits de son travail, et non le voisin qui n'a rien fait. Ou bien la simple idée que l'effort mérite une récompense est-elle déjà une notion subjective ?
Houlala... j'ai pas assez dormi en plus, lol.
Salut Neault, bravo pour ton blog et tes critiques pertinentes. J'aimerais rebondir sur le débat du dernier punisher. Personnellement, j'ai bien apprécié ces derniers épisodes, surtout l'affrontement entre le commando et le punisher, mise en scène de façon jouissive. Après, la partie témoignage de la guerre du Viet Nam est assez réaliste. Ou plutôt bien dans l'ère du temps. Les gens ont tendance de plus en plus à se référer au passé : c'était mieux avant, à mon époque on faisait ainsi, etc ... Quand la société et l'avenir s'assombrissent, les gens trouvent refuge dans des valeurs passéistes, ils idéologisent le passé. Donc pas étonnant que l'on compare la 2° guerre mondiale au Viet Nam, surtout quand l'une a été une victoire, et l'autre un échec.
Et bien, merci d'avoir élaboré ton point. C'était intéressant.
punisher j'aime pas trop, mais par contre j'ai lue tes commentaires et je trouve ça super intéressant comme réflexion, je sais pas trop si j'approuve ou non, même si je comprend bien ou non, mais en tout cas ça fait réfléchir!
kiss!
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