22 septembre 2009

Une reine, quelques félins et un panini indigeste

L'on retrouve la reine du Wakanda, mutante plus connue sous le nom de Tornade, dans le X-Men Extra #76 sorti ce matin.

Ororo Munroe a récemment rejoint les X-Men à San Francisco (cf cet article) mais doit également faire face à ses responsabilités de première dame du Wakanda, le pays dirigé par Black Panther. A trop vouloir jongler entre les deux, la belle finit par se demander si elle ne délaisse pas un peu tout le monde. Son retour en Afrique est des plus mouvementé puisque l'un de ses petits protégés est accusé de meurtre, son mari semble avoir une dent contre elle et, pour tout arranger, elle apprend que les X-Men sont en danger.
Ororo va devoir affronter les troupes de son mari, Cyclope et même le Dieu Panthère en personne. Mais après tout, comme elle le dit si bien, elle ne connaît aucune limite...

Nous avons l'habitude d'avoir de temps à autres des nouvelles du Wakanda dans ce bimestriel (depuis les préparatifs du mariage en fait), et c'est cette fois Christopher Yost qui se charge de mettre en scène Tornade dans une saga en quatre épisodes intitulée X-Men : Worlds Apart.
Globalement, ça se lit assez bien. On commence par un petit point sur la situation (le mariage d'Ororo, le départ des X-Men pour San Francisco, la mort de Kitty) avant de rentrer dans le vif du sujet, autrement dit une histoire de manipulation mentale. Rien de neuf sous le soleil mais le cadre wakandais épice un peu le tout. Il y a notamment une scène où Ororo se tient sur un temple et s'adresse à son peuple, plutôt remonté contre elle à ce moment là. Et alors que les hommes doutent, des panthères noires sortent de nulle part pour aller se prosterner à ses pieds. Dit comme ça, ça n'a l'air de rien, mais ça fait son petit effet. C'est même plutôt classe. ;o)

Il y a par contre quelques lacunes. Par exemple, Cyclope se retrouve indemne d'un crash d'avion sans que l'on sache bien comment. A un moment Tornade dit même que Scott trouvera bien un moyen pour s'en sortir, ça on lui fait confiance, mais il aurait été sympa que le scénariste en trouve un aussi. Autre petit détail, que l'on peut imputer au dessinateur, Diogenes Neves ; alors que le blackbird explose en vol, on voit ensuite très nettement, quand Cyclope s'adresse au contrôleur de l'aéroport de Yuma, un endroit précis au loin d'où s'élèvent des flammes et une énorme colonne de fumée, ce qui serait le résultat d'un crash et non d'une dislocation totale en vol, surtout avec les conditions atmosphériques créées par Tornade.
Oui je chipote mais ça commence à faire beaucoup pour un seul appareil volant. Scott est juste un peu décoiffé (alors qu'il ne sait pas voler tout de même) et maintenant les débris ont la gentillesse de tous se rassembler au même endroit ! Ceci dit, le reste de l'aspect graphique est plus qu'honorable.

Ah, j'en profite pour râler sur un autre truc qui me gonfle sévère.
Dans l'édito du début, un sbire de chez Panini nous dit que c'est la rentrée et que l'on a tous retrouvé le "chemin du collège, du lycée ou de la fac pour les plus âgés"... je suis content d'apprendre qu'il n'existe pas, selon Panini, de lecteurs plus âgés qu'un étudiant. C'est une nouvelle étonnante puisque les lecteurs de comics sont en majorité des adultes et que, personnellement, je n'avais pas pour ambition cette année de rempiler à la fac (faut que je me magne, je suis pas encore inscrit).
Alors, évidemment, ce n'est pas gravissime, mais tout de même, ça fait partie de ces petites choses, présentées comme des évidences, qui font beaucoup de mal à la BD en général (surtout dans l'esprit du grand public, cf l'intervention d'une dinde télévisuelle). Certains d'entre nous passent des heures à tenter d'expliquer pourquoi les comics sont modernes, matures, intelligents, tout public, pendant que des professionnels de l'édition - enfin, des pros de l'autocollant disons - anéantissent, en une phrase stupide, des années d'efforts quotidiens. Donc non, les lecteurs "les plus âgés" ne rentrent pas en fac, ils bossent ou sont même peut-être déjà à la retraite, après tout, les comics ne sont pas réservés aux moins de 25 ans, pas plus que la musique, le cinéma ou les romans seraient, par nature, destinés à une tranche particulière de la population.
Bon, j'en termine là, faut que j'aille prendre mon goûter et j'ai pas encore fait mes devoirs pour demain.