01 avril 2011

Le Poisson était fermé de l'Intérieur

Un Graphic Novel fort particulier aujourd'hui, aux limites de l'expérimental, avec Fléchés degré 3.

Difficile de faire un résumé correct de l'histoire tant celle-ci est décousue. Mais prenons les choses dans l'ordre et voyons tout d'abord l'aspect graphique. Passé une fort belle cover, au style très réaliste, le niveau chute gravement par la suite. Tout d'abord, il y a bien trop de cases par planche, ce qui nuit à la narration. Et ce paysage monotone de vastes étendues neigeuses, bien que possédant un certain charme, s'avère fort répétitif. Il y a bien la partie dans le brouillard qui amène un peu de tension, mais dans l'ensemble, cela manque cruellement de variété.

Le scénario est, lui, incompréhensible. L'auteur, bien qu'employant un langage soutenu, semble avoir jeté ses idées pêle-mêle, un peu comme s'il ne savait pas lui-même où il allait. Il est très difficile de ressortir de cette lecture avec une idée précise de l'intrigue. En gros, il s'agit d'un joueur de tennis et d'un spécialiste en plongée sous-marine qui ont des problèmes d'argent et décident de partir pour l'Islande afin d'y établir une usine de traitement des gnous usés (première grosse incohérence, mais ce n'est malheureusement pas la seule). Sans que l'on sache pourquoi, ils finissent poursuivis par une divinité shintoïste qui s'exprime uniquement en palindromes. On saute ensuite du coq à l'âne avec une escapade à Dijon où des protagonistes, dont on ne sait rien, se disputent à propos de papillons de nuit, de cancoillotte et d'escrocs amnésiques...
Et encore, je passe sur pas mal d'inepties et de péripéties absurdes, l'auteur trouvant tout de même le moyen de faire intervenir un serpent géant, un clone de René Coty et un pédologue dont on se demande bien ce qu'il vient foutre là.

Bien qu'il soit fait référence à de nombreux meubles ou vêtements rares (on sent que l'auteur s'est documenté et qu'il est passionné par de nombreux sujets), l'on reste au final sur une impression de trop grande confusion.
Au niveau éditorial, on regrettera l'absence d'un résumé des tomes précédents (mais est-ce que cela aurait suffit pour rentrer dans l'histoire ?) et le choix d'une cover bien racoleuse.

Une vraie originalité et une ambition énorme quelque peu limitées par un manque de maîtrise qui peut dérouter.
A suivre de près tout de même, certaines publications étant finalement bien en deçà qualitativement.
Hmm ? Lesquels sont pires que ça ? Oh, je ne vais pas les citer, je crois que beaucoup d'entre vous réussiront à mettre des mots sur cette définition. C'est l'avantage de faire travailler l'imagination des lecteurs, on peut critiquer sans se compromettre ni faire de pub. ;o)


Ps : pour rester dans le thème, quelques définitions aussi bien vues que célèbres.

- [scolaire] Parfois transporté à dos d'âne : cartable.
- [fruité] Réunion de quartier : orange.
- [médical] Prélude à une partie de billard : anesthésie.
- [menstruel] Vieille dame qui a toujours ses règles : grammaire.
- [liquide] On y descend pour se remonter : cave.
- [coquin] Eclipse partiellement la lune : string.
- [artistique] Muet de naissance : cinéma.