30 mars 2011

Assassin : La Lumière et le Tunnel

Nazis et Haschischins sont à l'ordre du jour avec ce premier volume de la série Assassin.

1917. Lawrence d'Arabie est sur les traces du secret de la secte des Haschischins. Cette dernière détiendrait un trésor inestimable qui pourrait bien être une arme aussi terrible qu'efficace.
1935. Les nazis surveillent Lawrence, revenu s'installer dans un paisible village de la campagne anglaise où il a élevé Sâhir, jeune prodige rencontré au Proche-Orient et adopté ensuite. Hitler a déjà l'Allemagne sous sa botte, il rêve maintenant d'étendre son pouvoir à l'Europe entière. Pour cela, la race aryenne a besoin de s'enivrer d'ésotérisme, de sciences occultes et de mystères censés donner naissance au surhomme germanique.
Entre les assassins, héritiers d'un savoir aussi ancien que précieux, et les hordes hitlériennes s'engage alors un combat qui pourrait bien décider du sort de l'humanité et remettre en cause les plus installées des croyances.

L'on retrouve ici Olivier Peru au scénario qui, après s'être attaqué aux morts-vivants dans la série Zombies (dont la suite sera bientôt disponible), aborde un sujet totalement différent bien que le thème du retour à la vie soit encore présent. Les dessins sont l'oeuvre de Cristian Pacurariu qui signe de fort belles planches, au charme rehaussé par une colorisation élégante. 
Ce premier volume mélange habilement fantastique et références historiques, le tout saupoudré par une bonne dose d'action. Entre une visite au British Museum et une course-poursuite, l'auteur évoque la société de Thulé ou nous montre un Himmler coordonnant l'action de ses sbires. Le lecteur a donc bon nombre d'éléments réels et connus auxquels se raccrocher tandis que la fiction évolue lentement pour atteindre les portes de l'uchronie (le choix de la svastika comme symbole nazi est ici efficacement réinterprété par exemple).

Une légère réserve cependant au niveau des personnages principaux, ces derniers manquant un peu de personnalité. Lawrence apparaît comme étant assez lisse (sorte d'Indiana Jones, l'humour en moins) et Sâhir, dont le potentiel est indéniable, ne serait-ce que parce qu'il est un peu le trait d'union entre l'ancien Orient et l'Occident moderne, semble particulièrement mature lorsqu'il est gamin et presque insensible une fois adulte. 
Quelques fêlures, ou scènes plus légères, auraient pu contribuer à rendre ces aventuriers plus crédibles. Mais peut-être est-ce voulu, ce premier opus ayant l'avantage d'expliquer énormément de choses et de mettre l'intrigue en place tout en conservant un rythme soutenu.

Grand format classique, couverture cartonnée, pour une BD éditée par Soleil, sous son label "Secrets du Vatican". Du coup, vous l'aurez compris, il est aussi question de l'Eglise Catholique ou, au moins, d'une remise en cause de certains de ses dogmes.

Un album bien réalisé, mélangeant aventure et surnaturel, le tout dans un contexte historique fort.