25 avril 2011

100% Marvel : Avengers Prime

Sortie ce mois de la mini-série Avengers Prime en VF, qui signe la réconciliation, survendue, de Thor, Iron Man et Captain America.

Depuis Civil War, qui a vu la communauté super-héroïque se diviser, les membres historiques des Vengeurs étaient quelque peu en froid. Thor a succombé au Ragnarok, Cap à un tireur embusqué, et le brave Tony Stark a même perdu la mémoire. Rien de bien méchant puisque revoilà les trois gaillards en pleine forme et sur le devant de la scène. Ils n'ont cependant pas le temps de réellement s'engueuler, après la chute d'Asgard et la mise hors d'état de nuire d'Osborn (cf Siege) que, déjà, les voilà propulsés dans un monde peuplé de trolls, de dragons et de gobelins...

Ces cinq épisodes sont dessinés par Alan Davis et scénarisés par Brian Michael Bendis. C'est peu de dire qu'ils sont décevants.
L'essentiel de l'intrigue semblait pourtant reposer sur la confrontation entre de vieux amis qui sont devenus, par la force des choses, d'impitoyables adversaires. Cela, a priori, pouvait donner lieu à d'intéressants échanges (rappelons-nous de certaines scènes concernant les Illuminati par exemple). Malheureusement, confrontations d'idées et joutes verbales sont soigneusement évitées au profit de plates péripéties qui flirtent avec l'heroic-fantasy et la métaphysique liée à la conception asgardienne de l'univers.
De la tension de Civil War, il ne reste rien, quant à la rancune qui sous-tendait tout le Dark Reign, elle fait office ici de petite brouille sans importance. La discussion de fond, tant attendue, est limitée à une petite prise de bec et, la réconciliation, artificielle et convenue, n'en est que plus fade.
Il reste bien une ou deux lignes de dialogue qui surnagent et font pointer un humour aussi rare que bienvenu, mais pour du Bendis, c'est tout de même bien peu. Trop peu.

Pas de doute, l'on est revenu aux "fondamentaux", ceux qui fondaient les bases des récits du Silver Age en tout cas. Le problème réside dans le fait qu'ils ne fonctionnent plus, pas en tout cas sans une adaptation nécessaire. Les combats présents dans cette saga sont mous, tristes et sans enjeux. Même le petit coup de coeur de Rogers est surjoué et artificiel. Au final, voilà un thème excellent, des personnages sympathiques, un auteur doué, dont l'association donne un résultat écoeurant de médiocrité.
Si cette histoire est représentative de l'évolution durable du marvelverse, voilà qui n'augure rien de bon. Car ce qui faisait son attrait a totalement disparu. Les personnages, même connus et populaires, ne suffisent pas. Il ont besoin que des magiciens leur insufflent un peu de cette vie qui leur fait tant défaut actuellement.
Straczynski parti, Bendis en perte de vitesse, Ennis dénigrant les super-héros, qui va sérieusement s'occuper de leur cas ? Ou peut-être faut-il voir, dans ce désert créatif, une volonté de s'aligner sur la majorité des adaptations au cinéma ? Dans ce cas, c'est réussi, le propos étant suffisamment tiède pour enthousiasmer Hollywood et convenir à la masse. Les amateurs de comics et de bonnes histoires, eux, pourront légitimement se sentir déçus, voire trahis.

Aucun intérêt, du début à la fin.
Plus que décevant, inquiétant.