04 avril 2011

Avengers Academy : les petits nouveaux font de l'ombre aux Heroes

Les apprentis de l'académie confirment leurs bons débuts dans le Marvel Heroes #3 de ce mois.

Si Avengers Academy arrive à la fin du sommaire, la série, en terme de qualité, se classe sans problème largement au-dessus des autres titres du mensuel. Place aux jeunes donc !
Le premier épisode, en février (AA était absent de la revue le mois dernier), nous avait laissé une bonne impression, celle-ci semble se confirmer. Christos Gage au scénario et Mike McKone au dessin, après avoir installé leurs personnages de manière assez habile, creusent ici plus particulièrement la personnalité de Finesse. Rappelons que le groupe est également composé de Voile, Reptil, Hazmat, Cuirasse et Foudre. Tous ces jeunes ont été recrutés au sein de l'académie non parce qu'ils semblaient être les meilleurs mais parce qu'ils sont passés entre les mains d'Osborn et que les autorités craignent qu'ils suivent une mauvaise voie.
L'encadrement constitué par le corps enseignant est pourtant à première vue peu adapté tant certains instructeurs sont borderline (notamment Penance, redevenu Speedball, mais aussi Pietro Maximoff dont les récents agissements sont tout de même, au minimum, sujets à caution).

Les auteurs évitent la castagne lourdingue et le déjà-vu grâce à une approche subtile mettant en avant les relations entre les personnages ainsi que leurs nombreuses failles. Un intéressant bras de fer psychologique commence entre certains protagonistes, les élèves n'étant finalement pas les derniers à tenter de manipuler leurs ainés.
Graphiquement, rien d'extraordinaire mais un résultat honnête. C'est de toute façon surtout au niveau de la narration et des dialogues que le récit parvient à tirer son épingle du jeu. Tout cela est vif, percutant, bien dialogué et même parfois drôle. Et puis en prime, l'on retrouve cette si agréable fraîcheur, commune à bien des titres mettant en scène des ados (Runaways, Young Avengers, Avengers : The Initiative...) et qui fait actuellement cruellement défaut aux séries "historiques".
Bref, excellent.

La suite est beaucoup moins réjouissante. On commence par Avengers, de Bendis et Romita Jr. Niveau dessin, pas autant de cases litigieuses que lors du premier numéro, mais franchement pas de quoi non plus tomber en extase. Certains tics de l'artiste, comme ces fameux traits qui barrent les visages, deviennent même agaçants par leur inutilité. Du point de vue du scénario, l'on n'est guère mieux loti. Une baston contre Apocalypse, puis Wonder Man. Toujours du voyage dans le temps au menu. Rien de bien original mais surtout une platitude à peine croyable (Bendis s'est fait remplacer par un skrull, c'est pas possible !).

Thor s'en sort tout de même mieux, avec Kieron Gillen et Doug Braithwaite aux commandes. Planches agréables visuellement et intrigue mélangeant créatures mythologiques et infernales (l'on retrouve notamment ce bon vieux et si pratique Mephisto).
On termine enfin avec Hulk, par Jeph Loeb et Ed McGuinness. Gros muscles et coups dans la tronche qui s'enchaînent, comme d'habitude. Il y a cependant cette fois un petit intérêt car l'on apprend enfin l'identité de Rulk (le Hulk rouge) et, par la même occasion, celle de la non moins écarlate She-Hulk. Bof... ça ne va malheureusement pas changer l'impression globale de série mal torchée et ennuyeuse.

Le bilan est vite fait : heureusement que Gage et son Avengers Academy nous sauvent de la morosité ambiante.

"Mère célibataire qui perd ses poils, ça cartonne pas des masses comme profil sur Meetic."
Tigra (à propos d'elle-même), sous la plume de Christos Gage.