25 mai 2008

Teen drama vampirique : Ouvert la Nuit

Il est rare que Dargaud soit cité pour une publication US. Ouvert la nuit (Life Sucks) fait partie de ces petites productions indépendantes qui ne paient pas de mine mais qui méritent qu'on les feuillettent. Ou, pour faire simple, voilà un "teen drama" vampirique qui pourrait séduire quelques lecteurs.

Il est loin le temps où être vampire vous assurait un certain niveau social. Pour Dave, qui bosse à Los Angeles dans une épicerie minable, ouverte 24h/24, le fait d'avoir des canines proéminentes n'a pas changé grand-chose à sa vie. Il reste timide, fauché et... végétarien. Lorsqu'il tombe amoureux d'une jolie gothique, cela n'arrange rien. D'autant que Wes, vampire décomplexé et plein aux as, a décidé de l'accrocher à son tableau de chasse.
Non, décidemment, le statut de vampire n'est plus ce qu'il était...

On peut être dubitatif au premier abord. Jessica Abel et Gabe Soria au scénario, Warren Pleece au dessin. Pour une histoire publiée chez Dargaud dans un format à la fois souple (pour la cover) mais relativement luxueux (niveau papier). On feuillette et, forcément, des clichés nous sautent aux yeux, ne seraient-ce que certains paumés de Kevin Smith, bossant, pour la plupart, dans des lieux semblables. Evidemment, on peut vite oublier le romantisme d'Anne Rice pour en venir à des questions plus pratiques du genre... lorsque l'on est un vampire, comment gagne-t-on sa vie ? Comment faire pour tuer sans se faire remarquer ? Comment gérer la filiation, avec un maître sur le dos ? Et... l'éternité ? Et, bordel, si être vampire n'empêchait pas d'être gauche, naze et poissard ?

Voilà un truc sympa qui, sans être génial, finit par séduire au fil des planches et des situations. Non seulement on se prend au jeu en souhaitant mille fois la mort de certains salopards, mais, en plus, on rit de bon coeur à certaines blagues. Rien de révolutionnaire mais un récit suffisamment habile pour vous tenir en haleine, avec trois fois rien, jusqu'à la fin.
Et puis, bon, "teen", ok, mais... certaines morsures parlent à tous les âges.

ps : Au fait, je sais que je critique souvent (non sans raison) la pauvreté éditoriale de Panini. Je profite de cet article pour vous donner un élément de comparaison avec ce Delcourt Planète #43 (accès direct en pdf) avec résumés, planches et infos. Bref, un véritable travail de professionnels, à l'opposé de l'impéritie de la sandwicherie. Voilà ce qui différencie le gars inspiré et enthousiaste d'un peigne-zizi à moitié analphabète.