01 juillet 2008

Spider-Man (re)commence ici...

Le Spider-Man #102, débarqué aujourd'hui en kiosque, fait table rase du passé et s'adresse spécifiquement aux nouveaux lecteurs. Les plus anciens peuvent souffrir en silence. Ou pas.

Panini l'annonce directement sur la couverture, il s'agit ici d'un "point de départ idéal pour les nouveaux lecteurs." Si vous avez suivi ce débat, vous savez déjà que Spidey est de nouveau célibataire, qu'il habite chez sa tante, qu'il est sans un sou, qu'il ne génère plus de toile organique et que plus personne ne connaît son identité. Plus qu'un nouveau chapitre, c'est à un terrifiant retour en arrière que nous avons assisté dans One More Day.
Mais, contents ou non, il faut passer à la suite. Elle commence ici avec l'épisode Swing Shift qui avait été distribué gratuitement aux Etats-Unis lors du Free Comic Book Day. Nos chers vendeurs d'autocollants, eux, s'en servent comme d'un épisode payant (ce n'est pas la première fois d'ailleurs, cf cet article) puisqu'il ne constitue pas un bonus mais bien l'un des quatre épisodes habituels. Pas de petit profit.
Revenons à Swing Shift. Le début vaut le coup, Parker se rend à l'anniversaire de sa tante May (pour qui il a donc sacrifié sa femme). Il manque de se faire renverser par une voiture, il en réchappe de peu et sa première réaction est de vérifier si le gâteau qu'il destine à la tantine n'a rien... heureusement, la précieuse pâtisserie est intacte. Dans le cas inverse, il aurait fait la tournée des héros (Strange, Richards...) pour voir s'ils ne pouvaient pas lui redonner sa forme initiale. Ou il aurait sacrifié sa future petite amie. Après tout, rien n'est plus important que de nourrir la vioque.
Hein ? Oui, je suis un tout petit peu remonté. ;o)
Bon, l'épisode en question avait déjà été publié dans le Comic Box de février mais, volonté d'éviter les spoilers oblige, le texte avait été légèrement modifié. Nous avons ici la version "director's cut".

On poursuit avec le Amazing Spider-Man #546 et les débuts proprement dits de Brand New Day (le fameux "nouveau chapitre" qui nous renvoie en 1962). Dan Slott (scénario) et Steve McNiven (dessin) se chargent de cette première fournée. On y découvre notamment un nouveau vilain, Mister Negative, qui est plutôt réussi, tant esthétiquement qu'au niveau de son profil psychologique (le gars est un adepte de la méthode "attends, je vais te découper en fines lamelles, tu comprendras mieux").
Pour l'instant, nous n'aurons pas droit aux trois épisodes de Amazing (vous savez que la série du Tisseur paraît maintenant trois fois par mois aux US si vous avez été attentifs). En fait, nous n'aurons cette triple ration qu'en 2009. Pour la fin de l'année, nous n'aurons que deux Amazing qui seront complétés par les Thunderbolts et une série tirée de Spider-Man Family. M'aurait étonné que Panini n'arrive pas à se débrouiller pour faire encore un petit bordel dont ils ont le secret.
Ah oui, j'allais oublier le meilleur, nous avons trois petits "teasers" (si l'on peut dire) de trois planches chacun avec le ASM #546. L'un est consacré à Jackpot (vous aussi vous vous demandez comment elle est devenue une héroïne ?), l'autre à Harry Osborn et le dernier à... la tante May ! En plus, sous le titre Astonishing Aunt May. Ben ça devait arriver, ils ont pété un câble à la Maison de Retrai... heu, des Idées. Quand je pense que je me marrais sur leur gérontophilie à l'occasion d'un poisson d'avril, à ce train là, la réalité va dépasser la plaisanterie.
Enfin, moi j'aurais pris Immortal Aunt May à la place d'Astonishing mais bon... c'est sans doute pour préserver le suspens.

La troisième série du Monte-en-l'air est un Spider-Man Unlimited. Un épisode bouche-trou, sans trop d'intérêt, avec l'Homme aux Echasses et le Shocker. On termine avec un excellent épisode des Thunderbolts, avec Christos N. Gage au scénario (qui se débrouille ici aussi bien qu'Ellis) et Brian Denham au dessin.
On ne va tout de même pas terminer sur une note positive ! Pour continuer dans les compliments à la sandwicherie, signalons une bourde de la traductrice Sophie Viévard qui parvient à faire une faute avec un mot laissé en anglais dans le texte français (il suffisait donc de... le recopier). Elle écrit "loosers" au lieu de "losers". Rappelons qu'elle est censée parler couramment anglais. Rappelons également que l'opération "une méthode Assimil pour Panini" est toujours en cours, envoyez vos dons directement à Christian Grasse.
Tiens, en parlant de celui-là, il défend le dernier coup de théâtre (l'annulation du mariage de Parker) avec la dernière énergie. En gros, il nous dit que ce n'est pas comme s'il n'avait pas eu lieu, c'est juste que Mephisto a créé une nouvelle réalité. Oui, dans laquelle le mariage n'a pas eu lieu donc (ça lui fait quel âge à Grasse maintenant ?).
Pareil pour l'identité de Spidey, on peut bien nous dire qu'il s'est vraiment démasqué, si personne ne s'en souvient, même pas ceux qui le connaissaient avant Civil War, je ne vois pas bien l'intérêt.

Un numéro étrange car bon en soi mais énervant de par les méthodes ridicules, et insultantes pour le lectorat, qui ont été utilisées pour déboucher sur une remise à zéro des compteurs. Enfin, à zéro peut-être pas, car si effectivement Parker semble au même point que lorsqu'il a été piqué par une certaine petite araignée, il est aujourd'hui proche de la trentaine dans la réalité 616. Et pour quelqu'un qui est présenté comme un génie et qui en plus a des pouvoirs, se retrouver sans le sou, sans femme et sans logement, ce n'est pas bien brillant.
Faudra un moment pour avaler la pilule.

ps : tant qu'à verser dans le ridicule, Slott y va fort puisqu'il n'hésite pas, à un moment, à faire réveiller Parker par sa tantine adorée. "Allez, allez, il est l'heure d'allez chercher du travail, tu n'es plus un adolescent" qu'elle lui dit. Expliquez ça à Quesada...

pps : ajout de la scène #56 dans le bêtisier.