30 janvier 2010

Les Abandonnés : Tripes à la mode de Campbell

Un nouveau titre s'ajoute à la mode des zombies dans les comics avec Les Abandonnés, publié chez Milady.

Un ouragan approche des côtes de Floride. La jeune Rylie ne compte pas partir malgré les alertes et recommandations des autorités. Elle pense à Naomi qui vient tout juste de s'installer dans le coin. Elle aimerait se rapprocher d'elle, devenir plus que des amies l'une pour l'autre...
La chaleur augmente encore, moite, étouffante.
Lorsque les premiers signes de la tempête arrivent, Rylie est dans la maison de retraite où elle a l'habitude de s'occuper bénévolement des personnes âgées. Au plus fort de l'ouragan, elles meurent toutes avant de revenir à la vie ! Les petits vieux se sont transformés en zombies. Rylie parvient à s'enfuir et, avec quelques amis, à rejoindre Naomi. Pendant un temps, ils se barricadent chez elle et cherchent à comprendre pourquoi les adultes semblent tous s'être changés en monstres.
Dans un espace aussi confiné, la chaleur aidant, la tension monte dans le groupe. Dehors, le danger est omniprésent. Isolés, les ados se sentent... abandonnés.

Le genre horrifique fonctionne plutôt bien en ce moment en ce qui concerne les comics. Cette fois, c'est Ross Campbell qui nous propose sa version des traditionnels survivants tentant d'échapper aux hordes de morts-vivants. Il signe d'ailleurs scénario et dessins.
Visuellement, le style ne manque pas de charme. L'auteur parvient notamment très bien à retranscrire la moiteur de la Floride et la lassitude de ses habitants. Une colorisation très douce, en sépia, a été adoptée. Seul le sang tranche sur ces planches monochromes, avec un rouge vif très gore.
Le récit en lui-même est intéressant mais manque malheureusement de profondeur. A part deux exceptions, la plupart des personnages ne sont que vaguement esquissés, ce qui nuit grandement à l'aspect dramatique. D'autant que depuis Kirkman et son The Walking Dead, le minimum requis en la matière a été nettement réévalué à la hausse. Pourtant les bonnes idées ne manquent pas ; Rylie est un personnage franchement atypique, le final est plutôt inattendu et l'on peut noter quelques détails sympathiques (comme le jeu de mot sur le nom de la boutique de crèmes glacées qui s'appelle "I Scream"). Malgré tout, un sentiment d'inachevé continue de prévaloir une fois la dernière page tournée.

Niveau adaptation, Milady a opté pour un format poche, une couverture souple et un papier glacé. Le prix est des plus raisonnables puisque l'ouvrage est vendu à moins de 10 euros. Quelques bonus ont été ajoutés : une galerie de six planches et, plus étonnant, une seconde galerie de "fan art" contenant cinq dessins. Pour ce qui est de la présentation de l'auteur, elle oscille entre le manque d'inspiration et le second degré un peu barré. On apprend notamment qu'il aime les moines shaolin et les chats ou qu'il déteste le ketchup et les grenouilles. Enfin, signalons que le lettrage est tout de même un peu fin et qu'il n'apporte pas un grand confort de lecture.

Une histoire prometteuse, à l'ambiance réussie, mais qui ne laissera pas un souvenir impérissable.

ps : n'oubliez pas le concours Milady, toujours en cours.