06 janvier 2010

Révélations choc pour le Spider-Man cuvée 2010

Après une série noire qui avait fait toucher le fond au mensuel du Tisseur, Guggenheim redresse la barre dans le Spider-Man #120.

Voilà quelques mois qu'Amazing Spider-Man version Brand New Day devenait de plus en plus illisible, jusqu'à l'épouvantable numéro de décembre qui, de toute façon, mettait presque un terme à nos souffrances tant il était difficile voire impossible de faire pire. Et effectivement, l'on retrouve un certain plaisir de lecture avec cette première fournée de l'année.
On commence par le Amazing Spider-Man Extra #2. Scénario de Dan Slott et dessin de Chris Bachalo. L'épisode, duquel Spidey est totalement absent, est centré sur Anti-Venom, alias Eddie Brock. Ce dernier, qui se veut une sorte de héros ayant enfin trouvé la rédemption, montre toutefois quelques signes de faiblesse psychologique. Notamment lorsqu'il découvre la vérité sur son mentor, Martin Li. Souvenez-vous, le type est en fait Mr Negative, un nouveau super-vilain tentant de prendre le contrôle de la pègre.
Signalons que si Peter n'est pas là, la tante May, elle, est bien présente. Ah ben ça serait trop bête de ne pas profiter du taudis pendant un numéro. On ne remplace pas un personnage aussi glamour ! ;o)
Bref, une entrée en matière sympathique avec un graphisme qui convient parfaitement à un Anti-Venom aux portes de la folie.

On enchaîne ensuite avec le gros morceau du mensuel, à savoir les Amazing Spider-Man #584, #585 et #586. Le scénario est l'oeuvre de Marc Guggenheim, la partie dessin est assurée par John Romita Jr et Barry Kitson.
Cette fois, l'élection du nouveau maire de New York est imminente. Outre la bataille politique, dans laquelle sont impliqués J.J. Jameson ou encore la fiancée de Harry Osborn, l'on retrouve Menace et la fameuse histoire du tueur aux tracers. Mais cette fois, on avance enfin. A grands pas même puisque non seulement le lecteur découvre l'identité de Menace mais, en plus, une piste sérieuse et inattendue vient relancer l'intrigue du serial-killer.
Il faut être juste et reconnaître que Guggenheim est vraiment excellent sur ce coup. Il commence avec une introduction magnifiquement dialoguée mettant en scène Boomerang et le Shocker. Le genre de petits détails très second degré qui donnent un réel charme à ces personnages secondaires. Ce n'est pas tout, après une petite poursuite, le scénariste fait un clin d'oeil à l'une des scènes historiques d'Amazing en parodiant le célèbre moment où un Parker encore jeune laissait le futur meurtrier de son oncle s'enfuir. Cette fois, c'est Spidey en personne qui est dans le rôle du fugitif. Mais la scène la plus spectaculaire - fort bien amenée - est sans doute la demande en mariage d'Osborn (je reparle de cela ainsi que de deux ou trois autres choses dans le coin des spoilers afin de ne pas vous gâcher la surprise).

Guggenheim parvient, le temps de ces trois épisodes, à faire un peu oublier le Parker égoïste et gnangnan que l'on connait pour l'écrire de manière beaucoup plus enthousiasmante. Ce Spider-Man semble non seulement assez dépassé par les évènements (il est même franchement à la ramasse et a bien du mal à retenir les débris d'un échafaudage) mais surtout il va se prendre une dérouillée assez monumentale. Sans doute la pire depuis que Morlun lui avait gobé un oeil (cf Combats d'Anthologie, scène #4). Et psychologiquement, c'est un soulagement. Parce que ça fait un moment que j'avais envie de lui en coller une au fiston à sa mémère ! Merci Guggie. ;o)
Bref, on passe à la vitesse supérieure et l'on retrouve enfin du plaisir à suivre la série. Il était temps.
Mais rentrons tout de suite dans le vif du sujet avec...

Le Coin des Spoilers
(pour lecteurs avertis)

Très difficile de parler des épisodes du mois sans révéler certains aspects cruciaux. Je continue donc ici pour ceux qui ont déjà lu la revue. Et tout d'abord, punaise, c'est pas énorme la demande en mariage d'Harry ? Il loue Liberty Island le mec. Carrément. Mais ce qu'il y a d'encore plus énorme, c'est le vent qu'il se prend. Ben ça lui apprendra, au lieu de faire le guignol sur une statue française, il n'avait qu'à se payer un bon coiffeur.
Pour l'identité de Menace, là je dois dire que je n'avais pas vu le coup venir. Là encore c'est plutôt bien fait, en se basant sur des scènes passées qui prennent un tout autre éclairage (le baiser entre Lily et Peter par exemple). Et ce qui m'a vraiment tué, c'est quand finalement Lily dit "oui" à Harry. Deuxième coup dur ! Quand il pensait que c'était une fille géniale, elle l'envoie faire des crêpes, et maintenant qu'elle dévoile son nouveau visage (beaucoup moins sexy) et qu'il sait qu'elle est un peu frappadingue, elle accepte. La tronche d'Harry à ce moment là, punaise, ça vaut presque les souffrances passées de BND.
Sinon, pour revenir sur Spidey, un truc m'étonne toujours : pourquoi, puisqu'il se fait arrêter, les flics ne le démasquent-ils pas immédiatement ? C'est en fait cette interrogation qui m'a rappelé que l'on avait déjà eu droit à un teaser en mai dernier (cf Spider-Man #112) où l'on voyait justement les suites de cette arrestation. Y'aurait pas eu le coup du masque, je ne me serais jamais souvenu de ce truc dont j'avais estimé à l'époque qu'il était publié bien trop tôt. De là à dire que j'avais raison... ;o)

Voilà mine de rien un bon Spider-Man, amusant et bien écrit. Souhaitons que l'on reste sur la même voie pour la suite.

ps : j'en profite pour vous signaler la sortie, chez Delcourt, du tome #2 de Echo.