22 janvier 2010

Walking Dead : vers quel avenir ?

Un point sur l'excellente série The Walking Dead à l'occasion de la sortie, chez Delcourt, du tome #10.

Tout d'abord, pour éviter de revenir sur ce qui a déjà été dit, voici un petit rappel des articles précédents concernant la série : Quand les vivants s'effondrent et Quand les morts marchent vous permettront de découvrir les bases de TWD, le comic culte de Robert Kirkman et Charlie Adlard.
Nous en sommes en France au dixième volume, autrement dit 60 épisodes ou encore 1320 planches. Et aucune baisse de régime, Kirkman parvenant à maintenir une qualité d'écriture constante. L'auteur a d'ailleurs opéré récemment un changement d'orientation majeur pour les personnages qu'il malmène avec talent depuis quelques années maintenant. En effet, alors que le groupe de survivants s'était établi dans une prison apportant une sécurité relative, une menace bien humaine les a obligés à quitter les lieux avec pertes et fracas.

Plusieurs conséquences à cela. D'une part nous avons pu vérifier que, comme l'affirmait Kirkman, personne n'était à l'abri dans Walking Dead. Même les personnages principaux peuvent passer de vie à trépas. D'autre part, après le long moment passé dans la prison, Rick a repris la route.
Les possibilités sont immenses et, déjà, de nouvelles rencontres se font. Surtout, une intrigue centrée sur une possible explication de l'épidémie se met en place (encore que le fameux scientifique, je sais pas pourquoi, mais je le sens vraiment pas).
Certaines choses pourtant demeurent inchangées, que ce soit la dangerosité des humains (bien plus épouvantables souvent que les morts-vivants) ou encore l'émotion qui se dégage de la grande profondeur des personnages et situations.
Ce nouveau recueil apporte donc son lot de surprises et cliffhangers tout en conservant le ton si sérieux et désespéré qui a fait le succès du titre.

Rarement d'ailleurs une série aura abordé autant de sujets dramatiques avec autant d'intelligence. Que ce soit les troubles psychologiques liés à la mort d'un proche, la violence inhérente à la nature humaine, le regard des enfants sur des parents qui se transforment en monstres (et pas forcément en zombies) ou encore le déni, le sentiment de culpabilité ou le simple et si cruel instinct de survie, rien n'est épargné aux personnages et, par leur intermédiaire, au lecteur.
Si l'on peut remercier Kirkman sur un point, c'est bien le fait de n'avoir rien cédé au politiquement correct. Et si les zombies permettent de maintenir une tension et une toile de fond, l'étude quasi comportementale à laquelle se livre le scénariste a pris depuis longtemps le pas sur le simple récit horrifique. La plus grande terreur à laquelle nous confronte Kirkman est la pire qui soit : ce que nous sommes capables de faire quand plus rien ne nous retient, quand morale et lois ont disparu. Quand seuls restent notre volonté et nos propres principes, mis à mal par l'urgence, la peur, les autres... car comme Rick le dit lui-même ; "On fait des choses terribles pour ceux qu'on aime."

Pas de surprise donc, Walking Dead reste un titre incontournable, peut-être même le plus grand comic jamais écrit. Ces soixante premiers épisodes sont passés avec une rapidité fulgurante et c'est peu de dire que j'attends avec impatience les soixante suivants, d'autant qu'il reste encore bien des domaines à explorer, que ce soit les débuts de l'épidémie (que l'on ne voit pas dans la série), son explication, les autres groupes de survivants dans le monde ou encore l'évolution des fameux zombies (ce volume nous apprenant un ou deux faits très importants les concernant).

Pour les anglophones, signalons l'existence, en VO, de The Walking Dead Compendium, énorme pavé qui reprend les 48 premiers épisodes (plus de 1000 planches) pour 41 euros (bonne affaire mais sans doute lourd à manipuler !).
Et pour marquer la sortie de ce 10ème tome français, je termine en vous proposant un petit hommage personnel, en images et en musique. ;o)