10 janvier 2010

Marvel Heroes : Defining Moments

Le premier Marvel Heroes de l'année est plutôt réussi avec notamment un Straczynski en grande forme sur l'on-going Thor.

C'est le Hulk de Jeph Loeb et Ed McGuinness qui ouvre le bal.
Les Défenseurs de différentes époques affrontent des ennemis dans des environnements particuliers. Hulk et Rhulk se castagnent dans la légendaire cité d'Atlantis, le Silver Surfer et Terrax sont envoyés dans le Microvers, Namor et Requin-Tigre se taquinent dans la dimension Sans-Ame, et enfin le Docteur Strange et le Baron Mordo se battent sur Zenn-La.
Tout cela fait un peu "jeu vidéo de baston". On ne peut pas dire que Loeb soit particulièrement inspiré sur ce titre (en tout cas ce n'est pas cette facette de l'auteur qui est la plus impressionnante, cf Spider-Man : Blue, Batman : The Long Halloween ou encore Superman : For All Seasons).
Par contre, c'est très fluide et les dessins de McGuinness possèdent un dynamisme brut assez rafraichissant. Christian Grasse compare d'ailleurs ce style à un "Kirby moderne", et j'avoue que je suis assez d'accord pour une fois. C'est un peu la même énergie mais avec un graphisme remis au goût du jour. Quelque chose de beaucoup plus réussi à mon sens qu'un Godland qui, sous prétexte de s'inspirer des 60's et justement du grand Jack, s'enferme dans une narration dépassée et un style vieillot qui n'a rien à gagner à être réutilisé tel quel, sans nouvel apport.
Une mise en jambe bon enfant, avec splash pages et trip cosmique.

On passe ensuite aux Mighty Avengers. Scénario de Dan Slott, dessin de Rafa Sandoval.
Le premier arc de ces Vengeurs post Secret Invasion n'était pas bien folichon. Surtout on se demandait à quoi servait cette équipe qui, si elle était légitime après Civil War (puisqu'elle représentait les Vengeurs officiels), se retrouvait un peu "en trop" pendant Dark Reign, coincée entre les Dark Avengers d'Osborn et les New Avengers oeuvrant dans la clandestinité.
Pourtant, ce rassemblement de bric et de broc a bien un sens puisqu'il sert les desseins de l'infâme Loki. Le fourbe asgardien monte vraiment en puissance et, après avoir contribué au bannissement de Thor, il effrite un peu le pouvoir d'Osborn et s'avère particulièrement habile pour manipuler tous les membres, pourtant illustres, de la Cabale.
Quelques vannes, de l'action mesurée et le retour de Quicksilver (sur un gros mensonge) font de cet épisode l'un des plus agréables de ces derniers mois.

On attaque enfin la meilleure série de la revue avec Thor. Scénario de J.M. Straczynski et de magnifiques dessins de Marko Djurdjevic. Quand on voit la qualité du travail de Straczynski (que ce soit sur Thor ou l'ensemble de son oeuvre), on ne peut que penser qu'il est vraiment dommage qu'il ait été aussi mal considéré par Marvel. Avoir un génie dans son écurie et le traiter avec aussi peu d'égards, c'est carrément suicidaire (et dire que Panini le fait passer ensuite pour un type capricieux, arf...). Enfin bon, revenons sur l'épisode du mois. La qualité d'écriture est extraordinaire. C'est simple, il y a tout : de l'humour, de l'émotion, une vraie intrigue brillamment menée, des dialogues percutants et un vrai sens du rythme. C'est presque une leçon tellement ces 22 planches sont quasiment parfaites.
Au niveau de l'histoire, Loki continue donc de tirer les ficelles. Il parvient notamment à transférer Asgard d'Oklahoma en Latvérie. Cela donne lieu à une jolie passe d'armes verbale entre Fatalis et un Balder beaucoup plus malin que prévu. Et que dire de la cruauté de Loki qui vient enfoncer le clou d'une manière délicieusement perverse en déclarant à Donald Blake qu'il a "malencontreusement" emprunté le corps de Sif et que l'hôte qui abrite son âme mourra certainement lorsqu'il reprendra sa forme originelle ?
Bref, du tout bon, même si l'on n'apprécie pas pleinement le panthéon nordique, il sera difficile de ne pas être emballé.

Et on termine sur Avengers : The Initiative. L'épisode du mois dernier accusait une réelle perte de vitesse, cette fois-ci, l'on retrouve certaines qualités qui ont fait le succès des débuts de la série. Autrement dit, plus d'interaction entre les personnages et moins de bastons stériles.
Pendant que le camp Hammond et la petite ville de Stamford sont sous le choc des dernières destructions, les media se ruent sur Justice qui dénonce l'attitude de l'Initiative après la mort accidentelle de MVP. De leur côté, les membres de l'Initiative de l'Ombre vivent des moments difficiles à Madripoor. Non seulement l'Hydra a mis la main sur la technologie N.I.S.P. (un sérum à base de nanobots inhibiteurs de super-pouvoirs), mais elle l'a perfectionnée. Du coup c'est la débandade pour l'équipe qui doit même laisser la pauvre Komodo sur place...
Scénario écrit par Christos N. Gage, dessin de Humberto Ramos. Là encore un épisode vraiment agréable à lire et qui fait bien avancer les choses.

Un mensuel avec un contenu de qualité qui dépasse même le Dark Reign de ce mois.