23 mars 2011

Spider-Man hors série : American Son

Les Osborn restent au centre de l'agitation générale dans American Son, saga publiée ce mois dans le Spider-Man hors série #33.

Alors que Norman Osborn croupit en prison, son fils, Harry, tente de mener une vie à peu près normale. Rien d'évident pourtant car non seulement son commerce ne se porte pas au mieux, mais des tas de paparazzi passent leurs journées devant le Coffee Bean, épiant ses moindres faits et gestes et espérant le voir craquer.
Mary Jane, la nouvelle colocataire de Harry, mais aussi Peter commencent à s'inquiéter à son sujet, d'autant que depuis quelques temps, American Son refait parler de lui. Le justicier emploie une armure confectionnée par Osborn père et qui ne peut être utilisée que par un individu possédant sa signature génétique, ce qui laisse peu de doutes sur l'identité de son utilisateur.
Le fragile Harry va-t-il supporter la pression ou la malédiction des Osborn frappera-t-elle de nouveau ?

Pour ceux qui auraient raté les premières apparitions de American Son, sachez que la première intrigue lui étant consacrée s'achevait en mai 2010, dans le Spider-Man #124. En gros, le fiston, que Norman voulait enrôler de force dans ses Dark Avengers, finissait par se rebeller et lui flanquer une raclée. Dans l'arc qui nous intéresse aujourd'hui, Brian Reed (au scénario) et Phil Briones (au dessin) reviennent sur la fameuse armure et son actuel possesseur (attention, pour ceux qui n'auraient pas encore lu cet hors série, ce qui suit contient de gros spoilers).
Le gros de l'intrigue repose en fait sur l'identité réelle de ce nouvel American Son. L'on se doute bien dès le départ qu'il y a peu de chances pour que cela soit effectivement Harry, quant à la "sécurité génétique" (sorte d'anti-démarrage codé de dernière génération), elle n'offrait que peu de possibilités...
Eh bien oui, Reed a bel et bien fait appel à Gabriel Stacy ! Le lecteur anxieux ne suivant les aventures du Tisseur que depuis peu pourra à juste titre se demander d'où sort ce type et quel rapport il peut avoir avec Norman. Petite explication. Il était une fois une époque bénie des dieux où un auteur nommé J.M. Straczynski officiait sur Amazing Spider-Man. L'homme avait de bonnes idées, parfois de moins bonnes, mais surtout, il faisait évoluer son personnage (cf cette chronique sur son run). Avant d'être quasiment poussé chez la concurrence par les indélicatesses absurdes des pontes de Marvel (et d'essuyer quelques volées de bois vert de la part de Panini), il a eu le temps de développer un grand nombre d'intrigues dont Sins Past, qui figure sans doute parmi les plus controversées. L'on y apprenait que la gentille Gwen, avant de se lancer dans le base jump improvisé, s'était encanaillée avec le méchant Norman dont elle avait même eu... deux enfants, restés longtemps inconnus de tous grâce à un petit séjour en France le temps d'une grossesse et d'un accouchement. Ainsi naquirent Gabriel et Sarah Stacy, enfants illégitimes du Bouffon et de la si douce et pure Gwendolyn.

L'explication était longue mais importante car, à par ce côté gentiment sulfureux (décidemment, Norman passe son temps à coucher avec les nanas de son fils ou de Peter !), rien de bien notable ici. Harry a des problèmes d'addiction, la jolie Norah Winters chasse le scoop et Screwball fait une petite apparition éclair censée être amusante (cf la scène #62 du bêtisier pour se remémorer une poursuite précédente entre elle et le Monte-en-l'air). De plus, le cas American Son n'est finalement pas définitivement résolu à la fin de ces épisodes, confortant la fâcheuse habitude de la Maison des Idées de ne jamais "rien jeter" ni laisser mourir.
Reste heureusement des dessins de bonne facture qui permettent de suivre la saga sans déplaisir mais sans réelle passion non plus tant celle-ci manque d'émotion et de suspens.

Des Osborn en famille et en folie qui, malheureusement, peinent à réellement enflammer un récit bien terne.