13 octobre 2011

Justice League of America : Mesures Extrêmes

Nouveau tome de la collection Anthologie DC avec la JLA de Morrison.

L'ouvrage comprend les épisodes Justice League of America #22 à #26, #28 à #31, et le numéro spécial JLA #1 000 000.
Le tout est scénarisé par Grant Morrison et dessiné par Howard Porter & Mark Pajarillo.
Graphiquement, pas de quoi sauter au plafond mais on a déjà vu beaucoup plus moche. C'est surtout la colorisation qui manque de nuances. Le récit, lui, est par contre assez typique de certaines productions des années 90. En gros, l'on va trouver surtout de l'action, de l'action et, entre les deux, pour souffler un peu, de l'action. 

C'est donc essentiellement une foire aux ennemis, avec des créatures extraterrestres, des ultramarines, une menace venue de la cinquième dimension, bref, Morrison met en scène des gros bras et il doit les occuper. Niveau personnages, l'on retrouve les têtes d'affiche (Superman, Batman, Wonder Woman, Green Lantern, Flash...) mais aussi des seconds couteaux moins connus (Zauriel, Steel, Plastic Man...). La JSA fait également une apparition.
Etrangement, ces épisodes ont connu un certain succès à l'époque (expliqué en partie par le retour des poids lourds de DC au sein de la JLA). Pourtant, c'est assez pénible à lire. Il faut vraiment s'accrocher pour comprendre les motivations des protagonistes ou le déroulement de certains évènements, et l'auteur privilégie tellement l'action qu'elle en devient terne et lourdement répétitive.
Il n'y a rien de compliqué au niveau du contexte et du rapport entre les personnages, il n'y a simplement quasiment aucun échange en dehors du "comment on va latter ces mecs ?". Finalement presque l'inverse d'un Identity Crisis qui, bien que profond et subtil, permettait de rentrer dans l'univers DC avec facilité et enthousiasme.

Difficile également de retrouver la "patte" propre à Morrison. Le scénariste a fait du bon (Batman : Arkham Asylum, X-Men), du très mauvais (Kill your boyfriend), de l'excellent (We3), de l'insolite (The Mystery Play) mais il a rarement, comme ici, fait aussi plat et fade. Et même si quelques lignes de dialogues viennent parfois rappeler qu'un auteur est à la manoeuvre et apporter une touche d'humour, l'essentiel est bien trop rempli de vent et de combats insipides pour que l'on soit réellement embarqué, voire même simplement intéressé, par cette accumulation de péripéties douteuses. Même en prenant en compte le contexte et les impératifs de l'époque, cette JLA bruyante, brouillonne et conventionnelle au possible ressemble à une caricature du genre super-héroïque.
Difficile en tout cas de trouver en son sein le moindre début de plaisir de lecture.

Une sorte de son & lumière sur papier, sans aucun fond.
Soporifique.