24 octobre 2011

Astonishing X-Men : Xenogenesis

Les mutants font une virée en Afrique dans Astonishing X-Men : Xénogenèse, une mini-série publiée en 100% Marvel.

D'étranges évènements se produisent depuis quelques temps à Karere, un petit village du Mbangawi. En effet, des bébés viennent au monde avec d'étranges pouvoirs, causant parfois des dégâts considérables, car si certains se contentent de flotter dans les airs ou d'être transparents, d'autres peuvent carrément exploser.
Une fois l'information parvenue aux X-Men, ceux-ci décident de partir enquêter sur place. Cyclope est à la tête du groupe et emmène avec lui Emma Frost, Tornade, Wolverine, Armor et Beast. Ce dernier est particulièrement intrigué en tant que scientifique car le gène X ne s'active normalement qu'à la puberté et non à la naissance. Mais l'équipe, devant faire face à l'hostilité des autorités locales, va vite découvrir que ces phénomènes cachent non pas un nouvel espoir pour l'Homo Superior mais bien une menace pour l'humanité entière...

Ces cinq épisodes sont scénarisés par Warren Ellis (No Hero, Black Summer, Océan, Ministry of Space, Freakangels, Transmetropolitan, Nextwave, Fell, New Universal) et dessinés par Kaare Andrews (Matrix, Spider-Man : Reign). Les couleurs, superbes, sont l'oeuvre de Frank D'Armata. Visuellement, Andrews mise sur une certaine irrévérence, notamment à propos de la pauvre Emma Frost, dont les formes exagérées lui donnent un aspect plus inquiétant que séduisant (Scott doit pouvoir faire le tour de sa taille avec le pouce et l'index !). La malchanceuse télépathe a même droit, sur une cover, à une sorte de bébé lézard qui lui gerbe directement dans le décolleté. Son image de femme fatale, glaciale et hautaine, en prend un coup. Les autres sont mieux lotis et particulièrement musculeux. Le style graphique est en tout cas vraiment séduisant.

Le récit a l'avantage d'être très accessible, sans grosses références à la continuité si l'on excepte un ou deux éléments comme la Ghost Box (invention du même Ellis, cf cette chronique) ou le fait que le groupe soit établi à San Francisco au moment des faits. Bien que le Mbangawi soit imaginaire, l'auteur parvient tout de même, par l'intermédiaire de Logan, à dresser un portrait sans concession des états bien réels qui l'entourent : le génocide rwandais, les enfants soldats du Burundi, l'Ouganda et ses réfugiés, la Tanzanie et sa population aux prises avec une terrible épidémie de sida... tous les pays de la région sont égratignés, le Mbangawi étant d'ailleurs désigné comme le "carrefour de la merde". Dans un autre registre, les scènes de combat se révèlent impressionnantes (mais néanmoins très lisibles, ce qui n'est pas toujours le cas) et la conclusion se teinte d'une certaine amertume.
Tout n'est cependant pas totalement noir et désespéré, Ellis parvenant à insérer quelques touches d'humour grâce à de savoureuses répliques. Il demeure également quelques petites incohérences, mais rien de dramatique. Par exemple, alors que Joshua N'Dingi dispose de moyens considérables et qu'il est déjà bien rafistolé, pourquoi diable conserve-t-il une tronche avec "dents apparentes" ? Au point où il en est, son toubib aurait pu lui faire un prix pour une petite chirurgie faciale réparatrice... et comment fait-il pour boire ou manger ? tout doit se barrer... enfin, bref, c'est plus amusant que véritablement gênant.

Des X-Men en grande forme et joliment mis en images.