17 janvier 2007

Sale temps pour les mutants

"Il y a quelque chose de pourri au sein de l'institut Xavier." Sage, venue enquêter avec Bishop sur un crime perpétré dans la fameuse école, ne s'y est pas trompée. Drogue, émeutes, adultères télépathiques, assassinat, l'institut n'est plus un havre de paix pour les mutants. Les X-Men ont troqué leurs costumes colorés contre des cuirs modernes, sombres, poussiéreux. Dehors, la haine anti-mutante grandit. Peu à peu, le rêve de cohabitation pacifique de Charles Xavier s'effrite, s'érode pour finalement s'écrouler, vaincu par le souvenir d'un Magneto disparu et les 16 millions de victimes de Génosha. Même les pouvoirs ne sont plus aussi attractifs que par le passé, d'ailleurs, pour certaines mutations, peut-on encore parler de pouvoirs ? Etres désincarnés, monstrueux, sans visage et à l'âme torturée, les nouveaux mutants n'ont souvent rien d'enviable. Leur seul point commun ? La souffrance peut-être. Même Emma Frost, cruelle, insensible, manipulatrice, se révèle subitement fragile et amoureuse d'un Scott Summers, moins leader que jamais, qui se retrouve à prendre une cuite au club des Damnés, tentant d'oublier ses doutes pendant que des laiderons télépathes dansent et aguichent le client à coup de manipulations mentales. Les professeurs vacillent, les élèves se rebellent tandis que les humains, eux, se préparent pour la guerre génétique qui se profile à l'horizon.

Pour ce troisième tome, intitulé Planète X, des X-Men en Deluxe, le run de Grant Morrison se poursuit avec, au dessin, Phil Jimenez et Chris Bachalo. Le mélange entre les vieux ennemis traditionnels et les démons intérieurs est plutôt réussi et l'aspect visuel n'est pas en reste, ce grand format convenant parfaitement au graphisme des deux artistes. Incontournable si vous avez raté ces arcs lors de leur parution kiosque. Niveau bonus, minimum syndical : covers et quelques pauvres croquis. Pour le prix, on pouvait s'attendre à un peu mieux.