14 octobre 2011

PunisherMAX : Bullseye

Le deuxième opus de la nouvelle série du Punisher vient de sortir et s'intéresse de près à Bullseye.

Le Caïd règne maintenant en maître sur les familles mafieuses de New York. Il est ainsi devenu une cible prioritaire pour Frank Castle. Pour liquider ce dernier, le gangster engage un tueur réputé : Bullseye.
Avant de s'attaquer au Punisher, l'assassin tente de comprendre sa manière de fonctionner, sa façon de penser. Petit à petit, il va se glisser dans sa peau et n'hésite pas, pour cela, à organiser le massacre de familles qu'il "emprunte" afin de reconstituer la mort des proches de Castle.
Peu à peu, Bullseye glisse vers la folie et en vient à admirer la machine à tuer qu'est le Punisher.
Castle, de son côté, va franchir une limite essentielle. Pour la première fois, il va s'en prendre à des flics. Et peut-être même devenir... un terroriste.

Après un très bon premier tome, les mêmes auteurs reviennent pour une suite tout aussi musclée et palpitante. Jason Aaron (Scalped) s'occupe du scénario et Steve Dillon est aux crayons. Avec Dillon, on sait que l'on ne va pas acheter ce comic pour la qualité des dessins. Ceux-ci sont en effet franchement médiocres, surtout (comme toujours) les visages, tous si semblables que l'on a l'impression de voir tout le temps une seule et même personne (le visage du Punisher, en plus gros, sert à faire celui du Caïd ou du chef de la police, sans les cheveux, il devient Bullseye, etc.).
Heureusement, malgré cet aspect graphique agaçant, l'essentiel se situe dans la plume d'Aaron.

Nous l'avions vu lors du premier opus, il s'agit ici de prendre des figures connues du marvelverse tout en gommant leur aspect super-héroïque (costumes, super-pouvoirs) afin de renforcer le côté polar "réaliste". Le portrait de Bullseye est à ce titre non seulement réussi mais également assez horrible. Le tueur à gages trimballe pourtant déjà une jolie réputation, et l'on a pu souvent constater sa noirceur, que ce soit dans la série Daredevil ou plus récemment lors de la période Dark Reign. Malgré cela, il semble ici plus dangereux et cinglé que jamais ! Au point presque de faire passer un Barracuda pour du menu fretin.
Evidemment, pour se hisser à la hauteur de son ennemi, Castle monte également dans les tours, franchissant ainsi des limites qui étaient pourtant jusqu'ici essentielles à ses yeux.
Une révélation importante (mais que l'on sentait venir) vient également clôturer cet arc et modifier radicalement la nature même du Punisher.

L'ouvrage est évidemment destiné aux lecteurs avertis. Non seulement les auteurs vont très loin dans la violence (avec des scènes de torture assez dures) mais ils n'hésitent pas non plus à faire dans le scatologique (même si c'est, heureusement, plus suggéré que montré).
Du lourd donc, mais au service d'un récit parfaitement mené et d'un affrontement démesuré entre deux personnages qui n'incarnent plus le bien et le mal mais seulement une violence sans contrôle et non tempérée par la morale.
Si Aaron voulait condamner les moyens employés par le Punisher, il s'y prend là d'une manière très habile, en évitant les niaiseries politiquement correctes et les vérités présentées comme absolues.

Bourrin dans la forme, plutôt subtil sur le fond, et globalement très addictif. 


Le Coin des Spoilers
Il est intéressant de revenir ici sur l'un des aspects essentiels du mythe fondateur du Punisher : sa souffrance. C'est le massacre de sa famille qui fait de lui un être voué à l'éradication des criminels. Mais évidemment, si le raisonnement de Bullseye se révèle exact (et il semble avoir des arguments en sa faveur), alors cette souffrance est voulue et n'a plus le même impact, elle devient même quelque peu superficielle et fait de Castle un psychopathe du niveau de Bullseye. Et comment pardonner à Castle ce qu'il est censé, de manière cynique et volontaire, ne pas avoir empêché ?
L'approche est radicale mais a le mérite d'être nouvelle. Si elle fait du Punisher un type bien moins sympathique (et c'est un euphémisme !), elle contribue à le rendre effrayant et presque plus monstrueux que les criminels qu'il combat.
Pour ce qui est des mots que Bullseye chuchote à l'oreille du Punisher à la fin, je les ai agrandi et ça ne donne rien de précis (il est écrit, en tout petit : "-ce pas, mon v"). Est-ce n'importe quoi ou une vraie portion de phrase qui aurait un sens ? Mystère. Si quelqu'un a une hypothèse ou un début de réponse, qu'il ou elle n'hésite pas à se manifester. ;o)
(attention dans les commentaires, si vous émettez simplement des hypothèses, pas de souci, mais si vous apportez une information tirée de la VO, pensez à bien le préciser au début de votre message afin que ceux qui souhaitent éviter le spoiler puissent savoir à quoi s'en tenir, merci)