10 octobre 2011

Marvel Heroes : Vengeance et Ethique

Joyaux de l'Infini, Dévoreurs de Monde et leçons d'éthique sont au menu du Marvel Heroes #9 de ce mois.

Le revue commence par deux épisodes de la série Avengers (notons que Panini s'est trompé dans les covers en publiant en fait les bons numéros, #10 et #11, mais de la mauvaise série, en l'occurrence The New Avengers). 
Le scénario est de Brian Michael Bendis, les dessins de John Romita Jr. Ce dernier a toujours autant de mal avec les visages des personnages, surtout féminins. Le deuxième épisode a la particularité d'être presque entièrement dessiné en pleines pages. Certaines sont d'ailleurs plutôt pas mal (à moins d'être vraiment allergique à son style assez particulier), mais s'il lui faut une case par page pour faire un boulot correct, on n'est pas rendu...

Niveau récit, l'on retrouve Hood qui tente de réunir les Joyaux de l'Infini, de jolies pierres de toutes les couleurs - et à la puissance phénoménale - qui ont été dissimulées par les Illuminati (cf la mini-série New Avengers : Illuminati).
Evidemment, ce n'est pas tellement du goût de Steve Rogers qui reproche à Tony Stark d'avoir de nouveau magouillé dans son dos. Une attitude qui nous vaut une remarque assez drôle de Spidey, faisant toujours office de petit rigolo au sein du groupe.
Tout cela n'avance pas énormément et propose essentiellement de la baston. Même le cliffhanger final, avec l'arrivée d'un personnage important, semble un peu prévisible.

On poursuit avec Thor, écrit par Matt Fraction et dessiné par Pasqual Ferry. Thor a réveillé son petit (c'est le cas de le dire !) frère Loki afin de lutter contre une lourde menace qui déferle sur les Neuf Mondes. Pour protéger Asgard, il a même tiré des limbes son si sympathique pôpa, Odin en personne.
Le titre est très axé heroic fantasy en ce moment, le seul élément moderne de l'épisode étant une petite virée en bagnole.
Rien de vraiment bien palpitant.

On passe ensuite à Avengers Academy, probablement le meilleur titre Avengers actuel. Le scénario est de Christos Gage, les dessins de Mike McKone. Dès le départ (cf cette chronique), Gage a su rendre la nouvelle équipe attractive grâce à un savant dosage de drame, d'humour et d'action mais aussi en creusant la psychologie de ses personnages, que ce soit les élèves ou leurs professeurs.
L'épisode du mois revient sur l'agression dont avait été victime Tigra (cf Marvel Icons v. I #40). A l'époque, Hood (encore lui !), s'en était pris à elle afin de faire passer un "message" et de s'imposer comme le boss des criminels masqués. Et malheureusement, la vidéo de ce moment douloureux aboutit sur youtube, ravivant chez Tigra de bien pénibles souvenirs.
L'auteur réalise ici une petite prouesse en mettant en avant un sujet grave tout en conservant rythme et qualité des dialogues. A travers la réaction des élèves et celle de Tigra, Gage aborde le sentiment de culpabilité des victimes de viol ou d'agression, mais aussi l'incompréhension, voire le rejet souvent inconscient, que peuvent manifester parfois leurs proches. Tigra, personnage plutôt fade et méconnu, prend ici une dimension particulière et s'avère même touchante à plusieurs reprises. On sent également une véritable dissension au sein des apprentis Vengeurs, même parmi ceux décidés à mettre sur pied une expédition punitive, chacun ayant sa propre approche ou un ressenti particulier.
L'on a également droit au traditionnel laïus sur les valeurs super-héroïques ("si tu fais ça, tu deviendras comme eux", "on vaut mieux que ça", etc) mais il est cette fois asséné avec tant de conviction qu'il en devient crédible (et surtout, cette position idéologique a ici une conséquence imprévue et très importante).
Bref, une excellente série, toujours aussi passionnante. On attend avec impatience le Hors Série, prévu pour le début de l'année prochaine, qui réunira les six épisodes de Avengers Academy liés au futur event Fear Itself.

Une fournée automnale très largement dominée par les jeunes recrues de l'académie. La série de Gage, alliant fraîcheur et intelligence, justifie à elle seule l'achat du mensuel.