01 mars 2008

Et l'esclave devint Roi

Suite et fin de la saga Planet Hulk dans le quatrième Marvel Monster Edition consacré au monstre vert. Prélude à une guerre mondiale...

Le temps de la Balafre Verte est venu. Le Roi Rouge vaincu, le monde dans lequel Hulk a trouvé refuge demande maintenant à être dirigé, et par qui d'autre que son libérateur ? Le nouveau souverain souhaite maintenant gagner la paix. Il dépêche des émissaires et négocie avec les races en lutte contre le pouvoir impérial. Après le courage dans l'affrontement, il faut maintenant apprendre l'espoir, retrouver foi en l'avenir et reconstruire.
Mais il est des paix plus dures à remporter que les batailles les plus acharnées.

La première partie de Planet Hulk (cf Liés en Guerre) nous avait offert une épique et poignante aventure, le final est tout aussi passionnant. On y retrouve un Hulk plus humain que jamais, trouvant la paix de l'âme, l'amour même, mais ramené inexorablement vers la tragédie et ne maîtrisant pas plus son destin qu'une plume sa direction dans le vent.
Il s'agit ici d'un prélude à l'évènement World War Hulk (qui commence ce mois-ci en France) et, à la différence de Civil War qui entretenait une certaine ambiguïté entre les différents camps, le lecteur ne peut s'empêcher d'être ici - au moins de coeur - entièrement du côté de l'alter ego de Bruce Banner. Le Bien (ou la théorie du "moins pire") défendu par les Illuminati en vient à s'étioler et, trop terre à terre et sans contrepoids moral, finit par perdre son sens premier. De la menace éventuelle représentée par Hulk, il ne reste plus grand chose, écrasée qu'elle est par l'injustice perpétuelle qui le frappe.
Certaines scènes sont assez émouvantes et démontrent que si le corps du colosse est quasiment indestructible, son âme, elle, reste encore fragile, surtout dans un monde où même ses anciens "amis" ne jugent bien souvent que sur la froideur des actes, sans chercher à percer l'écorce, si épaisse soit-elle, de leur auteur.
Bref, voilà des épisodes qui ne s'oublieront pas de sitôt, d'autant que la fureur et la peine qui s'y entremêlent nous laissent entrevoir une riposte qui devrait laisser des traces.

Une mini-série datant de 2005 et centrée sur l'Abomination complète l'ouvrage. Greg Pak laisse alors la place à Peter David au scénario. Ce dernier réactualise les origines de Emil Blonsky d'une manière assez habile, justifiant même l'existence du comic où, à l'époque, il fait son apparition. Le pitch est assez simple, le gouvernement souhaitant savoir si l'Abomination peut être utilisée par l'armée, le docteur Leonard Samson est chargé d'évaluer son potentiel et d'en dresser le profil psychologique.
Cela reste assez honnête, pourtant, à la limite, mieux vaut lire cet arc en premier tant, bien que n'étant pas mauvais, il peut paraître fade après Planet Hulk.

Ne loupez pas le retour sur terre de Hulk et de ses frères d'armes, à jamais liés en guerre, dans les World War Hulk #1 et Marvel Heroes #5 de ce mois.

"Ceci est l'histoire de la Balafre Verte.
L'oeil de colère...
Destructeur des Mondes.
Harkanon...
Haarg...
Holku...
Hulk.
Et comment il rentra chez lui."