27 février 2009

Marvel Deluxe - Daredevil : Le Procès du Siècle

Une chronique en avant-première à propos de la sortie prochaine du nouveau Daredevil en Marvel Deluxe.

Matt Murdock a de nombreux dons, notamment une force et une agilité exceptionnelles, mais lorsqu'il ne rôde pas, le soir venu, au-dessus des toits de Hell's Kitchen, il exerce également le métier d'avocat et livre un tout autre combat dans les tribunaux. Cette fois, c'est Hector Ayala, alias White Tiger, qu'il doit défendre. Un Masque. Un héros, accusé d'un crime qu'il n'a pas commis. Malheureusement, les prétoires sont comme les rues de Manhattan... l'on y gagne pas à tous les coups.
Du côté de sa vie privée, Murdock ne connaît guère de repos non plus, traqué qu'il est par des journalistes attendant qu'il avoue enfin être Daredevil. C'est au milieu de tout cela que le Diable Rouge va rencontrer Milla, une jeune aveugle dont il va s'éprendre. Et si, déjà, comme les autres femmes que Murdock a connues, elle était en danger ? Le Caïd, le Hibou, Bullseye... ils sont là. Dans l'ombre. Et ils attendent. Parce que le Mal ne meurt jamais mais aussi parce que même un homme sans peur n'est pas intouchable.

Et voici donc le tome #2 de Daredevil en Marvel Deluxe qui est en fait, dans une logique toute paninienne, le... troisième volume consacré au héros dans cette collection. Il y a donc deux tomes #1 (voici les articles consacrés au premier premier volume et au second premier volume, oui, ça a l'air très con, c'est parce que ça l'est). On ne sait pas encore de combien de tomes #2 la collection bénéficiera, ce serait injuste en tout cas de n'en faire qu'un seul, ne serait-ce que pour tous ceux qui adorent le chiffre 2.
Les épisodes de l'on-going Daredevil (vII) rassemblés ici vont du #38 au #50, ce qui correspond aux volumes VF #6, #7 et #8 publiés en 100% Marvel (à l'époque d'ailleurs, à cause de je ne sais quel prétexte saugrenu, il n'y eut qu'un seul tome #1 dans cette collection). Mais laissons là ces histoires de numérotation avant qu'il ne nous vienne l'envie de résoudre des équations ou de calculer des dérivées comme un vulgaire prof de maths. ;o)

Niveau scénario, nous sommes bien sûr ici en plein run de Brian Michael Bendis. Et il n'y a pas grand-chose à dire de plus si ce n'est qu'il s'agit sans doute d'une des époques les plus marquantes pour Daredevil. L'homme va être confronté à l'échec, avec de très cruelles conséquences parfois, alors que le héros, lui, va atteindre sa limite et faire usage d'une violence et même d'une idéologie (c'est à ce moment qu'il se proclame Caïd de Hell's Kitchen, cf le combat d'anthologie #11) l'amenant à la frontière non pas de la légalité mais d'un certain code moral tacite en vigueur chez les Capes.
Avec le recul, l'on peut d'ailleurs constater que des thèmes très liés à la problématique de Civil War sont ici sous-jacents bien que les évènements se déroulent avant la guerre civile. Un peu normal dans une série où les problèmes de justice et de légalité reviennent de temps à autres, ne serait-ce qu'à cause de la profession du personnage principal. On assiste d'ailleurs, à l'occasion de l'inculpation d'Ayala, à un véritable procès à l'américaine, avec plaidoiries, séance de récusation des jurés, interrogatoires des différents experts, bataille d'objections et tutti quanti.

Les dessins, eux, sont principalement de Alex Maleev qui se révèlera, ici, presque aussi indissociable de Bendis que Bagley le fut sur Ultimate Spider-Man. Le tandem entre les deux hommes fonctionne mais de leur union est né, en plus, un style, une ambiance, un ton particulier et profondément attachant. De nombreux dessinateurs, dont David Mack, Joe Quesada, John Romita Sr ou Lee Weeks, sont présents à l'occasion du cinquantième épisode dans lequel ils apportent une participation symbolique mais sympathique (et plutôt bien vue par rapport au déroulement de l'histoire et au côté "affrontement éternel" qui y est développé).
L'on peut noter la présence de quelques guests dont Jessica Jones, Iron Fist ou encore Luke Cage, tous étant parfaitement intégrés au récit.
En ce qui concerne la traduction, pas de gros cafouillage, juste l'utilisation du nom français de Bullseye (Le Tireur) qui me chiffonne un peu mais il faut avouer que ce n'est pas bien méchant.
Pas de bonus dans ce Deluxe mais le fait est justifié par la présence de 13 épisodes au lieu de 12. Et il vaut mieux avoir parfois 22 planches supplémentaires que trois ou quatre pages de "bonus" insipides.

Une qualité indéniable, tant sur le plan scénaristique que graphique. A ne pas rater si vous ne possédez pas les premières versions en 100% Marvel.
Sortie le 4 mars.

"Il faut le liquider. Rideau ! C'est tout bénef. Vous devez empaler sa tête sur une fourche et la promener dans le quartier. Déclarer un nouvel âge. Fini les jeux, le cha-cha, le tango. Vous tirez le rideau. Un point, c'est tout."
Bullseye, s'adressant au Caïd, sous la plume de Brian Michael Bendis.