01 mars 2009

Stark, Stan & Sixties

La sortie prochaine du deuxième tome de l'Intégrale Iron Man nous permet de revenir sur les débuts du célèbre Vengeur.

Les origines du Mandarin, quelques combats contre le Chevalier Noir ou encore Titanium Man, une love story contrariée avec la belle Pepper Potts et même des ennuis avec un représentant du sénat, voilà une partie du programme contenu dans cette deuxième intégrale Iron Man couvrant la période allant de novembre 1964 à juin 1966. A cette époque, notre Tête de Fer n'a pas encore de série attitrée et il partage donc l'affiche, avec Captain America, de Tales of Suspense. Vingt épisodes, d'une douzaine de planches chacun, sont repris ici (du #59 au #78).
L'on retrouve Stan Lee au scénario, aidé de manière ponctuelle par Al Hartley et Roy Thomas (et sans doute de manière permanente par les dessinateurs selon le "Marvel way" de l'époque). Les dessins sont signés Don Heck et Gene Colan. L'arrivée de ce dernier permet d'ailleurs de moderniser radicalement l'aspect visuel, avec un découpage plus nerveux et des scènes plus dynamiques.

Mais qu'en est-il de cet Iron Man tout droit sorti des années 60 ? Eh bien, tout d'abord, l'une des différences principales avec le Tony Stark que l'on connaît aujourd'hui est bien entendu l'aspect secret de ses activités de justicier, ce qui va influer énormément sur la personnalité même de Stark. Alors qu'Iron Man est censé être son garde du corps, Anthony Stark éloigne les soupçons en jouant au play-boy fêtard et insensible. Nous nous retrouvons donc un peu avec un Zorro métallique et un Don Diego de la Vega pas forcément peureux mais plus intéressé, en apparence, par les filles et les signatures de contrat que par le devenir de ses proches.
Autre différence majeure, Stark est ici diminué physiquement par ses problèmes cardiaques et ne doit sa survie qu'à son armure qui devient alors pour lui presque plus une prison qu'une panoplie classique de super-héros. Voilà un aspect superficiel (même si cette superficialité est voulue) et fragile qui étonne de la part de quelqu'un qui deviendra, entre autres, Secrétaire à la Défense, leader emblématique des pro-recensement et directeur du SHIELD. Mais c'est loin d'être une critique, au contraire, réjouissons-nous d'avoir au moins un personnage qui évolue avec le temps et qui a la chance de ne pas avoir de Mephisto sur son chemin. ;o)

Parmi les personnages secondaires historiques, l'on retrouve le fidèle Happy Hogan et bien sûr Pepper Potts, follement amoureuse de son patron. La pauvre est traitée assez durement dans son rôle de faire-valoir, notamment parce qu'elle se révèle d'une incroyable sensibilité. Rien que dans ce volume, elle va s'évanouir pas moins de quatre fois ! C'est bien simple, on passe plus de temps à la ramasser après qu'elle se soit trouvée mal qu'à la sauver des griffes d'un quelconque ennemi. C'est d'ailleurs tellement exagéré que ce qui n'est qu'un cliché machiste assez primaire finit par devenir involontairement un leitmotiv comique. On passe son temps à se demander quel binz va lui faire perdre connaissance ! Et bien souvent, il ne faut pas grand-chose.
Dans la catégorie humour involontaire, l'on peut aussi attribuer le prix de l'expression la plus ridicule à Stark qui va s'écrier, à un moment : "Mille transistors !" On dirait la version technologique du Capitaine Haddock ! Une autre petite anecdote assez drôle lorsqu'Iron Man se bat contre le Chevalier Noir : il le désarçonne et pour éviter que sa monture ailée ne lui vienne en aide, il lui met du... poil à gratter sous la selle ! Alors là, j'ignorais complètement que le poil à gratter faisait partie de l'arsenal d'Iron Man. Je suis curieux de découvrir la suite pour voir s'il utilise aussi des langues de belles-mères ou des coussins péteurs. ;o)

Au niveau du contenu éditorial, on nous promet "toutes les couvertures originales" alors qu'il n'y en a que quinze de publiées. On nous fournit cependant une explication, vaseuse mais bon : les premiers Tales of Suspense affichaient des covers divisées en deux parties, avec Iron Man et Cap. Par la suite, il a été décidé de ne faire qu'un seul grand dessin mettant en scène les deux héros en alternance, du coup ceux avec Cap ont été jugés inutiles.
Pour ce qui est de la traduction, l'on peut voir quelques fautes d'impression et même, dès la préface, une expression erronée puisque l'on nous dit que Gene Colan, au début de sa carrière, "se signait Adam Austin". Je ne sais pas s'il se signait, l'homme est peut-être très pieu après tout, mais par contre, en parlant de son nom d'auteur, Colan signait effectivement Austin. Panini vient d'inventer la dévotion pseudonymique, grâce leur en soit rendue !

Un voyage dans le passé assez intéressant que notre regard actuel rend parfois amusant. Deuxième degré vivement conseillé.
Sortie prévue le 4 mars.

ps : les covers de Tales of Suspense utilisées ici proviennent du site coverbrowser.com