23 mars 2009

Wolverine : des lendemains qui saignent

Les complexes origines de Wolverine ont donné naissance à une seconde série régulière mais, avant cela, la petite enfance du griffu avait été dévoilée dans une magnifique saga aujourd'hui rééditée en Marvel Deluxe.

James, l'héritier souffreteux, Logan, le fils turbulent d'un ivrogne et Rose, jeune et jolie demoiselle de compagnie, sont les trois seuls enfants dans les parages de la grande propriété Howlett. Naturel alors qu'ils deviennent amis. Mais les balades et les rêveries ne durent qu'un temps et les enfants grandissent. Entre le fragile James et un Logan plus violent que jamais commence alors une lutte pour la conquête d'un coeur.
Lors d'une terrible soirée, un drame se noue. Accusés de meurtre, James et Rose se retrouvent seuls sur les routes, sans argent, sans but. De la richesse du château Howlett ils vont passer aux mines du grand Nord. Là, ils vont découvrir un monde terrible où personne ne fait de cadeau, ou chaque instant est une lutte pour la survie. Et un jour, leur passé les rattrapera, réclamant, encore et encore, son lot de sang.

Si le récent Logan était très décevant, nous sommes ici devant un récit particulièrement réussi et maîtrisé (déjà édité en Marvel Best Of). Le scénario est issu d'un travail commun de Joe Quesada, Bill Jemas et Paul Jenkins (qui signe aussi les dialogues). Les auteurs prennent le temps d'installer des personnages attachants et font monter la tension peu à peu, ils cachent suffisamment bien leur jeu pour nous mettre sur une fausse piste dès le départ, histoire de nous balancer ensuite une révélation, plutôt surprenante, sur le jeune Wolverine. L'on apprend également d'où lui vient son surnom et comment, dès le plus jeune âge, le personnage a baigné dans l'hémoglobine.
Les dessins sont à porter au crédit de Andy Kubert qui fait ici un travail exceptionnel. Il parvient à nous montrer la beauté des paysages ou la douceur des moments d'accalmie tout en suggérant également avec habileté la rudesse des types, souvent louches, venus travailler dans les carrières du Nord canadien. Les scènes où Logan se laisse aller à con côté bestial, au plus profond de la forêt et en compagnie d'une meute de loups, rivalisent de sauvagerie brute et de poésie. Bref, c'est beau et le style de Kubert convient tout à fait à cette époque lointaine. Signalons également la colorisation de Richard Isanove qui nous en met plein les yeux avec des peintures numériques du plus bel effet (que l'on avait déjà pu admirer sur 1602).
Au final, le lecteur est happé par un récit haletant et un graphisme plein de charme, peu prétentieux mais efficace.

La seconde partie de ce Deluxe est consacrée à Origins and Endings, un arc publié dans Wolverine #36 à #40 (correspondant aux numéros #150 à #153 de la revue française du griffu). Le scénario est écrit par Daniel Way, les dessins sont de Javier Saltares et Mark Texeira. L'action se situe après House of M et avant Civil War. Logan, qui a retrouvé ses souvenirs, se met sur la piste de gens capables de lui en dire plus sur certains évènements de son passé pour le moins mouvementé. Il y a là aussi une grosse révélation (à propos de Bucky, encore Soldat de l'Hiver à l'époque) mais tout de même plus de questions que de réponses, un peu normal étant donné que cet arc n'est pas conçu comme une histoire complète mais n'est qu'une partie de la continuité liée à la série mensuelle. Il est d'ailleurs fait référence à des évènements et personnages (comme le Dr Cornelius du projet Arme X) qui plongeront certainement les nouveaux lecteurs dans la perplexité.
Les bonus sont plutôt pauvres étant donné que l'on n'a même plus les maigres et traditionnelles covers. Du moins, celles de Wolverine : Origin sont publiées normalement mais celles des épisodes de l'on-going sont de taille réduite (deux par planches), ce qui fait tout de même un peu rapiat.

Une excellente histoire que vous pouvez vous procurer si vous ne possédez pas déjà la version Best Of qui contenait une introduction de Jemas (intéressante dans le sens où elle révélait un peu les dessous de la mise en chantier de cette saga) et des études de personnages (commentées par l'auteur) absentes ici. Un comble pour une édition "Deluxe"...