30 mars 2009

En mars du Glouton tu mangeras

Le plus célèbre canadien du Marvelverse est - encore - à l'affiche du X-Men Extra #73 de ce mois pour une compilation de six histoires courtes.

Wolverine est, après Spider-Man, le plus populaire personnage Marvel, ce qui l'a d'ailleurs conduit à intégrer un nombre conséquent d'équipes de super-héros. La sortie du film dédié au griffu approchant, Panini exploite à fond le filon en nous sortant Graphic Novel, Deluxe, Intégrale et cie. Mais les revues kiosque ne sont pas oubliées avec donc cet X-Men Extra présentant l'avantage de contenir des récits, certes brefs, mais complets.
L'on a ici le one-shot Wolverine : Firebreak, deux épisodes tirés de Wolverine : Dangerous Games et enfin trois autres issus de Wolverine : The Amazing Immortal Man & Other Bloody Tales. L'on retrouve Mike Carey (Neverwhere, God Save the Queen), Simon Spurrier, Rick Remender (Punisher War Journal) et David Lapham (With Great Power) au scénario tandis que les dessins sont confiés à Scott Kolins, Ben Oliver, Jerome Opena, Johnny Timmons, Stefano Gaudiano et Kelly Goodine.

Le one-shot est un art périlleux car, bien évidemment, moins l'on dispose de planches, plus il est difficile de bâtir une histoire solide et une intrigue valable (dans un genre encore plus court et casse-gueule, l'on peut citer les Strips de Lee et Romita, un parfait exemple de maîtrise narrative). Heureusement, Logan est un personnage qui convient assez idéalement au genre puisqu'il s'avère suffisamment connu de tous pour qu'il n'y ait pas besoin de perdre du temps à le présenter ; ses griffes et son côté rentre-dedans sont maintenant célèbres et sont passés dans l'inconscient collectif des lecteurs. L'on rentre donc, le plus souvent, directement dans le vif du sujet. Wolvie va ainsi aider une famille à échapper à un incendie de forêt, il va servir de gibier pour une partie de chasse à courre ou encore jouer les bêtes de cirque.
Lapham s'en sort plutôt pas mal, avec des fins au goût amer très prononcé, comme dans Animal Man ou Un bébé de Coney Island. Il s'agit là finalement plus de tranches de vie dans lesquelles Logan joue un rôle mineur que de véritables odes au griffu, ce qui permet sans doute d'éviter l'overdose. Le tout est servi saignant et déclenche, du coup, l'apparition du fameux macaron "pour lecteurs avertis".

Au chapitre des points négatifs, l'on peut noter le découpage confus de l'épisode réalisé par le duo Spurrier/Oliver ou encore un Remender surfant sur la peu originale opposition entre l'homme qu'est Logan et son côté bestial. Le cadre, pourtant exotique, sent le déjà-vu et n'est guère rattrapé par la tentative de fond philosophico-martial aussi cliché que peu convaincant. Même le meurtre final, censé être choquant, reste plutôt fade.

Une petite récréation dont le prix réduit permettra de passer aisément sur l'inégalité qualitative des histoires publiées.