19 août 2009

Hit the road Jack !

Sortie aujourd'hui du premier volume de Jack of Fables, spin-off de la mythique série Fables.

Jack Horner est ce que l'on appelle un Fable. Il a bâti sa réputation autour d'un haricot magique et de quelques géants mais c'est surtout à Hollywood qu'il s'est révélé au monde en produisant une trilogie basée sur sa légende et, accessoirement, en faisant fortune. Fableville ayant ses règles, Jack est retrouvé par la Bête - remplaçant Bigby Wolf dans le rôle de shérif - qui lui confisque ses biens et lui signifie qu'il est banni du petit monde abritant secrètement les siens dans New York.
Une peine bien légère pour Jack, habitué à n'en faire qu'à sa tête et à parcourir le monde. Sauf que cette fois, Jack de tous les Contes risque de tomber sur plus fort que lui. Enlevé par une mystérieuse organisation, il découvre une prison, dirigée par Revise, que l'on appelle également le Bibliothécaire en Chef. L'homme s'est donné pour mission d'éradiquer toute magie de la surface de la terre. Pour cela, il retient captifs les Fables qui tombent entre ses mains et les condamne à l'oubli. Privés de la croyance populaire, les êtres mythiques perdent ainsi avec le temps leurs pouvoirs...
Voici un défi à la hauteur de Jack : s'évader de là où personne n'a jamais réussi à s'enfuir. Il va lui falloir déjouer bien des pièges et affronter une armée de gardes, les étranges bagmen.

Voici donc la série dérivée du riche univers de Fables (l'un des excellents titres Vertigo) et accordant la tête d'affiche au roublard Jack Horner. Ce dernier avait déjà pris son indépendance il y a quelques temps, dans le tome #8 en VF de la série régulière. Après qu'il ait été banni, la tentation était grande de suivre les pas de l'ex vedette hollywoodienne, voilà qui est fait avec toujours Bill Willingham au scénario, épaulé par Matthew Sturges. Pas de grande surprise donc sur le ton du récit qui reste aussi moderne et percutant.
Si l'on retrouve quelques scènes drôles ou osées, les auteurs conservent également ces petits moments d'émotions qui éclairent d'un jour nouveau les figures légendaires que nous connaissons tous au moins un peu. Pour ce premier arc de cinq épisodes, Boucle d'Or - toujours aussi délicieusement haïssable - fait notamment son grand retour mais l'on pourra également découvrir des personnages issus du Magicien d'Oz ou la célèbre Alice du pays des merveilles. Et même le lièvre et sa non moins célèbre adversaire, la tortue !

Question dessin, c'est Tony Akins qui se voit chargé de donner consistance aux mythes. Le style est tout à fait comparable à celui de la série mère, là encore le lecteur ne sera donc pas traumatisé par un grand changement. Un petit carnet de croquis, à la fin de l'ouvrage, permet d'ailleurs de profiter plus longuement du style simple, mais efficace et expressif, de l'artiste.
Les covers, elles, sont toujours signées James Jean.
Au final, ceux qui sont déjà conquis par Fables adoreront les aventures de Jack, palpitantes et gentiment épicées. Pour les nouveaux venus, il est tout de même préférable de commencer par la série principale si l'on veut saisir toutes les allusions et les rapports installés de longue date entre certains protagonistes (notamment ici la rancoeur de la jolie "bouclette" à l'égard de Fableville et de ses habitants).

Plus qu'une façon d'exploiter un filon, cette série est un ajout de qualité à l'univers de Fables. Il faut dire que les contes sont suffisamment nombreux et le talent de Willingham suffisamment grand pour pouvoir supporter encore de nombreuses ramifications.
Autant de raisons pour emboiter le pas au vieux Jack.