28 août 2009

Send me an Angel

Panini publie ce mois une mini-série Marvel Knights sobrement intitulée Angel. Une vision très christique du fameux mutant à plumes.

Warren Worthington, troisième du nom, est un élève brillant, un athlète accompli, il est populaire, riche, bref tout va pour le mieux à Saint Joseph, l'établissement huppé qu'il fréquente. Pourtant depuis quelques temps, Warren n'est plus tout à fait le même. Il maigrit sans raison, ses performances sportives s'améliorent de manière exceptionnelle et, surtout, deux énormes hématomes s'étendent sur son dos.
Pendant que Warren cherche à dissimuler son état, son meilleur ami vit des moments difficiles. Non seulement Andrew est la cible d'un groupe d'élèves qui vont en faire leur souffre-douleur mais le Père Reynolds va également s'intéresser de près à lui. Et le moins que l'on puisse dire est que ses intentions ne sont pas très catholiques...
Pendant que la tension monte dans l'école, un tueur s'approche. Il a juré d'éliminer ces monstres qui, un peu partout, se mettent à accomplir des miracles. Car seul Dieu est digne de posséder ce genre de pouvoirs. Mais entre cet étrange serviteur du Seigneur et les innocents qu'il menace, bientôt se dressera un Ange.

Très bonne surprise pour cette série publiée en français dans la collection Marvel Graphic Novel. Le scénario tout d'abord, de Roberto Aguirre-Sacasa (Secret Invasion : Fantastic Four, Sensationnal Spider-Man, Young Avengers, The Stand), est une indiscutable réussite. Les débuts du X-Men qui sera plus tard connu sous le nom d'Angel sont fort bien décrits, que ce soit l'angoissante découverte de sa mutation ou encore l'ambiance générale du lycée. Mais surtout, au lieu de verser dans une histoire super-héroïque classique, l'auteur va explorer le côté symbolique de ce personnage si particulier. Tout tourne autour de la religion ou de ses représentants, que ce soit un prêtre pédophile, un illuminé convaincu d'avoir à accomplir une mission divine ou même Warren lui-même qui va apparaître sous les traits de Michel, l'archange vengeur. Même les premiers contacts télépathiques du professeur Xavier raisonneront comme la voix du Tout-Puissant dans la tête du jeune Worthington.
Une manière habile de nous rejouer la partition des origines tout en ne déplumant pas le mythe mais en y ajoutant, au contraire, un peu de mysticisme.

Du côté de l'aspect graphique, après un possible temps d'adaptation, l'on se prend à tomber sous le charme des dessins de Adam Pollina. L'artiste utilise des personnages aux corps longs et effilés, de la même manière il va se servir de la démesure en exagérant les flèches des bâtiments qui s'élèvent agressivement vers le ciel ou encore en transformant une simple écharpe en mouvement presque infini qui enveloppe son possesseur. Tout cela est finalement original et très esthétique, d'autant que la colorisation de Matt Hollingsworth est un modèle du genre et permet de diversifier les ambiances, de la clarté bleutée d'une chapelle, l'atmosphère moite et étouffante des couloirs en passant par un crépuscule rougeoyant ou la lumière crue des premières neiges.
Les covers, également presque toutes signées Pollina, sont plutôt jolies aussi. Malheureusement, Panini a choisi la plus fade (celle de Aja) pour illustrer l'ouvrage. Sans doute parce que c'est celle où Angel est le plus facilement identifiable, enfin bon, en même temps c'est écrit "Angel" en gros, ainsi que "Marvel" partout, on se doute bien que l'on n'achète pas la bible...

Une histoire solide mélangeant plusieurs intrigues - de la plus banale à la plus dramatique - et mise en images d'une manière atypique et expressive. Très vivement conseillé à moins d'être totalement allergique au style (la petite galerie ci-dessous vous permettra de vous faire déjà une petite idée).

Galerie
(cliquez sur les photos pour obtenir la taille réelle)