19 août 2009

Daredevil : With or without Fear

Le tome #17 de Daredevil en 100% Marvel est intitulé "Sans Peur". Un titre qui pourrait se révéler finalement bien trompeur...

Matt Murdock a été exposé au gaz anxiogène de Mister Fear. Mais pour Daredevil, ce n'est pas bien grave, l'homme sans peur en a vu d'autres. Pour Milla, son épouse, la situation est par contre plus délicate. Le poison qui est en elle lui a fait perdre la raison. La voici accusée de meurtre.
Le défi est double pour le protecteur de Hell's Kitchen. L'avocat doit tout tenter pour faire sortir sa femme de prison alors que le justicier doit retrouver le coupable et le faire payer. Chèrement.
Mais tout n'est pas si simple. Alors que Fear reste introuvable, Matt sent monter la peur en lui. Une peur non artificielle cette fois. La peur de voir mourir, encore une fois, un être cher. La peur de perdre Milla comme il a perdu Karen. Et puis la peur aussi, sans doute, de ne pas contrôler sa colère et de laisser le monstre en lui l'emporter.
Pour Daredevil, la pire des rencontres vient de commencer. Une rencontre avec la peur et ses milliers de nuances.

Et voici la deuxième sortie de la journée. Car si les revues kiosque ont connu quelques problèmes ce mois-ci, avec un Marvel Heroes perdu dans la nature, les parutions librairie semblent tenir bon malgré la canicule et les étourderies des distributeurs. ;o)
Alors, petite particularité de ce 100% Marvel, il contient le centième numéro de l'on-going (deuxième du nom) consacrée au Diable Rouge. Pour fêter dignement cet anniversaire, Marvel a invité pas mal d'artistes. Outre Michael Lark, Stefano Gaudiano et Paul Azaceta qui signent l'essentiel des dessins de l'arc Without Fear, quelques noms sympathiques s'ajoutent pour participer à l'évènement. L'on va ainsi retrouver John Romita Sr, Alex Maleev, Lee Bermejo, Gene Colan ou encore Bill Sienkiewicz histoire de marquer le coup.
Au niveau des initiatives paniniennes, rien du tout puisque seules les covers font ici office de bonus. Et encore, la cover du numéro #100 est tronquée...

Pour ce qui est de l'histoire, nous retrouvons bien sûr Ed Brubaker au scénario. Certains évènements cruciaux étaient d'ailleurs narrés dans le volume précédent (cf Daredevil #16). En fait, l'on peut craindre au départ une sorte de redite de ce qu'avait fait Bendis avec l'hallucinant récit opposant Murdock au Caïd (cf ce Deluxe et le duel #11 des Combats d'Anthologie). Le fait d'être face à un adversaire surpuissant et déterminé, d'être poussé dans ses derniers retranchements, tout cela peut avoir un goût de déjà-vu. Heureusement, Brubaker ne se contente pas de rejouer la même partition et explore ses propres voies.
La présence de Hood tout d'abord apporte à la fois une référence directe à la continuité mais permet également de décrire la lutte pour la suprématie dans la sphère criminelle new-yorkaise. Le destin de Milla est également particulièrement bien géré par Brubaker qui, sans nous refaire une version de la triste fin de Karen Page (que l'on peut lire dans ce Deluxe), va lui réserver un sort peut-être pire encore. Enfin, Matt subit encore une fois un sacré choc et, tout héros qu'il est, semble être allergique aux happy ends (ou peut-être est-ce un effet de cette fameuse loi qui voue le héros à la solitude et les couples marvelliens à l'échec).
Bref, on reste dans du polar noir, très dur, quitte à frôler l'overdose. Un petit arc - voire un simple one-shot - plus léger ne serait pas de trop, d'autant que Brubaker ne distille pas comme Bendis les petites pointes d'humour qui permettait au lecteur de se décrisper un peu. Ceci dit, l'histoire est bonne, les dessins sont bons, c'est bien là l'essentiel même si l'on voit difficilement comment Daredevil pourrait tenir à ce rythme sans souffler un peu (d'autant que le trip "descente aux enfers" a déjà été exploité, et de bien belle manière).

Du Daredevil musclé et presque classique malgré quelques petites surprises. La tension dramatique est encore présente mais après l'incarcération de Murdock, son identité dévoilée par les media ou son combat épique contre le Caïd, on se demande ce qu'il va falloir maintenant lui faire subir pour maintenir une intensité qui semble devenir la marque de fabrique de la série.