26 avril 2010

28 jours plus tard : entre épouvante et comique involontaire

L'univers de 28 jours plus tard continue de se décliner en comics avec la sortie d'une nouvelle série très liée aux films mais proposant une histoire inédite.

Selena, l'une des rares rescapés de l'épidémie qui a ravagé l'Angleterre, se remet lentement dans un camp de réfugiés situé en Norvège. L'armée américaine a placé les îles britanniques en quarantaine, leurs eaux territoriales sont interdites à la navigation, tout comme l'espace aérien, lui aussi étroitement surveillé. C'est dans ce contexte que des journalistes viennent trouver Selena pour leur servir de guide. Ils ont en effet comme projet de s'infiltrer dans Londres afin d'apporter au monde un témoignage filmé des horreurs qui s'y sont déroulées.
Des tensions naissent très vite au sein du petit groupe. Les reporters sont habitués à travailler en zone de guerre mais rien ne les a préparés à affronter des contaminés. En plus de cette menace constante, Selena et ses compagnons doivent également prendre garde aux militaires qui n'ont évidemment aucune envie de laisser des individus, éventuellement porteurs du virus, aller se balader aux quatre coins du monde.
Pour combien de temps encore l'infection sera-t-elle circonscrite ?

Nous avions déjà eu droit à un comic tiré du film éponyme en 2007. A l'époque, ces courtes histoires avaient été publiées dans la collection Dark Side de Panini (cf cette chronique). Cette fois, c'est une série plus longue qui nous est proposée par Delcourt. On retrouve le personnage de Selena que l'on avait découvert sur grand écran. Chronologiquement, le récit se situe après le premier film mais avant que l'armée n'ait autorisé les civils à retourner dans Londres. Les contaminés ne sont donc pas encore tous morts de faim. Du moins, ils le sont mais pas au sens propre.
Le scénario est écrit par Michael Alan Nelson, les dessins sont de Declan Shalvey. Graphiquement, le résultat est tout à fait correct, avec des planches plutôt jolies et réalistes, le tout est assez sombre sans être trop gore. Du point de vue de l'histoire, on peut être un peu plus réservé. Déjà, on se demande bien ce que Selena va refaire dans ce merdier après ce qu'elle a vécu. Le fait que les journaleux aient besoin d'elle comme guide est assez étrange aussi. La voilà bombardée spécialiste ès contaminés alors que la seule chose réellement utile à savoir est très simple : "si vous voyez quelqu'un avec les yeux rouges se pointer et vous regarder comme si vous étiez un gros steak, butez-le !"

Le plan suivi par la petite équipe est assez absurde également. Alors qu'ils se rendent à Londres, ils débarquent d'abord en hélicoptère aux îles Shetland afin de rejoindre l'Ecosse en bateau. Ce qui leur fait donc ensuite un millier de kilomètres à parcourir par leurs propres moyens. Ils justifient cet étrange parcours par le fait que le Nord est soi-disant moins surveillé. Cependant, vu qu'ils ont trouvé le moyen de se faire repérer à chaque fois qu'ils ont bougé un orteil, se faire déposer directement là où ils désiraient aller auraient tout de même été un choix plus simple. Et même en partant de la côte française, le trajet en bateau était bien plus court et ils arrivaient quasiment directement sur place.
Enfin bref, une fois en Ecosse, ils ne sont pas plus dégourdis. C'est à qui arrivera à se mettre en danger le plus bêtement et rapidement possible. Il y en a même un qui arrive à tomber dans une cage d'ascenseur. Volontairement hein, il entend du bruit, donc il se jette dedans par curiosité. Il ne lui vient pas à l'idée de regarder où il met les pieds en se munissant d'une lampe. Et ce n'est pas la seule invraisemblance, loin de là. Si l'on ajoute à cela des personnages plutôt fadasses et sans grande épaisseur, on finit par se dire que l'ensemble a été vite bâclé. Un peu dommage étant donné les vastes possibilités qui s'offraient pour ce retour parmi les contaminés...

Bénéficier d'une licence à succès ne fait pas tout, un minimum de réflexion aurait permis de rendre les situations et protagonistes moins stupides.

En voilà un qui s'est fait infecter, heureusement pour lui, ça ne changera rien à ses capacités intellectuelles.